Redoublement : ce qui va changer

Encore à préciser, la réforme que projette d’engager le ministre de l’Education nationale vise à revenir sur le dispositif adopté sous le quinquennat de François Hollande.
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Jean-Michel Blanquer à l’Elysée, le 24 mai.
Jean-Michel Blanquer à l’Elysée, le 24 mai.

La mesure ne figurait pas dans le programme d’Emmanuel Macron. Mais le ministre de l’Education nationale du président de la République, Jean-Michel Blanquer, entend revenir sur la réforme limitant sans le proscrire le redoublement, menée sous le quinquennat de François Hollande.

Jean-Michel Blanquer a jugé que « le redoublement doit rester possible quand c’est dans l’intérêt de l’élève, et dans des cas qui doivent rester rares », dans un entretien publié le 8 juin par Le Parisien/Aujourd’hui en France.

« Il n’est pas normal d’interdire le redoublement. Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant les retards », a tenté de justifier le ministre.

Un « dispositif de soutien »

Une loi du 8 juillet 2013 a posé la règle suivant laquelle le « redoublement ne peut être qu’exceptionnel ». S’agissant des élèves en difficulté, « le conseil des maîtres » en élémentaire ou « le conseil de classe » au collège et au lycée peut proposer « la mise en place d’un dispositif de soutien, notamment dans le cadre d’un programme personnalisé de réussite éducative ou d'un plan d’accompagnement personnalisé ».

Des mesures détaillées par un décret du 18 novembre 2014, applicable depuis la rentrée 2015 dans les établissements publics et dans les établissements privés sous contrat.

Selon ce texte, la décision de redoublement prise par l’école est destinée à « pallier une période importante de rupture des apprentissages scolaires », due par exemple à une maladie de l’élève.

Une pratique ancrée

La réforme était conçue pour briser une pratique ancrée en France : 38 % des élèves de 15 ans affirmaient avoir redoublé au moins une fois, indiquait en 2009 l’Organisation de coopération et de développement économiques. Un record parmi les pays de l’OCDE. Le taux a baissé à 22 % en 2015.

De nombreux spécialistes de l’éducation doutent de l’efficacité du redoublement. « En France, les élèves qui redoublent en sont souvent informés bien avant la fin de l’année scolaire. Leur motivation s’en voit alors diminuée et leur retard ne fait que s’accumuler, le soutien scolaire étant peu développé au sein des établissements. Pour certains d’entre eux, ils feront face aux mêmes difficultés l’année suivante, mais un peu plus tard dans l’année scolaire. En outre, cette perte de motivation peut se traduire par des problèmes de discipline », expliquait en octobre 2012 sur son blog Eric Charbonnier, expert à l’OCDE.

Les contours de « l’inflexion importante » souhaitée par Jean-Michel Blanquer doivent être précisés.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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