Monnaies locales : à quoi servent-elles ?

Dans plusieurs villes françaises, il est désormais possible de payer sa baguette de pain en devise locale. Le but de ces monnaies ? Favoriser les circuits courts et redynamiser l’économie locale.

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Nice a testée en décembre une monnaie locale, le Nissart.
Nice a testée en décembre une monnaie locale, le Nissart.

A ce jour, une quarantaine de monnaies locales sont en circulation en France, dont l’Eusko au Pays basque qui est la plus diffusée, la Sol-Violette à Toulouse, la Miel à Bordeaux, l’Ostréa sur le bassin d’Arcachon ou encore la Bou-Sol à Boulogne-sur-Mer. Une trentaine serait également sur les rails et deux nouvelles vont bientôt faire leur apparition à Paris et en Normandie.

Une association parisienne compte, en effet, lancer une monnaie locale dans la capitale au printemps. Il s’agira dans un premier temps de diffuser les billets de la Pêche, la devise créée à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en 2014, dans les cinq arrondissements de l’est parisien (le Xe, le XIe, le XIIe, le XIXe et le XXe). Pour concrétiser le projet à Paris, l’association s’apprête à lancer une campagne de financement participatif via KissKissBankBank. « On aura besoin de 135 000 € pour le lancement d’une monnaie papier et de 450 000 € si elle est aussi électronique », précise au Parisien Lucas Rochette-Berlon, le responsable associatif d’Une monnaie pour Paris.

De son côté, la région Normandie va émettre d’ici fin mars sa propre monnaie qui circulera sur les cinq départements : le Calvados, l’Eure, la Manche, l’Orne et la Seine-Maritime. Ce sera la première devise d’envergure régionale. Dans un premier temps, elle sera dématérialisée sous la forme d’une application mobile et une version physique pourrait voir le jour en 2019.

Développer l’économie locale

Autorisés par la loi Hamon sur l’économie sociale et solidaire (ESS) du 31 juillet 2014, ces nouveaux moyens de paiement complémentaires à l’euro ont pour objectif de redynamiser l’économie locale. Obtenus contre généralement le même montant en euros, leur utilisation n’est possible que dans une certaine zone géographique et auprès de commerces, entreprises et services s’engageant à respecter des critères sociaux et écologiques. A Paris, on ne trouvera pas de Pêche « dans les Mac Do et dans les grandes surfaces », explique Lucas Rochette-Berlon au Parisien. Par ailleurs, il est impossible de déposer cet argent sur un compte bancaire.

C’est tout l’intérêt d’une monnaie locale : l’épargner n’a aucune utilité ; et elle est nécessairement dépensée pour acheter des produits et services aux acteurs économiques de proximité, favorisant ainsi l’emploi dans son périmètre d’utilisation et réduisant l’impact écologique dû aux transports des marchandises. En plus de cette logique de circuit court, les acteurs qui la mettent en place poursuivent aussi souvent une logique solidaire.

Pour savoir si une initiative va bientôt voir le jour près de chez vous, rendez-vous sur le site dédié aux monnaies locales complémentaires citoyennes. Une carte interactive recense celles en circulation et celles en gestation.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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