L’exécutif planche sur le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans

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Emmanuel Macron, bureau de vote, second tour, élections régionales
© Ludovic Marin – Pool New – Reuters

Le sujet fait débat parmi les soutiens d’Emmanuel Macron : faut-il mener une réforme des retraites avant l’élection présidentielle ? Selon Les Echos, plusieurs personnalités importantes de l’exécutif défendent un report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans : le secrétaire général de la présidence de la République, Alexis Kohler, le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, et le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu. Le chef du gouvernement, Jean Castex, se montre « plus prudent ». Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, l’est davantage encore, précise le journal dans son édition parue lundi 28 juin.

Pour les partisans d’une telle mesure, le report de l’âge légal, c’est-à-dire l’âge à partir duquel il est possible de liquider ses pensions, doit être inscrit dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PFLSS) pour 2022. Les premiers assurés concernés par la réforme seraient ceux nés en 1961 : ils ne pourraient prendre leur retraite qu’à 62 ans et demi. Ce seuil serait relevé en trois étapes supplémentaires, à hauteur de 6 mois pour les personnes nées en 1962, en 1963 et en 1964.

La mesure constituerait une réforme allégée au regard de celle dont le gouvernement d’Edouard Philippe avait suspendu l’examen au Parlement en mars 2020, pour se concentrer sur la réaction à la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. L’exécutif voulait la création d’un régime universel de retraite, conformément à une promesse prise par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle de 2017, et d’un âge d’équilibre, en dessous duquel un départ à la retraite devait signifier une diminution de la pension. Il a abandonné cette réforme.

Les réticences des syndicats et des organisations patronales

Les syndicats et le Mouvement des entreprises de France (Medef) sont défavorables au retour du dossier des retraites avant les élections présidentielle et législatives de 2022. 

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a également des réticences. « Avant la pandémie, la priorité était de satisfaire l’équilibre du système de retraite, soit de permettre le versement de prestations suffisantes avec un niveau de cotisations raisonnable, explique à Dossier Familial Eric Chevée, vice-président de l’organisation patronale. La question de l’urgence financière n’est plus tout à fait la même, mais la nécessité d’une réforme systémique, assortie d’une mesure d’âge, persiste. »

« Certes, le plus tôt serait le mieux, mais il faut un consensus national pour l’acceptation d’une réforme, estime Eric Chevée. La période de la campagne électorale doit permettre de débattre et de forger un consensus. »  Le vice-président de la CPME se souvient des répercussions pour de nombreux adhérents de son organisation, notamment de commerçants et d’hôteliers, du mouvement des « gilets jaunes » et des grèves et manifestations contre la réforme abandonnée. Pour le dirigeant patronal, « il serait malvenu de remettre les Français dans la rue ».

Au sein de l’exécutif, le président de la République tranchera sur l’opportunité et le contenu d’une éventuelle réforme des retraites avant la fin du quinquennat. Mais il tient à montrer que le train de changements reprend à pleine vitesse après plus d’un an de crise sanitaire. Le 3 juin, Emmanuel Macron avait assuré lors d’un échange avec des retraités ne pas pouvoir « gérer l’été en pente douce ». « Je vais devoir prendre des décisions, certaines sur la relance, d’autres difficiles », et peut-être que des décisions « ne rendront pas possible » sa candidature à la magistrature suprême, avait indiqué le chef de l’Etat, d’après l’Agence France-Presse (AFP). 

En cas de défaite de la majorité en 2022, une réforme des retraites pourrait être annulée.

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