Prix de l’eau : le grand écart d’une commune à l’autre

Selon l’UFC-Que Choisir, les Français sont loin d’être égaux en ce qui concerne le coût de l’eau potable. Sur les 1 000 communes passées en revue, le tarif du mètre cube d’eau TTC va de 2,68 à 8,46 €.

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Les tarifs de l’eau varient de 1 à 3 selon les communes.
Les tarifs de l’eau varient de 1 à 3 selon les communes.

L’association de consommateurs a passé au crible plus de 1 000 factures d’eau pour en déduire le prix du mètre cube d’eau TTC de quelque 1 000 villes, bourgs et villages français. Le montant a été calculé sur la base d’une consommation de 100 m3 par an d’eau, abonnement annuel inclus, afin que tous les prix soient comparables.

Résultat : les prix sont très variables selon les communes, que l’eau soit gérée en régie municipale ou par une société privée en délégation de service public comme Veolia, Suez ou Saur.

Les écarts de prix région par région

Dans l’Ouest de la France (régions Normandie, Bretagne, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire), l’écart de prix va de 3,01 à 7,91 €/m3. Le tarif de l’eau« atteint souvent des sommets sur les côtes, en particulier en Bretagne et en Vendée », note l’UFC-Que Choisir.

Dans le Nord-Est (régions Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté), l’écart est encore plus large, allant de 2,68 à 8,01 €/m3. Si à Sarrebourg en Moselle, le prix est ultracompétitif (2,68 €), il est fixé à 4,18 € à Dijon, en Côte-d’Or, ou à 5,89 € à Valenciennes dans le Nord. En Côte-d’Or, « les prix élevés voire très élevés sont nombreux », note l’association de consommateurs.

Dans le Sud-Ouest (régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie), la fourchette de prix va de 2,94 à 7,07 €/m3. Les prix très excessifs y sont toutefois moins fréquents que dans l’Ouest ou le Nord-Est de la France.

Dans le Sud-Est (régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-D’azur), les prix s’étalent de 2,87 à 8,46 €/m3. Et ce n’est pas sur la Côte d’Aur qu’on paie le plus cher. « Dans le Beaujolais, le mètre cube d’eau peut être au prix d’une bouteille de vin », ironise l’UFC-Que Choisir.

Enfin, en Ile-de-France, « le prix de l’eau est particulièrement élevé en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise, où les ménages paient pour les pollutions agricoles ». En revanche, la régie municipale Eau de Paris, qui alimente 3 millions d’usagers, pratique « un prix raisonnable ». Dans la capitale, le m3 est en effet facturé 3,43 €.

Pourquoi de tels écarts de prix au mètre cube ?

Sur Europe 1, Elisabeth Chesnais, l’auteur de l’enquête, explique : « Le juste prix dépend des conditions locales. Si vous avez une eau souterraine qui n’est pas polluée, c’est moins cher à potabiliser qu’une eau superficielle de fleuve qui serait polluée. Mais ça n’explique par les écarts vertigineux que l’on a constatés ».

Selon la journaliste, les différences de tarifs se comprennent d’abord par le mode de gestion de l’eau choisi par une commune. « La régie doit couvrir ses frais de fonctionnement, assurer ses investissements alors qu’un opérateur privé doit engranger des bénéfices, rémunérer ses actionnaires, des frais de siège. Il doit réaliser une marge en plus de tout ce que fait une régie. Mais certaines régies délèguent une partie de ses réseaux au privé, et dans ce cas, elles ne sont pas aussi compétitives ».

df
Sarah Corbeel
Publié le

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