Pesticides vendus aux particuliers : 44 % des enseignes sont en infraction

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Des magasins laissent toujours en libre accès dans leurs rayons des produits dangereux comme le Roundup ou le désherbant Fertiligène anti-repousse.
Des magasins laissent toujours en libre accès dans leurs rayons des produits dangereux comme le Roundup ou le désherbant Fertiligène anti-repousse. Des magasins laissent toujours en libre accès dans leurs rayons des produits dangereux comme le Roundup ou le désherbant Fertiligène anti-repousse.

Depuis le 1er janvier 2017, la vente en libre-service dans les magasins des pesticides chimiques les plus à risques pour la santé et l’environnement est interdite. Mais 44 % des enseignes ne respecteraient pas la nouvelle réglementation, d’après une enquête de l’association nationale de défense des consommateurs et des usagers (CLCV) publiée mardi 11 juillet.

Environ 66 600 tonnes de produits phytosanitaires sont utilisés en France par an, faisant du pays le deuxième consommateur européen après l’Espagne, selon les industriels de la filière. Appelés au sens large pesticides, ils désignent les insecticides, fongicides, herbicides et autres biocides d’origine chimique.

Depuis le début de l’année, un décret d’application de la loi de 2014 pour l’avenir de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (LAAAF) oblige les magasins, enseignes spécialisées ou non, à placer les pesticides chimiques dans des vitrines fermées à clé et séparées des autres espaces de vente.

Si vous voulez acheter un désherbant comme le Roundup, vous devez le demander à un vendeur certifié qui doit vous délivrer les conseils d’utilisation spécifiques avant de vous remettre le produit. Seuls les produits de biocontrôle, c’est-à-dire recourant à des substances principalement naturelles, peuvent toujours être vendus librement en rayons.

La grande distribution est la plus mauvaise élève

Afin de vérifier si les grandes surfaces et les enseignes spécialisées comme Mr Bricolage, Castorama, Jardiland ou Truffaut respectaient bien la législation, la CLCV a contrôlé 158 points de vente entre le 31 mars et le 31 mai 2017. Les enquêteurs ont retrouvé au moins un produit interdit en libre-service dans 49 % des grandes surfaces et 30 % des enseignes spécialisées. Parmi les pesticides chimiques relevés : le Roundup ou le Fertiligène anti-repousse.

Des conseils souvent insuffisants

Lorsqu’un espace dédié aux pesticides chimiques existe, l’accès n’est pas toujours protégé par une barrière, une chaîne ou une vitrine fermée à clef. Et lorsqu’un vendeur a pu être interrogé, dans 36 % des cas, « aucun conseil ou un conseil limité » a été donné. Des informations essentielles comme « les protections à prendre en présence de chien, de l’existence d’un potager, les protections à prévoir (masque, gants) ou la méthode d’utilisation (pulvérisation par temps sec, nombre d’utilisations, etc.) ont été complètement passées sous silence », pointe le rapport de l’enquête.

Mais les fois où le vendeur a donné une information complète, dans la majorité des cas, l’enquêteur a été réorienté vers des produits plus respectueux de l’environnement, recevant même des conseils pour jardiner sans aucun pesticide (avec du purin d’orties, par exemple).

Etendre l’interdiction à la vente en ligne

Devant ces mauvais résultats, la CLCV a demandé au ministère de la Transition écologique de renforcer les contrôles avec, « a minima, la mise sous-clé obligatoire de tous les pesticides », et « la formation des vendeurs » afin qu’ils délivrent des conseils complets aux consommateurs. Autre recommandation de la CLCV : « une interdiction totale de la vente de ces produits (hors bio-contrôlés) sur Internet ».

En 2019, la vente totale des produits phytosanitaires aux particuliers, y compris après avoir reçu les recommandations d’un vendeur, sera interdite. Un conseil en attendant : si dans une jardinerie, vous voyez en rayon un insecticide ou un désherbant portant l’une des mentions « dangereux pour l’environnement », « toxique » ou « très toxique », ne l’achetez pas. Ils sont reconnaissables par la présence de l’un des pictogrammes suivants :

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