Radars embarqués : bientôt tous pénalisés ?

La Sécurité routière a annoncé le lancement vendredi de l’expérimentation des radars embarqués par des sociétés privées en Normandie. Une mesure dénoncée par l’association 40 Millions d’automobilistes.

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Les radars embarqués ne sont pas assez utilisés aujourd'hui.
Les radars embarqués ne sont pas assez utilisés aujourd'hui. Les radars embarqués ne sont pas assez utilisés aujourd'hui.

Vendredi, la première voiture-radar conduite par un prestataire privé sera expérimentée en Normandie jusqu’au 1er septembre, date à laquelle le dispositif sera généralisé en Normandie avant d’être étendu aux autres régions.

Cette période de test « ne donnera lieu à aucune contravention », précise la Sécurité routière dans un communiqué. Le 8 janvier dernier, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux avait annoncé le lancement d’un appel d’offres pour confier ces radars embarqués à des sociétés privées.

Comment fonctionne le radar embarqué ?

Depuis mars 2013, 383 voitures banalisées (des Renault Mégane, Peugeot 208 ou 308, Citroen Berlingo, etc) sillonnent les routes de France avec à leur bord deux policiers ou deux gendarmes. L’un conduit, l’autre se charge de régler manuellement l’appareil sur la vitesse maximale autorisée à l’endroit traversé. « Aucun d'entre eux n'a pour mission de constater l'excès de vitesse : c'est le système embarqué qui s'en charge », explique la Sécurité routière.

Les radars peuvent capter les excès de vitesse dans les deux sens. Il n’y a pas de flash et vous recevez le PV directement chez vous.

A partir de septembre, les voitures-radar seront prises en main par des entreprises privées qui disposeront d’équipements autonomes, « capables de lire les panneaux de limitation de vitesse ». Ainsi, plus besoin de copilote, le chauffeur sera désormais seul.

Les sociétés privées seront encadrées par l’Etat

Autre changement important : jusqu’à présent, ces véhicules ne circulaient qu’en moyenne une heure par jour. Le ministère de l’Intérieur souhaite faire passer ce temps à huit heures. Le nombre de voitures devrait passer à 450 d’ici à 2018, toutes gérées par le privé.

Les sociétés fourniront les chauffeurs qui devront circuler sur les parcours fixés par les services de l’Etat, en fonction des critères d’accidentalité locale.

Pour éviter lesabus, la rémunération des prestataires sera « totalement indépendante » du nombre d’infractions relevées. Les conducteurs n’auront accès à aucune indication sur le nombre d’excès de vitesse enregistrés durant leur mission. Même chose pour les entreprises, les données enregistrées par les voitures-radar « seront envoyées de façon cryptée aux officiers de police judiciaire en charge de la verbalisation ».

Lorsque les véhicules ne seront pas utilisés, « ils seront garés dans les locaux de la police ou de la gendarmerie ».

Une multiplication des verbalisations ?

Ces radars embarqués ne ciblent que les excès de vitesses importants. Des marges de tolérance de vitesse ont en effet été retenues : 10 km/h pour les limitations de vitesses inférieures à 100 km/h et 10 % pour celles supérieures à 100 km/h. Si vous respectez les limitations, vous pourrez rouler sans crainte.

Mais l’association 40 Millions d’automobilistes est loin d’être rassurée et dénonce la privatisation des radars embarqués. Selon elle, le seul objectif du dispositif est de « verbaliser un maximum d’usagers ». C’est une « excellente opération financière » qui devrait permettre à l’Etat « d’engranger 2,2 milliards d’euros par an, contre environ 900 millions aujourd’hui ».

Afin d’obtenir l’abandon du dispositif, elle vient de créer la première manifestation numérique de France. Vous remplissez un formulaire, joignez votre photo ou celle de votre voiture, et celles-ci seront diffusées dans les rues de Paris.

Pour la Sécurité routière, c’est avant tout un moyen d’enrayer la hausse de la mortalité routière enregistrée depuis 2014. « La vitesse excessive ou inadaptée est la cause principale de 26 % de la mortalité routière ».

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