Agirc-Arrco : des négociations en cours pour redresser les finances

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© Charles Platiau-Reuters

Conséquence de la crise sanitaire, les finances du régime de retraite complémentaire des cadres et des salariés du privé, Agirc-Arrco, ne sont pas au beau fixe. Alors qu’ils étaient revenus dans le vert en 2019, les comptes se sont dégradés l’an dernier en raison du recours massif à l’activité partielle et du report de cotisations pour une partie des entreprises.

Sur l’année 2020, le régime, qui verse 80 milliards d’euros de pensions à 13 millions de retraités, a enregistré un déficit de 4,8 milliards d’euros. Afin de redresser la situation financière, les partenaires sociaux gestionnaires de l’Agirc-Arrco ont entamé, lundi 21 juin, des discussions sur les mesures à prendre.

Trois scénarios envisagés

En 2019, le régime s’est fixé pour règle de disposer à tout moment d’un niveau de réserves financières au moins égal à six mois de versement de pensions, à un horizon de quinze ans. Avec 62,6 milliards d’euros en caisse fin décembre, la marge est encore de neuf mois. Mais la situation pourrait se dégrader dans les années à venir. Trois scénarios ont été présentés pour voir combien de temps la règle serait respectée si aucune mesure n’est prise.

Le premier optimiste prévoit une décennie de « déficits modérés » (moins d’un milliard d’euros par an), un minimum de huit mois de réserves et une « situation durablement excédentaire à partir de 2031 ». A l’inverse, dans l’hypothèse pessimiste, la règle des six mois serait enfreinte dès 2026. Enfin, dans un scénario intermédiaire, la règle des six mois ne serait plus respectée à partir de 2029 et il faudrait attendre 2040 pour que le régime revienne à l’équilibre avec une marge de réserves de quatre mois.

Vers un gel des pensions ?

Ces projections « montrent qu’il est nécessaire de prendre des mesures pour retrouver la trajectoire financière » tracée avant l’épidémie, rapporte à l’AFP Olivier Bogillot, chef de file de la négociation côté Medef. Considérant que ce sont surtout les actifs et les entreprises qui ont souffert pendant la crise, le patronat propose de porter l’effort sur les retraités et de geler pendant un temps les pensions de retraite ou bien de les revaloriser sans suivre la progression de l’inflation.

De leur côté, les syndicats considèrent que le pouvoir d’achat des actifs et des retraités ne doit pas servir de variable d’ajustement pour redresser les comptes. Selon eux, la situation financière reste solide. « La vérité, c’est qu’on n’a pas besoin d’une correction très forte pour revenir dans les clous », considère Frédéric Sève (CFDT) dans Les Echos. Pour Michel Beaugas (FO), « il faut rassurer les Français sur la pérennité du régime, mais ne prenons pas de décisions hâtives ». La prochaine réunion des négociations est fixée au 13 juillet. Une troisième devrait se tenir autour du 20 juillet mais rien ne dit qu’un accord sera trouvé d’ici la fin du moins de juillet. Dans ce cas, les discussions reprendront à la rentrée.

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