Réforme des retraites : ce que l’exécutif veut et ce qui est encore incertain

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Elisabeth Borne a prononcé sa déclaration de politique générale mercredi 6 juillet à l’Assemblée nationale. - Benoit Tessier – Reuters

L’exécutif n’est pas pressé d’engager ce chantier. La cheffe du gouvernement, Elisabeth Borne, a affirmé mercredi 6 juillet, dans sa déclaration de politique générale, vouloir une réforme des retraites impliquant de « travailler progressivement un peu plus longtemps », sans préciser le calendrier et les règles envisagés.

« Notre modèle social est un paradoxe. À la fois l’un des plus généreux et l’un de ceux où l’on travaille le moins longtemps. Notre système de retraite est une exception alors que l’on part plus tard chez la totalité de nos voisins européens », a souligné la Première ministre dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

« Alors, je le dis aujourd’hui, pour la prospérité de notre pays et la pérennité de notre système par répartition, pour bâtir de nouveaux progrès sociaux, pour qu’aucun retraité avec une carrière complète n’ait une pension inférieure à 1 100 euros par mois, pour sortir de situations où le même métier ne garantit pas la même retraite, oui, nous devrons travailler progressivement un peu plus longtemps », a poursuivi Elisabeth Borne, huée par les oppositions et applaudie par la majorité.

Une concertation avec les partenaires sociaux

Reprenant des éléments du programme d’Emmanuel Macron, la Première ministre a assuré que la réforme « ne sera pas uniforme et devra prendre en compte les carrières longues et la pénibilité », mais aussi « veiller au maintien dans l’emploi des seniors ».

Elle a promis une « concertation avec les partenaires sociaux, en associant les parlementaires le plus en amont possible ». La réforme « n’est pas ficelée » et « ne sera pas à prendre ou à laisser », a expliqué la cheffe du gouvernement. 

« J’interprète ses propos comme le fait qu’il n’y aura pas de réforme engagée à l’automne », analyse auprès de Merci pour l'info un dirigeant syndical sous le sceau de l’anonymat. « Elisabeth Borne laisse entendre que le sujet est là mais n’est pas sa priorité. Si c’était sa priorité, elle aurait présenté sa réforme », poursuit notre interlocuteur.

Pour décrire la réforme qu’elle appelle de ses vœux, la Première ministre a repris le terme « indispensable », déjà utilisé par le président de la République dans un entretien publié le 3 juin par des titres de la presse quotidienne régionale. Le chef de l’Etat avait affirmé souhaiter une entrée en vigueur « dès l’été 2023 »

L’exécutif reste flou

Mais l’exécutif n’a pas dissipé un flou persistant depuis l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Candidat à sa succession, Emmanuel Macron avait inscrit dans son programme un « relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite, à 65 ans », au lieu de 62 ans actuellement. Il avait amendé sa proposition après le premier tour, évoquant le 13 avril sur France 2 une hausse de l’âge minimal de départ, à hauteur « de quatre mois chaque année », jusqu’à « 64 ans en 2027-2028 ». Il avait précisé qu’« une clause de revoyure » devait, d’après lui, être posée pour envisager un éventuel passage à 65 ans.

Dans une interview publiée le 21 mai par Le Journal du dimanche, Elisabeth Borne, avait jugé nécessaire de « progressivement travailler un peu plus longtemps », dans le but de « préserver le système de retraite par répartition ». Elle avait estimé que le seuil des 65 ans n’est pas « un totem ».

« Il faut d’abord commencer par la concertation et le dialogue », avait dit le 24 mai sur RTL le nouveau ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion, Olivier Dussopt, qui, comme la cheffe du gouvernement, a eu des entretiens bilatéraux avec des représentants syndicaux et patronaux.

Selon Les Echos, l’exécutif étudie plusieurs pistes pour le financement des retraites, comme un allongement de la durée d’assurance nécessaire pour percevoir une retraite à taux plein (43 ans pour les personnes nées en 1973 et au-delà), mais privilégie un report l’âge minimal de départ.

Outre cette mesure, le programme d’Emmanuel Macron mentionnait une « juste prise en compte des cas d’incapacité, des carrières longues ou pénibles », la fin « des principaux régimes spéciaux (EDF, RATP…) pour les nouveaux entrants », une action « pour prévenir l’usure professionnelle et lutter contre le chômage des seniors » ou encore le droit pour les personnes ayant accompli une carrière complète d’obtenir une « retraite minimum à 1 100 euros ».

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