Emmanuel Macron souhaite une réforme des retraites après les élections de 2022

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Emmanuel Macron, discours
© Adrien Fillon/Hans Lucas via Reuters Connect

Sans avoir annoncé sa candidature à sa propre succession, le chef de l’Etat (im)pose les termes du débat sur les retraites en vue du prochain quinquennat. Emmanuel Macron a constaté, dans son discours télévisé diffusé mardi 9 novembre, l’impossibilité de mener à bien une réforme des retraites avant les élections présidentielle et législatives du printemps 2022, tout en donnant des éléments de son futur programme en la matière.

« La situation sanitaire que nous vivons et qui est en train de se dégrader partout en Europe, le souhait unanime exprimé par les organisations syndicales et professionnelles de concentrer les efforts sur la reprise, le besoin de concorde dans ce moment que vit notre Nation, font que les conditions ne sont pas réunies pour relancer aujourd’hui ce chantier », a expliqué le président de la République, mettant définitivement fin à tout suspense autour de cette réforme.

Les organisations représentant les salariés comme le patronat rejetaient la perspective d’une réforme des retraites cette année. Des grèves et des manifestations étaient susceptibles de pénaliser l’activité économique. L’exécutif aurait pris un risque politique à l’approche des échéances électorales. Un autre élément laissait peu de doutes quant à la décision présidentielle : l’ordre du jour encombré à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Le chef de l’Etat avait indiqué dans un discours du 12 juillet ne pas lancer une « réforme » des retraites « tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée ».

Relèvement de « l’âge légal » de départ à la retraite

Mais Emmanuel Macron, dont la volonté de concourir sa propre succession ne fait guère de doute, a également énuméré des « principes simples » suivant lesquels, pour lui, la réforme devra être menée durant son éventuel prochain quinquennat.

Le président de la République est favorable à un relèvement de « l’âge légal » de départ à la retraite, sans cependant préciser à quel niveau il voudrait voir relever ce seuil. Il n’a pas précisé à quelle hauteur ce seuil doit être relevé, de son point de vue. Sauf exceptions, cet âge minimal de départ s’élève à 62 ans.

La fin des « régimes spéciaux »

Mais le chef de l’Etat veut en plus la suppression des « régimes spéciaux », l’harmonisation des « règles entre public et privé » et la mise en place d’un seuil minimal de pension de retraite de 1 000 € pour les personnes ayant accompli « une carrière complète », autant d’évolutions permettant d’aboutir à « un système plus juste », selon lui.

La fin des régimes spéciaux (RATP, SNCF, etc.) constitue un serpent de mer du débat public français. « La convergence des régimes spéciaux, y compris celui de la fonction publique, sur le régime général est largement entamée », indiquait la Cour des comptes dans une note publiée le 21 octobre. Mais l’institution soulignait le maintien de « spécificités, en particulier en termes d’âge de départ à la retraite, de salaire de référence pour le calcul de la pension, de dispositifs de solidarité liés aux enfants et de réversion en cas de veuvage ».

Encouragement au « travail au-delà de l’âge légal »

Pour « aller vers plus de liberté », les assurés doivent pouvoir « partir en retraite progressivement [...], accumuler des droits plus rapidement, pour celles et ceux qui le souhaitent » et « encourager le travail au-delà de l’âge légal, aussi, pour celles et ceux qui en ont envie », selon Emmanuel Macron.

Des dispositifs de retraite progressive sont déjà en vigueur. En posant la possibilité d’« accumuler des droits plus rapidement », le président de la République semble afficher sa volonté de voir les assurés être en mesure d’obtenir une pension plus intéressante que celle à laquelle ils devraient avoir droit. Sans préciser par quels moyens.

Un encouragement au « travail au-delà de l’âge légal » existe. Les assurés qui ne disposent pas, à 62 ans, de leur durée d’assurance complète nécessaire suivant leur situation n’ont pas droit à une retraite à taux plein. La formulation du chef de l’Etat semble laisser entendre qu’il souhaite que les assurés disposant d’une durée d’assurance complète à 62 ans pourraient obtenir un bonus plus important qu’actuellement s’ils travaillent au-delà de ce seuil.

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Mise en place d’un âge d’équilibre

S’agit-il d’une volonté de mettre en place un âge d’équilibre, l’une des mesures de la réforme des retraites abandonnée en 2020 ? Pour se concentrer sur la gestion de la pandémie, le gouvernement d’Edouard Philippe avait dû abandonner sa réforme, prévoyant l’instauration d’un régime universel, unifiant l’ensemble des régimes, mais également d’un âge d’équilibre, en deçà duquel un départ à la retraite devait induire une baisse de la pension.

Emmanuel Macron souhaite qu’une nouvelle réforme soit engagée « dès 2022 ». En 2017, la majorité avait adopté plusieurs points du programme de l’ancien candidat, comme de nouvelles règles en droit du travail ou la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), à l’assiette plus restreinte. Des mesures vantées par la majorité, honnies par la gauche. 

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