Comment le gouvernement veut ouvrir davantage la retraite progressive

Edouard Philippe compte assouplir ce dispositif peu utilisé, qui permet aux salariés de travailler à temps partiel tout en recevant une fraction de leur pension de base.

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La retraite progressive peut bénéficier aux salariés âgés de plus de 60 ans.
La retraite progressive peut bénéficier aux salariés âgés de plus de 60 ans. © zinkevych

Les règles de la retraite progressive vont changer. Matignon a détaillé mardi 17 décembre comment Edouard Philippe envisage leur refonte.

Le Premier ministre avait annoncé mercredi 11 décembre souhaiter « un dispositif amélioré », dans son discours de présentation du futur projet de loi visant à créer un régime universel de retraite, prononcé devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE). 

« Le départ en retraite progressive sera élargi et simplifié », notamment pour « donner davantage de liberté aux personnes », explique à Dossier Familial Matignon, reprenant des éléments de langage diffusés sur le site gouvernement.fr. Le mesure « sera ouverte à l’ensemble des salariés, y compris aux cadres au forfait, et les modalités d’accès seront rendues plus faciles, la définition du temps partiel devant être rendue plus souple », précise-t-on. En outre, « l’employeur qui en refusera l’accès devra démontrer que la réduction du temps de travail est impossible, compte tenu de l’activité économique de l’entreprise ».

Un gage à l’aile gauche de LREM

Ces modifications sont propres à satisfaire l’aile gauche du parti présidentiel. Des membres du Collectif social-démocrate, un rassemblement d’environ 35 à 40 députés du groupe La République en marche (LREM), ont rencontré lundi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, ont appris Dossier Familial et Le Figaro.S’il rejette l’instauration d’un âge d’équilibre voulue par Edouard Philippe, le dirigeant syndical est un ardent militant du régime universel et donc un allié de l’exécutif dans ce chantier délicat.

« Il faut innover en faveur de la retraite progressive », a plaidé mardi auprès de Dossier Familial l’une des membres du collectif informel, Pascale Fontenel-Personne, qui a évoqué le sujet durant la rencontre avec Laurent Berger, dans un café proche du Palais Bourbon. La députée prône de ne pas traiter « en même temps » les sujets du régime universel et de l’âge d’équilibre. « Faisons une belle réforme sociale équitable », souligne l’élue, favorable à la création du régime universel. Pascale Fontenel-Personne, toujours rattachée au groupe majoritaire à l’Assemblée nationale malgré son départ de LREM, va transmettre à Matignon une note sur la réforme.

La retraite progressive permet de recevoir une fraction de la pension de base versée par le régime général de la Sécurité sociale, tout en travaillant à temps partiel. Elle est ouverte aux salariés du privé âgés de plus de 60 ans ayant validé au moins 150 trimestres d’assurance. Mais le dispositif est complexe et méconnu. Pour le cabinet d’Edouard Philippe, il « peine à décoller » depuis sa création en 2003, 18 000 personnes en bénéficiant à la fin de l’année dernière.

« Une stratégie pour l’emploi des travailleurs expérimentés »

Le Premier ministre a également l’ambition de rendre « plus attractif le cumul emploi-retraite ». Les retraités travaillant pourront sous conditions acquérir de nouveaux droits à la retraite, ce que ne permettent pas les règles actuelles.

Le gouvernement va proposer aux organisations syndicales et patronales « d’élaborer une stratégie pour améliorer l’emploi des travailleurs expérimentés », notamment en vue de « prévenir les risques d’obsolescence des compétences en seconde partie de carrière ».

Un trio de personnalités remettra le mois prochain un rapport comprenant différentes préconisations pour le maintien dans l’emploi des seniors, notamment sur la retraite progressive, selon Le Parisien/Aujourd’hui en France.

Le projet de loi doit être présenté le 22 janvier en Conseil des ministres, puis examiné au Parlement à partir de la fin février.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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