L’allocation personnalisée d’autonomie n'est pas assez demandée

Tous ceux qui pourraient bénéficier de l’APA à domicile ne la demandent pas. Méconnaissance du dispositif, coût du reste à charge trop élevé ou encore choix personnel, plusieurs raisons l’expliquent.

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20 à 28 % des personnes qui pourraient prétendre à l'APA à domicile ne la demandent pas.
20 à 28 % des personnes qui pourraient prétendre à l'APA à domicile ne la demandent pas.

20 à 28 % des personnes qui pourraient prétendre à l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile (APA) ne la demandent pas, d’après une enquête de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) publiée mi-décembre 2016. Elle a interrogé des professionnels de terrain de quatre départements.

1,2 millions de personnes bénéficient de l’APA

L’Allocation personnalisée d’autonomie est une prestation universelle versée par les conseils départementaux. Elle est destinée aux personnes âgées de 60 ans et plus en perte d’autonomie. Actuellement, environ 1,2 million de personnes, dont 59 % pour l’APA à domicile et 41 % pour l’APA en établissement, en bénéficient. L’APA à domicile aide à payer les dépenses nécessaires pour continuer à vivre chez soi, tandis que l’APA en établissement aide à payer une partie du tarif dépendance en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).

Selon le niveau de dépendance, un plan d’aide est déterminé. Le montant de l’APA à domicile peut aller de 662,95 € à 1 713,08 € par mois. Pourtant, le non-recours à cette prestation est important.

Quatre raisons expliquent l’absence de demande

D’après l’étude, elle s’explique en partie par la « méconnaissance partielle ou totale » du dispositif. « Les conseils départementaux, chargés de diffuser les informations, ont ainsi un rôle essentiel à jouer », estime la Drees.

Les démarches administratives à accomplir pour en bénéficier peuvent également être un frein à son adhésion. Les questions posées pour la constitution du dossier sont parfois perçues comme « intrusives, en particulier concernant les revenus ».

Par ailleurs, « le reste à charge, variable selon les situations, peuvent décourager les bénéficiaires potentiels ». Dès 739 euros par mois de revenus, les personnes doivent payer un « ticket modérateur ». Ainsi, les petites retraites vont plus souvent renoncer à l’aide.

Enfin, il s’agit parfois d’un choix personnel. La demande d’APA a un « coût symbolique ». Accepter une présence étrangère (service d’aide à domicile) peut être « psychologiquement difficile » pour les personnes âgées. Cela signifie accepter des contraintes horaires, accepter la rotation du personnel. Certaines préfèrent plutôt compter sur leurs proches.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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