Relations clients-fournisseurs : qui sont les mauvais payeurs ?

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45 % des sous-traitants interrogés estiment que les délais de paiement ont augmenté entre 2014 et l’année dernière.

Quelles entreprises ne respectent pas les délais de paiement avec leurs fournisseurs ? Une étude publiée jeudi 21 janvier par l’institut de sondages OpinionWay pour la Médiation Inter-Entreprises et l’association Croissance Plus apporte des éléments sur les pratiques de certains grands groupes vis-à-vis de leurs sous-traitants*.

Les pires notes pour Numericable-SFR

Les sous-traitants travaillant avec Numericable-SFR attribuent au groupe de téléphonie les pires notes, pour ce qui concerne le respect des délais de paiement (3,4) et la qualité de ses relations avec les fournisseurs (6,3).

Voici le classement des dix entreprises les plus mal évaluées au plan de la qualité de leurs relations avec les sous-traitants :

EntrepriseIndice relation fournisseurIndice de respect des délais de paiement
Casino Guichard Perrachon 7,3 5,7
Aéroports de Paris 7,2 11
BIC 7,2 7,4
DCNS Group 7,2 7,1
Accor 7,2 5,4
Solvay 7,1 7,9
VINCI 7,1 7,4
Valeo 6,7 7,4
Bouygues Telecom 6,5 6,5
Numericable-SFR 6,3 3,4

Air Liquide, premier de la classe

Le groupe industriel Air Liquide est premier en matière de respect des délais de paiement et au niveau des relations avec les sous-traitants.

Voici le classement des dix entreprises les mieux notées pour ce qui concerne leurs rapports avec les fournisseurs :

EntrepriseIndice relation fournisseurIndice de respect des délais de paiement
Air Liquide 16,3 14,6
Pierre Fabre 15,6 11,2
Lafarge 14 10
Servier 13,8 14,4
Air France KLM 13,7 13,9
Groupe SEB 13,6 10,1
Chanel SA 13,3 10,1
Hermès International 12,9 6,8
Zodiac Aerospace 12,8 13,4
Sodexo France 12,4 11,3

Une hausse des délais de paiement entre 2014 et 2015

« La qualité de la relation client-fournisseur tient à l'équilibre de la relation commerciale », selon l’enquête.« Cela passe notamment par le respect des modalités du contrat (commandes, livraisons, fixations de prix, facturations...), des conditions d’exécution équilibrées, le respect des délais de paiement, la qualité du dialogue entre un client et son fournisseur, l’implication stratégique à moyen et long terme », précise OpinionWay.

45 % des sous-traitants interrogés estiment que les délais de paiement ont augmenté entre 2014 et l’année dernière. Ils étaient 57 % à déplorer une hausse des délais entre 2012 et 2013.

Sauf exceptions, le délai de paiement est fixé à « soixante jours » ou, en cas d’accord des parties, à « quarante-cinq jours fin de mois à compter de la date d'émission de la facture », selon l’article L. 441-6 du Code de commerce.

Les retards mettent en difficulté les clients des mauvais payeurs. Ils peuvent mener les fournisseurs les plus fragiles à la liquidation judiciaire. Avec des conséquences en cascade, les victimes des retards peinant à régler leurs propres sous-traitants.

Les motifs des retards

Les motifs des retards sont multiples. « La raison la plus évidente, c’est que l’entreprise n’a pas les moyens de régler dans les temps », nous explique Thierry Millon, directeur des études de la société Altares.

« Dans certains cas, le retard est volontaire. Il permet d’éviter de demander une ligne de crédit à sa banque. Le crédit-fournisseur ne donne pas lieu au paiement de pénalités dans le secteur privé », poursuit Thierry Millon.

Enfin, « des entreprises paient en retard parce que leur chaîne de financement n’est pas assez bien organisée. Les factures transmises ne sont pas conformes. Par exemple, il manque un bon de commande, l’adresse de facturation est inexacte ou ne comporte pas le nom de la personne en état de régler ».

Le profil des entreprises victimes

En général, « les fournisseurs stratégiques », réguliers et intervenant dans le cœur de métier de leurs clients, ne sont pas victimes de retard.

Ces problèmes touchent surtout « les entreprises de fournitures de bureau, de travail temporaire et toutes celles avec qui les clients ont des relations ponctuelles », conclut Thierry Millon.

* Le sondage a été mené « auprès d’un échantillon représentatif de 10 à 4 499 salariés travaillant pour au moins une entreprise » cotée en bourse. « 5 335 évaluations d’entreprises par leurs fournisseurs ont été recueillies » au total.

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