Les prix de l’immobilier poursuivent leur hausse dans les grandes villes

Mais il ne faut pas exclure une baisse dans le futur, le marché étant lié à l’évolution des taux de crédit, estime Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents.
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Les prix ont crû dans huit des onze plus grandes villes françaises.
Les prix ont crû dans huit des onze plus grandes villes françaises.

Les prix de l’immobilier ont continué à progresser en mars. MeilleursAgents a révélé, dans son dernier baromètre mensuel publié mardi 3 avril, une augmentation des montants déboursés par les acquéreurs dans la quasi-totalité des onze plus grandes villes françaises le mois dernier.

Les prix ont crû dans huit d’entre elles, d’après le site, qui s’appuie sur « les promesses de vente signées par les agences immobilières partenaires ».

Variation des prix en mars

Variation des prix sur les trois premiers mois de l’année

Paris

+ 0,6 %

+ 2,2 %

Marseille

+ 0,4 %

+ 1,6 %

Lyon

+ 0,7 %

+ 1,2 %

Toulouse

– 0,2 %

+ 0,2 %

Nice

+ 0,1 %

– 0,1 %

Nantes

– 0,9 %

+ 0,4 %

Strasbourg

+ 1 %

+ 1,6 %

Montpellier

+ 0,9 %

+ 1,3 %

Bordeaux

– 0,7 %

+ 0,3 %

Lille

+ 0,2 %

+ 0,5 %

Rennes

+ 0,9 %

+ 1 %

« Record » à Paris

« À Paris, alors qu’une demande relativement forte peine à se satisfaire par manque de biens à vendre », le montant moyen du mètre carré a atteint « un nouveau record », à 9 006 €. Dans 8 des 20 arrondissements de la capitale, la moyenne dépasse 10 000 € par mètre carré.

« Cette hausse se propage dans les petite et grande couronnes, même si les prix ont stagné ou diminué le mois dernier selon les départements, les intempéries ayant limité le nombre de visites », nous explique Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents.

Contrastes en province

« L’évolution est contrastée en province. Une baisse mensuelle a été enregistrée à Bordeaux, ce qui est inédit depuis dix-huit mois. Cette ville est devenue fin 2017-début 2018 la deuxième ville la plus chère de France, remplaçant Nice », souligne cet expert du marché immobilier.

« Environ 30 % des acquéreurs sont des investisseurs locatifs à Bordeaux, contre quelque 15 % dans toute la France. Ces investisseurs font monter les prix, le pouvoir d’achat immobilier des habitants ne suit pas », précise Thomas Lefebvre.

À Toulouse et à Nantes, les prix ont aussi diminué en mars, mais il s’agit d’« une correction passagère », considère le cadre de MeilleursAgents.

Des taux de crédit bas

Le contexte économique et le maintien des taux de crédit à un bas niveau (1,7 % en moyenne le mois dernier pour un emprunt à taux fixe sur 20 ans) sont propices à la hausse des prix. Cette dernière tendance ne va pas forcément se poursuivre.

« Au début de l’année, de nombreux observateurs dont ceux de MeilleursAgents avaient anticipé une augmentation des taux de crédit, rappelle Thomas Lefebvre, dont Dossier Familial avait répercuté l’analyse le 2 mars.

« Force est de constater que les taux ont stagné. S’ils venaient à progresser fortement en raison de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), la situation du marché immobilier va changer », prévoit le directeur scientifique de MeilleursAgents. Thomas Lefebvre estime qu’au-delà d’un taux moyen de 2,5 % sur 20 ans, les prix sont susceptibles de baisser. Mais il ne se risque pas à anticiper la date de ce possible retournement de tendance.

df
Timour Aggiouri
Publié le