Réforme des retraites : pas de régime universel d’ici la fin du quinquennat

L’exécutif ne prévoit aucune « rencontre » au sujet de la réforme des retraites, a indiqué la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Mais un relèvement de l’âge légal est possible d’ici à la fin du quinquennat, estime la CFDT.

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
4mn de lecture
Emmanuel Macron, Elisabeth Borne
© Thibault Camus – Pool New – Reuters

La crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 a eu raison de l’instauration d’un régime universel de retraite. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a reconnu, dans un entretien mis en ligne mardi 2 mars par Le Parisien, l’enlisement de la réforme des retraites qui prévoyait notamment de créer un régime universel, par points.

« Aujourd’hui, la priorité c’est de gérer la crise et d’en sortir. C’est une réforme nécessaire mais elle doit se faire dans le dialogue social. Pour cela, il faut que le contexte ait évolué », a expliqué Elisabeth Borne au quotidien.

Interrogée sur la possibilité que la réforme puisse être menée avant l’élection présidentielle de 2022, la ministre a reconnu ne pas savoir « de quoi seront faits les prochains mois ». « On verra en fonction de l’évolution de la situation. À ce stade, il n’y a pas de rencontre à ce sujet prévue dans l’agenda social », a-t-elle souligné.

« Un débat au sein de la majorité » sur une réforme des retraites

Sollicité par Dossier Familial, Frédéric Sève, secrétaire national chargé des retraites à la Confédération française démocratique du travail (CFDT), confirme l’absence de discussions prévues sur la réforme de retraites. La dernière phrase d’Elisabeth Borne « correspond à ce qu’on constate », dit-il. « Je ne vois comment le gouvernement ferait adopter avant la fin du quinquennat l’instauration d’un régime universel », indique Frédéric Sève, favorable à l’unification des régimes de retraite. 

D’ici à l’éventuelle entrée en vigueur de mesures en faveur d’un régime unique, la multitude de régimes va persister, les régimes spéciaux, dérogatoires au régime général, comme ceux de la RATP et de la SNCF, vont donc être maintenus.

Frédéric Sève observe cependant « un débat au sein de la majorité » quant à l’éventuelle adoption de « mesures paramétriques », c’est-à-dire visant au financement des retraites, comme « un relèvement de l’âge légal ».

Selon Frédéric Sève, plusieurs déclarations publiques de Bruno Le Maire, révèlent une volonté persistante de prendre des mesures paramétriques. Le 13 février, le ministre de l’Economie, des finances et de la relance a décrit sur BFMTV une réforme comme nécessaire « dès que la crise économique sera derrière nous, qu’on aura commencé à retrouver de la croissance, qu’on aura vu que la machine économique redémarre ».

Le 2 décembre 2020, lors d’un déjeuner à l’Elysée avec le président du Sénat, Gérard Larcher, et les présidents des groupes politiques à la Haute assemblée, le chef de l’Etat avait dit en substance ne pas souhaiter « relancer la réforme des retraites tant que la crise sanitaire et économique n’était pas terminée », avait appris BFMTV.

Des grèves massives à la RATP et à la SNCF

Dans son programme en vue de l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron avait promis la création d’« un système universel de retraite », considéré par le candidat comme plus équitable que des régimes différents. Il s’était cependant engagé à ne pas modifier l’« âge légal » de départ.

Le gouvernement d’Edouard Philippe avait fait examiner deux projets de loi, l’un organique, l’autre ordinaire. La réforme prévoyait la création d’un régime universel et l’instauration d’un âge d’équilibre de départ, en deçà duquel les personnes partant à la retraite risquaient de subir un malus. Après avoir résisté à des grèves massives à la RATP et à la SNCF, il avait obtenu l’adoption de ces textes par l’Assemblée nationale en recourant à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Mais l’épidémie de Covid-19 avait ruiné ses efforts. La crise sanitaire avait contraint le gouvernement à suspendre l’examen des projets de loi, qui devaient être débattus au Sénat.

Nommé à Matignon en remplacement d’Edouard Philippe, Jean Castex avait manifesté sa volonté de voir créer un régime de retraite unique, par points. « Nous allons séparer ce qui est le futur régime universel » du « sujet de plus court terme » que représente le financement, « impacté fortement par la crise », avait indiqué le 8 juillet le Premier ministre sur BFM TV/RMC. Les syndicats, mais également les organisations patronales, avaient critiqué la relance des discussions malgré la crise sanitaire.

Le thème des retraites est susceptible de resurgir lors la campagne en vue de l’élection présidentielle de 2022, puis durant le prochain quinquennat.

A lire aussi

Partager cet article :