Âge d’équilibre de départ à la retraite : quelles conséquences ?

Edouard Philippe souhaite instaurer un seuil en deçà duquel la liquidation de la retraite donnera lieu à une décote.

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La réforme des retraites doit créer un âge d’équilibre de départ à la retraite.
La réforme des retraites doit créer un âge d’équilibre de départ à la retraite. © zinkevych

Le projet de loi qui doit créer un régime universel de retraite va imposer la fixation d’« un âge d’équilibre, avec un système de bonus-malus », a annoncé le Premier ministre, Edouard Philippe, dans son discours devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE), mercredi 11 décembre.

L’âge légal de départ à la retraite va être maintenu à 62 ans, « un principe de liberté », a observé le chef du gouvernement. Vous pourrez donc toujours prendre votre retraite une fois atteint cet âge minimal, mais le montant de votre pension sera pénalisé même si vous disposez de la durée d’assurance suffisante pour percevoir une retraite à taux plein.

« Nous allons devoir inciter les Français à travailler plus longtemps », a affirmé Edouard Philippe. L’âge d’équilibre, nommé ainsi car il relève dans son esprit d’une nécessité financière – également appelé âge pivot ou âge du taux plein dans le débat public –, augmentera progressivement, pour atteindre 64 ans en 2027.

La mise en œuvre par les syndicats et le patronat

L’instance composée des organisations syndicales et patronales qui doit piloter le régime universel, aura la main. « Avant le 1er janvier 2022, les responsables de la nouvelle gouvernance auront à définir le bon système de bonus-malus pour aller vers les 64 ans », a expliqué le Premier ministre. D’après le quotidien Le Monde, les premières personnes concernées doivent être celles nées en 1960 : elles seraient tenues de travailler jusqu’à 62 ans et 4 mois, pour éviter un malus.

« 64 ans, ce sera, selon les projections, l’âge moyen auquel les salariés partiront à la retraite dans cinq ans », a soutenu Edouard Philippe.

Le Premier ministre a prévu des limitations à la mesure. « Les personnes qui ont commencé à travailler tôt, avant 20 ans, pourront continuer de partir deux ans avant les autres », a-t-il dit. « Le futur système tiendra compte de ceux qui, notamment pour des situations de handicap, ne peuvent plus travailler comme les autres », a indiqué le chef du gouvernement, évoquant une extension du dispositif de prise en compte de la pénibilité.

Edouard Philippe s’appuie sur une recommandation du Haut commissaire aux retraites. Jean-Paul Delevoye a proposé, dans son rapport présenté en juillet, la mise en œuvre d’un âge du taux plein à 64 ans.

Le désaccord de la CFDT

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, favorable à la création d’un régime universel, rejette l’instauration de cette borne. Le dirigeant syndical voit une contradiction entre la création de ce seuil et « la mise en œuvre du régime universel par points, source de plus de justice et de lisibilité », pour les personnes à partir de 1975, dans un entretien publié jeudi par  le quotidien Les Echos.

Le projet de loi doit être présenté le 22 janvier en Conseil des ministres, avant d’être examiné au Parlement à partir de la fin février.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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