Réforme des retraites : les deux pistes pour vous faire travailler plus longtemps

Emmanuel Macron « préfère un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge », allant à l’encontre des recommandations du Haut commissaire Jean-Paul Delevoye.
2mn de lecture
La réforme des retraites va inciter les assurés à travailler plus longtemps.
La réforme des retraites va inciter les assurés à travailler plus longtemps. © tiero

Le futur projet de loi sur les retraites va-t-il comporter un « âge du taux plein », également appelé dans le débat public « âge d’équilibre » ou « âge pivot » ? Emmanuel Macron a laissé planer le doute concernant l’instauration de cette notion, dont le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, souhaite la création. « Je préfère qu’on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge », a indiqué lundi 26 août au micro de France 2 le président de la République, prenant soin de ne pas évoquer un allongement de cette durée.

Jean-Paul Delevoye préconise de maintenir à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite, soit « l’âge minimum » auquel les assurés peuvent partir, exception faite des « personnes ayant connu des carrières longues, pénibles ou qui ne sont plus aptes à travailler ».

Dans son rapport remis en juillet au Premier ministre, Edouard Philippe, le Haut commissaire recommande également la création d’un « âge du taux plein » à 64 ans, gage du « rendement optimal du système », les assurés travaillant au-delà pouvant obtenir « une majoration de leur retraite ».

« Choisir la date de son départ »

Les pistes envisagées par Emmanuel Macron et Jean-Paul Delevoye se rejoignent : elles visent à vous faire travailler plus longtemps. Mais le chef de l’Etat va à l’encontre des plans du Haut commissaire, qui propose d’éliminer des futures règles la durée d’assurance, sauf dans des situations particulières. « Le système universel offrira la possibilité de choisir la date de son départ en fonction de son niveau de retraite, la notion de durée d’assurance s’effaçant derrière celle de points acquis », écrit Jean-Paul Delevoye. Cette durée s’élève actuellement à 43 ans pour les personnes nées à partir de 1973.

Selon le Haut commissaire, l’âge du taux plein doit être « le même pour tous, à l’exception des personnes qui peuvent bénéficier d’un départ anticipé ». Une telle uniformité répond « aux objectifs d’équité et de solidarité du système universel », justifie-t-il.

Les syndicats craignent au contraire que la mesure à l’étude pénalise les assurés.

D’après la Caisse nationale d’assurance vieillesse, en 2018, hors départs anticipés, l’âge moyen de départ à la retraite atteignait 63,4 ans.

df
Timour Aggiouri
Publié le