Présidentielle 2017 : les propositions des candidats sur la retraite

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Les candidats à l’élection présidentielle, lors du débat diffusé sur BFMTV et CNews mardi 4 avril.
Les candidats à l’élection présidentielle, lors du débat diffusé sur BFMTV et CNews mardi 4 avril. Les candidats à l’élection présidentielle, lors du débat diffusé sur BFMTV et CNews mardi 4 avril.

Le sujet est discret dans la campagne. Mais tous les candidats à l’élection présidentielle, qui se tient les 23 avril et 7 mai, font des promesses en matière de retraite. Parmi les prétendants, seul François Fillon entend durcir les critères de la retraite à taux plein.

Mais, pas plus que Nicolas Sarkozy, dont la majorité a relevé en 2010 de 60 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite et de 65 à 67 ans l’âge de la pension à taux plein, François Hollande ne proposait dans son programme une réforme durcissant les conditions d’accès à la retraite dans le régime général. Une loi du 20 janvier 2014 a pourtant accru la durée d’assurance nécessaire.

Tour d’horizon des propositions.

Nathalie Arthaud

La candidate de Lutte ouvrière s’affirme sur son blog « solidaire » avec les revendications en faveur du « retour à l’âge légal de la retraite à taux plein à 60 ans et aux 37,5 années » d’assurance.

Nathalie Arthaud est favorable à une hausse des « cotisations patronales à un taux tel que les caisses de retraite ne puissent pas être mises en déficit », afin que « les anciens travailleurs aient droit à une retraite décente ».

François Asselineau

Le candidat de l’Union populaire républicaine promet d’« inscrire dans la Constitution le principe de la retraite par répartition et celui d’une retraite minimale pour assurer à chacun une existence convenable ».

François Asselineau propose dans son programme de fixer « une retraite permettant à tous de profiter dignement et pleinement de la vie ». Il veut faire cesser « l’augmentation du nombre d’annuités (plafonné à 41) et du report de l’âge légal ».

Jacques Cheminade

Le candidat de Solidarité et progrès souhaite augmenter les retraites. « Le niveau minimum de toutes les retraites doit être rapidement revalorisé au niveau du Smic et celui des pensions de réversion relevé à 75 % », indique-t-il dans son projet.

« Dans l’immédiat, les retraites les plus modestes doivent être accrues de 200 €. Cela doit valoir pour les retraites et les réversions des agriculteurs, des artisans et commerçants et leurs conjoints », précise Jacques Cheminade.

Le candidat s’engage à une réindexation du niveau des retraites sur celui des salaires.

Il promet aussi de relever par paliers le niveau de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), jusqu’à ce qu’elle atteigne le seuil de pauvreté.

Jacques Cheminade souhaite un léger abaissement du seuil nécessaire de durée d’assurance requise pour avoir une retraite à taux plein. Les personnes nées en 1969 et au-delà devraient cotiser 170 trimestres (42 ans et demi), contre 42 ans et trois trimestres et 43 ans prévus actuellement.

Voici les autres mesures qu’il aspire à mettre en œuvre :

  • « les médecins du travail, assistés par les inspecteurs du travail » établiraient « les situations de pénibilité » ;
  • un système de bonus-malus inciterait les employeurs à relever les salaires des femmes ;
  • les retraites les plus élevées seraient plafonnées à 10 fois le Smic.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout la France promet :

  • une validation plus souple des trimestres de cotisations vieillesse pour les commerçants, les artisans et les agriculteurs (et la possibilité pour les exploitants agricoles de choisir leurs 25 meilleures années dans le calcul de la retraite) ;
  • un rétablissement complet de la demi-part fiscale des veuves et des veufs ;
  • la possibilité de permettre aux parents de trois enfants qui ont élevé trois enfants ou davantage de partir à la retraite de façon anticipée ;
  • une indexation des retraites a minima sur l’inflation ;
  • une meilleure prise en compte de la pénibilité ;
  • une augmentation de 100 euros des « petites » pensions pour 6 millions de retraités, financée par une réaffectation de la contribution nette de la France au budget de l’Union européenne ;
  • la fusion progressive des caisses de retraite et la création d’un système par points.

François Fillon

Le candidat des Républicains veut repousser progressivement à 65 ans l’âge légal de départ à la retraite, sans toutefois modifier l’âge donnant droit à une pension à taux plein, actuellement fixé à 67 ans.

François Fillon prévoit d’étendre le dispositif de départ pour carrières longues, afin de « permettre aux personnes ayant commencé à travailler jeunes de prendre leur retraite dès 63 ans », explique l’ancien Premier ministre dans son projet.

Il promet de poursuivre « l’harmonisation des règles entre les régimes publics et privés ».

L’ex-Premier ministre envisage la disparition progressive des « régimes spéciaux d’entreprise » (RATP, SNCF, etc.), les nouveaux assurés devant être « affiliés au régime général ».

Il annonce par ailleurs une hausse des pensions de base à hauteur de « plus de 300 € annuels », pour les personnes ayant une retraite inférieure à 1 000 € par mois.

François Fillon s’engage à revaloriser de 10 % les petites pensions de réversion.

Enfin, il souhaite abroger le compte pénibilité.

Benoît Hamon

Le candidat du Parti socialiste s’engage à :

  • augmenter l’Aspa de 10 % ;
  • renforcer le compte pénibilité ;
  • permettre des transferts de trimestres validés entre conjoint pour favoriser la retraite à taux plein.

Benoît Hamon souhaite mener une réflexion avec les « mouvements associatifs et d’éducation populaire » concernant « la valorisation du temps d’engagement dans la prise en compte des cotisations retraite », explique dans son projet le candidat du PS.

Jean Lassalle

D’après son projet, le candidat du mouvement Résistons ! est favorable à :

  • l’augmentation de l’Aspa (+ 200 € par mois) ;
  • l’ouverture des droits à la retraite quelle que soit la durée travaillée ;
  • la suppression de l’incitation au départ au moment de l’âge de la retraite ;
  • l’abolition des régimes spéciaux.

Marine Le Pen

La candidate du Front national promet un retour à la retraite à 60 ans et à une durée d’assurance de 40 ans.

Marine Le Pen s’engage à un rétablissement de la demi-part des personnes veuves et la défiscalisation de la majoration des pensions pour les parents de trois enfants ou davantage.

Elle veut revaloriser l’Aspa, une mesure assortie d’une restriction de son champ d’application : seuls les Français auraient droit à cette prestation ainsi que les étrangers résidant depuis « vingt ans » au moins sur le territoire, « ce qui permettra également d’augmenter les très petites retraites », indique dans son projet la candidate du FN.

Marine Le Pen souhaite créer « une prime de pouvoir d’achat à destination des bas revenus et des petites retraites (pour les revenus jusqu’à 1 500 euros par mois), financée par une contribution sociale sur les importations de 3 % ».

Emmanuel Macron

Le candidat d’En Marche ! affiche dans son programme l’ambition de mettre en place « un système universel de retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits » pour tous, quel que soit son statut (salarié, fonctionnaire, indépendant, etc.). Il entend ainsi prendre acte des changements intervenant dans les carrières professionnelles, de moins en moins linéaires. La mise en place d’un tel dispositif, longue et complexe, transformerait le système français de retraites, caractérisé notamment par de nombreux régimes.

Emmanuel Macron envisage un dispositif où les cotisations seraient « inscrites sur un compte individuel et revalorisées chaque année selon la croissance des salaires ». Au moment de la liquidation des droits à la retraite, les droits accumulés seraient convertis en une pension, « à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ et de l’année de naissance », ce qui permettrait de tenir compte de « l’allongement de l’espérance de vie ».

Ce nouveau dispositif « va progressivement monter en charge » pour s’appliquer à horizon 2027, a dit le 22 mars Emmanuel Macron sur TF1 lors du débat entre les cinq candidats en tête des sondages.

Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise promet de rétablir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein et ramener la durée d’assurance à 40 ans.

Jean-Luc Mélenchon entend aussi :

  • revaloriser les pensions de retraite au niveau du Smic pour une carrière complète ;
  • porter l’Aspa à 1 000 €.

Pour pérenniser le financement des retraites par répartition, il s’engage dans son programme à :

  • mettre à contribution les « revenus financiers des entreprises » ;
  • augmenter le nombre de cotisants, les taux et l’assiette des cotisations (créations d’emploi, augmentation des salaires, recul de la précarité, hausse de l’activité des femmes, etc.) ;
  • supprimer les « exonérations fiscales pour les régimes de retraite par capitalisation ».

Philippe Poutou

Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste veut également rétablir la retraite à 60 ans (55 ans pour les métiers pénibles).

Pour Philippe Poutou, il faut que la retraite donne « les moyens de vivre dignement », nous explique son équipe.

Le montant de la retraite complète devrait représenter la totalité de l’ancien salaire perçu.

Les retraites et les minima sociaux, dont l’Aspa, devraient augmenter pour atteindre au moins le niveau du Smic.

Repères

62 ans : c’est l’âge de la retraite à taux plein, pour les personnes ayant atteint la durée d’assurance requise en fonction de leur année de naissance.

67 ans : c’est l’âge de la retraite à taux plein, quelle que soit la durée d’assurance.

160 à 172 trimestres : c’est la durée d’assurance nécessaire pour percevoir une retraite à taux plein. Elle varie en fonction de votre année de naissance.

Quelle durée d’assurance pour obtenir une retraite à taux plein ?
Vous êtes né...Votre durée dassurance doit atteindre...
... avant 1949 ... 160 trimestres
... en 1949 ... 161 trimestres
... en 1950 ... 162 trimestres
... en 1951 ... 163 trimestres
... en 1952 ... 164 trimestres
... en 1953, 1954 ... 165 trimestres
… en 1955, 1956, 1957 ... 166 trimestres
… en 1958, 1959, 1960 ... 167 trimestres
… en 1961, 1962, 1963 ... 168 trimestres
… en 1964, 1965, 1966 ... 169 trimestres
… en 1967, 1968, 1969 ... 170 trimestres
… en 1970, 1971, 1972 ... 171 trimestres
… en 1973 et après ... 172 trimestres

La pension de réversion est servie sous conditions à toute veuve ou veuf d’une personne qui percevait ou aurait pu percevoir une retraite. Dans le privé, elle représente 54 % de la retraite à laquelle avait ou aurait pu avoir droit le défunt (hors majorations).

L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), ex-minimum vieillesse, versée aux retraités percevant de faibles ressources, atteint au maximum 9 638,42 € (soit 803 € par mois) pour une personne seule.

Jugé trop complexe par les organisations patronales et Les Républicains, le compte pénibilité, issu de la réforme de 2014, a été conçu pour permettre aux salariés exerçant une activité physiquement difficile d’accumuler des points permettant, sous réserve d’atteindre certains seuils, de :

  • suivre une formation professionnelle qualifiante ;
  • financer un passage à temps partiel sans perte de salaire ;
  • valider des trimestres d’assurance retraite (huit maximum).

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