Premiers secours : bientôt la création d’un statut de « citoyen-sauveteur » ?

Deux députés LREM ont déposé une proposition de loi visant à augmenter les chances de survie des victimes d’arrêts cardiaques inopinés. Comment ? En formant 80 % des Français aux gestes de premiers secours et en créant un statut de citoyen-sauveteur.
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50 000 personnes décèdent chaque année d’un arrêt cardiaque inopiné en France.
50 000 personnes décèdent chaque année d’un arrêt cardiaque inopiné en France.

Les députés La République en marche, Jean-Charles Colas-Roy et Hugues Renson, ont déposé jeudi 18 octobre auprès de la présidence de leur groupe à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à lutter contre la mort subite (arrêt cardiaque inopiné) et à sensibiliser 80 % de la population aux gestes qui sauvent, contre 27 % aujourd’hui.

Chaque année en France, on estime entre 40 000 et 50 000 le nombre de cas de mort subite cardiaque. Cela représente de 5 à 10 % des causes de mortalité et près de la moitié des décès de cause cardiaque. « Parmi les victimes, deux tiers sont des hommes, de plus de 60 ans, mais l’arrêt qui intervient au cours d’une pratique sportive les touche autour de 45 ans », explique dans Le Parisien le professeur Xavier Jouven, Directeur du Centre d’expertise de la mort subite à l’hôpital européen Georges Pompidou, à Paris.

Le taux de survie des personnes est seulement de 3 % alors qu’une grande partie des arrêts cardiaques surviennent devant témoins. S’ils ne réalisent pas les gestes de premiers secours, les chances de survie sont quasi-nulles puisque les secours mettent en moyenne 13 minutes pour arriver sur le lieu de l’accident. Or, une minute sans massage cardiaque, c’est 10 % de survie en moins. Après trois minutes sans massage, les lésions cérébrales sont irréversibles.

Mieux former pour multiplier les taux de survie par 3

Partant de ce constat, les deux députés veulent former 80 % de la population aux gestes qui sauvent (alerte, massage cardiaque, utilisation du défibrillateur) d’ici cinq ans afin de faire passer le taux de survie des victimes de mort subite de 3 à 10 % d’ici 10 ans.

Ils proposent pour cela de garantir la formation à tous les âges de la vie : à l’école primaire avec remise d’une attestation de formation en CM2, au moment du permis de conduire, avant le départ à la retraite. Ils proposent une sensibilisation de deux heures, moins coûteuse que les formations complètes. « La perspective des JO 2024 nous permet d’imaginer une campagne de prévention dans les clubs sportifs. 800 morts subites surviennent chaque année lors de la pratique sportive », explique le député Hugues Renson dans Le Parisien.

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Créer un statut de citoyen sauveteur

Autre mesure : la création du statut de « citoyen sauveteur ». L’idée est de protéger la personne qui prodiguerait des soins. Elle serait exonérée de toute responsabilité en cas de préjudice non intentionnel.

Mieux signaler les défibrillateurs

Enfin, la proposition de loi prévoit de mieux signaler les défibrillateurs et de renforcer les sanctions en cas de dégradation volontaire, en insérant un alinéa spécifique à l’article 311-4 du Code pénal, qui précise que le vol est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

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df
Sarah Corbeel
Publié le