Retraite : ce qui change en 2019

Fusion des régimes de retraite complémentaire Agirc-Arrco, hausse des cotisations, revalorisation des pensions et du minimum vieillesse… Tour d’horizon des mesures entrées en vigueur le 1er janvier concernant tant les cotisants que les retraités.
4mn de lecture
Plusieurs mesures, entrées en vigueur ce 1er janvier 2019, concernent les retraites.
Plusieurs mesures, entrées en vigueur ce 1er janvier 2019, concernent les retraites.

Retraite complémentaire des salariés du privé : fusion de l’Agirc et de l’Arrco

Depuis le 1er janvier, les régimes de retraite complémentaires des salariés du secteur privé Agirc (pour les cadres et assimilés) et Arrco (pour les non-cadres) ont fusionné.

Premier changement : une hausse des cotisations pour la plupart des salariés. D’après l’Agirc-Arrco, les cotisations d’un salarié non cadre rémunéré 2 206 euros bruts par mois en 2018 augmentent de deux euros par mois pour le salarié et de six euros pour son employeur. Pour un cadre rémunéré 4 749 euros bruts par mois, l’augmentation est de 19 euros par mois pour le salarié et de 31 euros par mois pour l’employeur.

Mise en place d’un bonus-malus

Un bonus-malus au moment du départ à la retraite est mis en place pour les générations nées à partir de 1957. Les personnes qui décident de prendre leur retraite à 62 ans ou avant, si elles peuvent se prévaloir d’une carrière longue, ne pourront pas toucher leur retraite complémentaire en entier. Un malus de 10 % sera appliqué pendant trois ans. Si elles repoussent leur départ à 63 ans, elles toucheront leur retraite complémentaire au taux plein. Et si elles travaillent encore plus longtemps, elles bénéficieront d’un bonus pendant un an :

  • + 10 % en cas de départ deux ans après avoir atteint les conditions du taux plein ;
  • + 20 % en cas de départ trois ans après ;
  • + 30 % en cas de départ quatre ans après.

D’autres mesures entrent en vigueur dans le cadre de cette fusion. Plus de détails dans notre article Agirc-Arrco : ce qui va changer en 2019

Hausse des cotisations vieillesse

Les fonctionnaires voient leurs cotisations vieillesse progresser de 0,27 point, à 10,83 %. La plupart des salariés du privé connaîtront, eux, une hausse de leurs cotisations de retraite complémentaire suite à la fusion des régimes Agirc et Arrco :

  • pour les salaires inférieurs au plafond de la Sécurité sociale (3 311 € bruts mensuels en 2018), les taux de cotisations salariales augmenteront de 0,11 % ;
  • pour les salaires au-delà du plafond et jusqu’à 3 plafonds, la hausse de cotisation atteindra 0,25 % jusqu’au plafond de 3 311 € puis 0,86 % entre le plafond et 3 plafonds (9 933 € bruts en 2018).

Revalorisation des pensions et du minimum vieillesse

La loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019, publiée le 23 décembre 2018 au Journal officiel, prévoit une revalorisation des pensions de retraite et pension de réversion des régimes de base de 0,3 %.

L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa – ex-minimum vieillesse) est revalorisée de 35 euros par mois. Le montant maximum passe de 833,20 à 868,20 euros pour une personne seule. Pour un couple, le montant augmente de 54,34 euros et atteint 1 347,88 euros par mois. Au 1er janvier 2020, le minimum vieillesse doit atteindre pour une personne seule 900 euros par mois.

Annulation de la hausse de la CSG pour la moitié des retraités touchés en 2018

Pour les retraités dont la pension nette mensuelle est inférieure à 2 000 euros (pour un retraité seul et sans autre revenu), le taux de prélèvement de la CSG repassera de 8,3 % à 6,6 %. Le remboursement sera effectif à partir de mai 2019 et rétroactif au 1er janvier 2019.

> A LIRE : Quels retraités seront éligibles à l’annulation de la hausse de la CSG ?

Un salaire minimum de 1 504,50 euros pour valider un trimestre

Le montant de rémunération pour valider un trimestre d’assurance vieillesse correspond à au moins 150 heures de Smic au titre d’une année civile, en application d’un décret du 19 mars 2014.

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance étant fixé à 10,03 euros depuis le 1er janvier 2019, un trimestre de retraite est validé à partir de 1 504,50 euros de salaire brut (150 x 10,03), soit 6 018 € pour valider quatre trimestres (le maximum par an).

Cette possibilité est ouverte aux assurés dépendant :

  • du régime général, celui des salariés du secteur privé ;
  • des indépendants exerçant une profession artisanale, industrielle, commerciale ou libérale.

Pension de réversion : nouveau plafond de ressources

La revalorisation du Smic entraîne une augmentation du plafond de ressources à ne pas dépasser pour toucher la pension de réversion du régime général, selon une circulaire de la Cnav datée du 27 décembre. Depuis le 1er janvier 2019, il se situe à 20 862,40 euros par an pour une personne veuve vivant seule (ou 5 215,60 euros par trimestre).

Si vous êtes remarié(e), pacsé(e) ou vivez en concubinage, les revenus du ménage doivent être inférieurs à 33 379,84 euros par an (ou 8 344,96 euros par trimestre).

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Sarah Corbeel
Publié le

Immobilier, droit du travail, retraite...

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