Les chiffres mensuels du chômage ne sont pas fiables, déplore une commission d’enquête sénatoriale

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Le président de la République, François Hollande, a subordonné une candidature à sa réélection à « l’inversion de la courbe du chômage ».
Le président de la République, François Hollande, a subordonné une candidature à sa réélection à « l’inversion de la courbe du chômage ». Le président de la République, François Hollande, a subordonné une candidature à sa réélection à « l’inversion de la courbe du chômage ».

Ce sont des statistiques commentées chaque mois par les médias et les personnalités politiques. Le chef de l’Etat, François Hollande, a subordonné une candidature à sa réélection à « l’inversion de la courbe du chômage ». Et pourtant, les chiffres diffusés par le ministère du Travail et Pôle emploi ne sont pas fiables, dénonce une commission d’enquête sénatoriale dans un rapport remis le 4 octobre au président de la Haute assemblée.

Les études analysées classent les chômeurs en cinq catégories (A, B, C, D et E), le nombre de ceux inscrits en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, étant le plus scruté.

Au chômage sans être inscrit à Pôle emploi

Toutes les personnes indemnisées par Pôle emploi sont au chômage, mais tous les chômeurs ne s’inscrivent pas à l’organisme. Conséquence : alors même qu’elles recherchent un travail, des personnes, en particulier des jeunes, ne figurent pas dans les statistiques, indique la commission présidée par Anne Emery-Dumas, sénatrice socialiste.

Autre biais important : les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ne sont pas tenus de s’inscrire à Pôle emploi. Du coup, environ 800 000 d’entre eux ne sont donc pas comptabilisés comme chômeurs, estime le rapporteur de la commission, Philippe Dallier, sénateur Les Républicains.

Des incidents techniques sont aussi susceptibles de remettre en cause la fiabilité des chiffres. En août 2013, la société SFR, prestataire de Pôle emploi, n’a pas adressé près de 176 000 SMS de relance pour inciter des chômeurs à actualiser leur situation auprès de Pôle emploi. Le nombre d’inscrits a chuté artificiellement ce mois-ci. Un nouvel incident a eu lieu en mai 2015.

En raison de ces limites, les chiffres « ne peuvent, au mieux, que renseigner sur une tendance de la situation de l’emploi », tranchent les auteurs.

Utiliser la définition du Bureau international du travail

La commission d’enquête juge « plus pertinents » ceux que publient chaque trimestre l’Institut national de la statistique et des études économiques.

L’Insee établit ses résultats selon la définition du Bureau international du travail (BIT), qui considère comme chômeurs les personnes remplissant ces critères : « ne pas avoir travaillé, même une heure, durant la période de référence, être disponible pour travailler dans les 15 jours, être en recherche active d’un travail ».

Si la méthode de l’Insee présente aussi des défauts, la commission recommande la mise en place d’une mesure mensuelle du chômage au sens du BIT.

Pour le ministère du Travail et Pôle emploi, la France comptait 6,2 millions de chômeurs toutes catégories confondues en juillet. Selon l’Insee, il y avait au deuxième trimestre 2,8 millions de chômeurs, plus 1,5 million de personnes qui relèvent du « halo du chômage », souhaitant exercer une activité mais ne répondant pas à la définition du BIT.

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