Le front syndical se brise face à l’avant-projet de loi El Khomri

Cinq organisations dont la CFDT demandent au gouvernement de revoir son texte. D’autres syndicats comme la CGT sont plus radicaux : ils appellent à la grève le 31 mars pour « obtenir » son « retrait ».

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Jean-Claude Mailly et Laurent Berger (ici en septembre 2015), respectivement à la tête de FO et de la CFDT, divergent quant à la stratégie à adopter.
Jean-Claude Mailly et Laurent Berger (ici en septembre 2015), respectivement à la tête de FO et de la CFDT, divergent quant à la stratégie à adopter.

Vent debout contre l’avant-projet de loi de droit du travail, les syndicats ne présentent pas un front uni face au gouvernement, qui a reporté la présentation du texte en Conseil des ministres du 9 au 24 mars.

À l’issue d’une réunion jeudi 3 mars à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), au siège de l’Unsa, ce syndicat, trois autres organisations représentant les salariés (la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC) ainsi que la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) ont signé une déclaration commune. Ils réclament que le texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, « soit impérativement modifié en profondeur ».

Les revendications des syndicats « réformistes »

Ils s’accordent par exemple sur :

  • la suppression du barème plafonnant les indemnités de licenciement décidées par les conseils des prud’hommes ;
  • « la modification » des dispositions « sur le temps de travail », « notamment en ce qui concerne les astreintes, le fractionnement des repos, le repos des apprentis mineurs » ;
  • la contestation de la définition du « licenciement économique » inscrite dans le texte.

L’intersyndicale appelle à des manifestations le 12 mars pour « faire pression sur le gouvernement ».

La CGT « pour obtenir le retrait » du texte

D’autres organisations sont plus radicales. Réunies l’après-midi à Montreuil (Seine-Saint-Denis) au siège de la CGT, elles appellent à une « grève » et à des « manifestations » le 31 mars, « pour obtenir le retrait » pur et simple du texte, selon leur communiqué.

Outre la CGT, il s’agit de FO, Solidaires, la FSU, l’Union nationale des étudiants français (Unef), l’Union nationale lycéenne (UNL) et de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL).

Les signataires estiment en outre que les manifestations prévues le 9 mars par les organisations de la jeunesse « constituent un rendez-vous important qu’il convient de réussir ».

Les consultations du gouvernement

Alors que Myriam El Khomri poursuit ce vendredi ses consultations avec les partenaires sociaux, le Premier ministre, Manuel Valls, doit s’entretenir avec chaque syndicat à partir de lundi puis les rencontrer tous ensemble le 14 mars.

L’avant-projet de loi suscite l’opposition d’une grande partie de la gauche et de centaines de milliers de Français, qui ont signé une pétition en ligne pour son retrait (près d’un million de signatures enregistrées vendredi matin).

Mais la principale organisation patronale y est favorable. Le Medef se réjouit de voir certaines de ses propositions reprises par le gouvernement.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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