Présidentielle 2017 : les propositions des candidats pour l’emploi

Les onze prétendants s’engagent à répondre au problème du chômage, première préoccupation des Français.

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Les candidats à l’élection présidentielle, à l’exception de Philippe Poutou, avant leur débat télévisé du 4 avril.
Les candidats à l’élection présidentielle, à l’exception de Philippe Poutou, avant leur débat télévisé du 4 avril. Les candidats à l’élection présidentielle, à l’exception de Philippe Poutou, avant leur débat télévisé du 4 avril.

La promesse de François Hollande l’a poursuivie pendant son quinquennat. En soumettant une éventuelle candidature à sa réélection à « l’inversion de la courbe du chômage », le président de la République a laissé planer le suspense, avant de renoncer à se présenter à nouveau au suffrage des Français. Dans son discours du 1er décembre 2016, le chef de l’Etat a convenu que le chômage persistait « à un niveau trop élevé » malgré une diminution récente.

Le nombre de créations d’emploi dans le secteur marchand a atteint l’année dernière un sommet record depuis 2007 : 191 700 postes supplémentaires dans le secteur marchand, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques. Mais au quatrième trimestre 2016, le taux de chômage (pourcentage des demandeurs d’emploi sur la totalité des actifs) s’établissait à 9,7 %, d’après les données provisoires de l’Insee. Loin du plein-emploi qui a disparu après la fin des Trente Glorieuses.

En 2007, candidat à l’Elysée, Nicolas Sarkozy s’était engagé à faire baisser le taux de chômage en dessous de la barre de 5 %. Après son élection, la crise financière a fait plonger l’économie française dans le marasme. Le chômage, qui avait atteint un plancher de 6,8 % au premier trimestre 2008 – un record depuis 1983 –, a rebondi en raison de la chute de l’activité.

En 1993, douze ans après avoir accédé à la magistrature suprême, François Mitterrand disait : « Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé. » Les onze candidats à l’élection présidentielle, qui a lieu les 23 avril et 7 mai, expriment quant à eux leur volontarisme. Tous proposent des mesures destinées à créer des emplois, alors que le chômage constitue la première préoccupation des Français, à en croire les sondages.

Nathalie Arthaud

La candidate de Lutte ouvrière indique sur son blog vouloir interdire « les licenciements et les suppressions d’emploi ».

« Il faut un minimum de 1 800 € net par mois pour les salaires et les pensions et une augmentation de 300 € de tous les salaires », plaide-t-elle valoir dans son programme.

Elle souhaite une répartition du travail pour tous, via la diminution du temps de travail.

François Asselineau

Le candidat de l’Union populaire républicaine prévoit dans son programme « une baisse de l’ordre de 1 à 2 millions de chômeurs ».

Sa promesse phare, la sortie de l’euro et de l’Union européenne, est conçue pour relancer l’activité économique.

L’augmentation du Smic à 1 300 € net par mois – assortie d’une baisse de cotisations sociales – doit avoir un effet positif sur la consommation.

François Asselineau veut « une nouvelle politique nationale agricole protectrice », mettant fin à la disparition des agriculteurs et favorisant la hausse de leur nombre. Il affiche l’objectif de 600 000 agriculteurs en 2022.

Il compte « réattribuer à la Banque de France son rôle normal de financement de l’Etat et des collectivités locales ».

Il souhaite séparer les activités de banque de dépôt et de banque d’affaires.

Il envisage de prendre des mesures douanières favorisant la production française pour « maîtriser la mondialisation ».

Il promet aussi la relocalisation du « plus grand nombre possible de commandes publiques ».

Jacques Cheminade

Le candidat de Solidarité et progrès juge réaliste de créer « 5 millions d’emplois » durant le le quinquennat à venir. Jacques Cheminade souhaite relancer l’économie, notamment par la mise en place d’un crédit public productif et la construction de 2 millions de logements sociaux.

Dans son programme, il s’engage à ouvrir un « grand service de l’emploi » ayant les caractéristiques suivantes :

  • le recrutement et la formation de conseillers permettant un suivi « personnalisé » des chômeurs ;
  • le recours à des logiciels novateurs pour faire coïncider l’offre et la demande d’emploi ;
  • la diffusion publique des demandes d’emploi.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout la France croit « possible » de « créer 2 millions d’emploi ». Il s’engage notamment aux mesures suivantes :

  • le ciblage et la simplification du CICE et du pacte de responsabilité vers des diminutions des cotisations sociales patronales « des entreprises exposées à la concurrence internationale » ;
  • l’exonération de charges pendant cinq ans du recrutement en CDI des chômeurs de longue durée (plus d’un an sans travail) ;
  • la relance de la participation salariale ;
  • l’égalité salariale entre les femmes et les hommes en cinq ans ;
  • la baisse de moitié le taux de l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis en France ;
  • la taxation des importations ne respectant pas certaines règles sociales, sanitaires et environnementales.

Benoît Hamon

Le candidat socialiste entend déployer « un programme d’investissements stratégiques » et porter « l’effort de recherche et développement à 3 % du PIB ».

Benoît Hamon indique dans son projet vouloir « lancer un plan de 100 milliards € sur cinq ans pour la rénovation urbaine et thermique, et pour le bien vivre en ville et dans la ruralité ».

Il voudrait moduler l’impôt sur les sociétés pour inciter « les entreprises à réinvestir leurs bénéfices » par la modulation de l’impôt sur les sociétés.

Benoît Hamon souhaite développer « l’accès au très haut débit et mobile sur l’ensemble du territoire ».

Le candidat entend « accorder la priorité au made in France » par les moyens suivants :

  • la réservation de la moitié des marchés publics aux petites et moyennes entreprises (PME) ;
  • l’introduction de clauses sociales, environnementales, d’emploi et imposant une production locale ;
  • le remboursement des aides publiques par les entreprises qui délocalisent leurs activités ;
  • une opposition aux traités de libre-échange Ceta et Tafta ;
  • l’exclusion des services publics et de l’agriculture du champ des négociations commerciales.

Benoît Hamon envisage de soutenir le développement des PME, en favorisant « leur accès aux financements à tous les stades de leur croissance ». Il entend aussi « protéger nos agriculteurs ».

Ancien ministre de l’Economie sociale et solidaire (2012-2014), il se fixe l’objectif de créer « 500 000 emplois » dans ce domaine. Il veut mobiliser « le programme d’investissement d’avenir […] au service des secteurs prioritaires (petite enfance, grand âge...) ».

Il compte réviser « la loi de séparation bancaire en cantonnant effectivement l’ensemble des activités de marchés des banques ».

Le candidat socialiste veut « favoriserl’établissement de contreparties réelles et négociées » au CICE dans les entreprises employant plus de 50 salariés.

Benoît Hamon s’engage à créer une contribution sociale sur les robots prélevée sur les entreprises s’équipant de robots, alimentant un fonds. Ce dernier sera destiné à « créer autant d’emplois nouveaux que ceux qui disparaîtront » et à « financer la formation des salariés à ces nouveaux métiers ». Par exception, « les entreprises dont la robotisation s’accompagne d’une augmentation des effectifs seront dispensées de cette contribution ».

François Fillon

Le candidat des Républicains affiche l’ambition de faire baisser le taux de chômage à 7 % en 2022. Pour lui, un assouplissement du droit du travail en faveur des employeurs peut favoriser les embauches.

François Fillon propose donc de supprimer la durée hebdomadaire légale de travail à 35 heures. Les entreprises fixeront par accord la durée de travail, sans pouvoir dépasser la limite maximale actuellement en vigueur de 48 heures.

L’ex-Premier ministre promet aussi de simplifier le Code du travail, de fusionner les instances représentatives du personnel et de plafonner les indemnités prud’homales.

Il souhaite réintroduire la dégressivité des allocations chômage afin d’inciter à la reprise d’activité.

Il prévoit d’inviter « les partenaires sociaux à parvenir, à l’automne 2017, à un accord pour le redressement complet des comptes de l’assurance chômage sur le quinquennat ». En l’absence d’accord, l’Etat devra lui-même réformer la gestion du dispositif.

Jean Lassalle

Le candidat du mouvement Résistons ! promet notamment dans son programme :

  • de recruter en contrat à durée indéterminée (CDI) 200 000 personnes dans le but de « remettre à niveau les services publics », notamment de 80 000 aides-soignants et infirmiers et de 70 000 enseignants en sciences ;
  • d’initier les jeunes à des métiers porteurs, lors de stages d’été (15 000 personnes durant l’été 2017, avant une montée en puissance) ;
  • de mobiliser les lycées professionnels pour les besoins de formation des entreprises ;
  • de financer 300 000 nouvelles places d’apprentissage dans les entreprises ;
  • de proposer à tous les jeunes l’alternance dès la 4e ;
  • de permettre aux lycées et universités d’accueillir plus de jeunes dans les formations très demandées ;
  • de fixer à l’avance, l’année précédente, les barèmes fiscaux et sociaux appliqués aux entreprises ;
  • de soutenir les entreprises familiales, notamment par le biais de la fiscalité ;
  • de moderniser les allègements de charges sur les salaires.

Marine Le Pen

La candidate du Front national souhaite négocier avec les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne puis organiser un référendum sur la sortie de la France de l’UE.

Marine Le Pen s’engage à créer des emplois en :

  • mettant en place un plan de ré-industrialisation et un dispositif de protectionnisme ;
  • interdisant « l’importation et la vente de produits provenant de l’étranger qui ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français » ;
  • taxant l’embauche de travailleurs étrangers pour favoriser « la priorité nationale ».

Elle promet également :

  • un allègement de « la complexité administrative et fiscale » et des cotisations sociales des TPE-PME ;
  • une réduction du nombre des obligations administratives liées au seuil social des 50 salariés et la fusion des instances représentatives du personnel entre ce seuil et 300 salariés.

Emmanuel Macron

Le candidat d’En marche ! se fixe l’objectif d’atteindre un taux de chômage de 7 % à la fin du quinquennat.

Selon lui, la gestion de l’assurance chômage doit échapper aux partenaires sociaux et revenir dans le giron de l’Etat.

Pour encourager les entreprises à embaucher, Emmanuel Macron souhaite remplacer le CICE par des exonérations de cotisations sociales patronales bénéficiant directement aux employeurs.

Ainsi, les entreprises « économiseront près de 1 800 € par an et par salarié au Smic, 2 200 € par an pour un salarié payé 3 000 € bruts par mois », précise-t-il dans son programme.

Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, touchés un haut niveau de chômage, il veut créer des « emplois francs ». Une entreprise recrutant en CDI un habitant percevra une prime de 15 000 € sur trois ans.

Pour soutenir l’activité, l’ancien ministre de l’Economie (2014-2016) promet de lancer un plan d’investissement à hauteur de 50 milliards €.

Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise souhaite « créer 3,5 millions d’emplois par la réduction du temps de travail, la transition énergétique, l’agriculture paysanne, l’économie de la mer, la fonction publique et les contrats jeunes ».

Dans son programme, il promet des investissements publics de « 100 milliards € pour relancer l’activité dans de grands projets industriels ».

Il s’engage à augmenter le Smic à 1 326 € et à « revaloriser » les traitements des fonctionnaires.

Il veut interdire les « licenciements boursiers » et le « versement des dividendes dans les entreprises » faisant des « licenciements économiques ».

Il compte refuser les « traités internationaux de libre-échange » Tafta, Ceta et Tisa et prendre « des mesures protectionnistes d’urgence pour sauver les industries stratégiques ».

Il souhaite créer une « taxe kilométrique et carbonique sur les importations » et pratiquer la « rétorsion commerciale contre les paradis fiscaux ».

Il entend interdire les « produits provenant du travail des enfants ».

Philippe Poutou

Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste prône la « création d’un million d’emplois dans les services publics ».

Philippe Poutou nous explique dans un courriel être favorable à une baisse de la durée légale de travail à « 32 heures sur 4 jours » de travail (« 30 heures pour les travaux pénibles »).

Il souhaite aussi augmenter le Smic à 1 700 € net, les autres salaires devant progresser de 300 €.

Le candidat veut « la fin des temps partiels imposés », des contrats de travail précaires et du régime d’auto-entrepreneur.

Il est pour « l’interdiction des licenciements et des suppressions de postes ».

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