Retraite : un recul de l’âge de départ à 64 ans pourrait coûter cher à l’Etat

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© Richard Villalonundefined undefined

Le report de l’âge légal du départ à la retraite au-delà de 62 ans est au programme de plusieurs candidats à l’élection présidentielle, avec pour objectif de remettre le régime à l’équilibre. La candidate LR Valérie Pécresse propose « d’aller très progressivement jusqu’à 65 ans », Eric Zemmour vise 64 ans et le président Emmanuel Macron se dit également favorable à un passage à 64 ans. Mais si la mesure permet des économies sur les retraites, elle entraînerait dans le même temps des dépenses supplémentaires de chômage et d’invalidité, selon le Conseil d’orientation des retraites (COR). A la demande de la CFDT, cette instance composée de parlementaires, de partenaires sociaux, d’experts et de retraités s’est penchée sur les conséquences économiques qu’aurait un report de l’âge légal à 64 ans. Pour ce faire, elle a commandé plusieurs études.

Décaler l’âge de départ à la retraite permettrait évidemment de réaliser des économies. Le passage de 60 à 62 ans voté en 2010 a permis d’économiser plus de 14 milliards d’euros en 2020. En partant plus tard à la retraite, les salariés cotisent plus longtemps et la durée passée à la retraite diminue. Il y a donc moins de pensions à verser et les recettes de cotisations sociales augmentent.

Près de 5 milliards d’euros de dépenses sociales supplémentaires

Mais dans le même temps, la réforme aurait des coûts cachés. Une étude menée par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) estime qu’un relèvement de deux ans de l’ouverture des droits à la retraite aurait induit en 2019 une augmentation des dépenses de prestations sociales (pensions d’invalidité, RSA, AAH, ASS, etc.) hors retraite et assurance chômage de 3,6 milliards d’euros.

Ce sont les dépenses de pension d’invalidité qui auraient augmenté le plus, de l’ordre de 1,8 milliard d’euros, en raison d’une hausse du nombre de bénéficiaires (+ 160 000 personnes). « L’invalidité concerne en effet une personne sur 10 juste avant la retraite », indique la Drees. Suivies par celles consacrées au RSA (+ 150 millions), à l’AAH (+510 millions) et à l’Allocation de solidarité spécifique (+170 millions). Quant aux indemnités journalières de Sécurité sociale versées par le régime général l’auraient augmenté de 970 millions d’euros.

Un report de deux ans aurait également un impact sur l’assurance chômage. Selon une note de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), « les dépenses d'allocation de retour à l'emploi (ARE) et d'allocation de retour à l'emploi formation (AREF) » auraient été rehaussées d'environ 1,3 milliard d'euros en 2019. Au total, la facture aurait atteint près de 5 milliards d’euros en 2019, si l’âge légal de départ à la retraite était passé à 64 ans.

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Des chiffres à manier avec précaution

Toutefois, ces chiffres sont à manier avec précaution. Les études se sont basées sur l’année 2019, « comme si le relèvement de l’âge d’ouverture des droits avait été décidé par le passé et avait fini de monter en charge cette année-là », indique la Dares. L’impact estimé correspond donc à un effet sur le long terme. Par ailleurs, « le calcul ne prend pas en compte le fait qu’un report de l’âge de départ entraîne aussi une hausse de la population active entre 62 et 64 ans ce qui génère des recettes supplémentaires via les cotisations chômage employeurs et la Contribution sociale généralisée (CSG) », note Capital.

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