Les discriminations au travail, un coût humain et économique

Contenu ajouté à votre liste de lecture

Voir mes favoris

Contenu supprimé de votre liste de lecture

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner

Mettre fin aux discrimination à l’emploi et à l’accès aux postes élevés rapporterait à l’économie autour de 150 milliards €, indique l’organisme France Stratégie dans un rapport remis mardi 20 septembre à la ministre du Travail, Myriam El Khomri et à son collègue chargé de la Ville, Patrick Kanner.

« Ce n’est pas parce que les discriminations sur le marché du travail sont économiquement coûteuses qu’il faut les combattre. C’est parce que cantonner certains (et surtout certaines) à des positions secondes contrevient au principe d’égalité et cause de la souffrance », explique dans le document Jean Pisani-Ferry, le commissaire général de France Stratégie.

En frappant des personnes, les discriminations occasionnent un coût économique pour les entreprises et « la société » toute entière, estiment les auteurs.

Quatre scénarios étudiés

Les enquêteurs ont étudié quatre scénarios « de réduction des écarts » entre les personnes discriminées et les autres :

  • dans le premier, les « écarts de chance d’accéder à un poste de niveau de salaire élevé » se resserrent ;
  • le deuxième scénario reprend le premier, en y ajoutant « un accès élargi à l’emploi pour les populations discriminées » ;
  • le troisième reprend les deux premiers, en y ajoutant « la réduction des écarts de durée hebdomadaire entre catégories » ;
  • le quatrième reprend les trois premiers, en y ajoutant « la réduction des écarts de niveau d’éducation ».

Dans chacun de ces scénarios, le produit intérieur brut (PIB) est susceptible d’augmenter. Dans le deuxième, le gain atteindrait quelque 150 milliards €.

Une interdiction sanctionnée pénalement

L’article L. 1132-1 du Code du travail interdit les discriminations, notamment dans le cadre d’un « recrutement », en raison de :

  • l’origine,
  • le sexe,
  • les mœurs,
  • l’orientation ou l’identité sexuelle,
  • l’âge,
  • la situation de famille ou de la grossesse,
  • les caractéristiques génétiques,
  • la particulière vulnérabilité résultant de la situation économique, apparente ou connue de son auteur,
  • l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race,
  • les opinions politiques,
  • les activités syndicales ou mutualistes,
  • les convictions religieuses,
  • l’apparence physique,
  • le nom de famille,
  • le lieu de résidence,
  • l’état de santé,
  • le handicap.

Un employeur qui refuse d’embaucher, qui sanctionne ou qui licencie une personne pour un motif discriminatoire risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (articles 225-1 à 225-2 du Code pénal).

POUR ALLER PLUS LOIN