Journée de solidarité, 35 heures, retraite : quelle réforme sera mise en œuvre ?

Emmanuel Macron doit annoncer des mesures pour « faire travailler davantage » les salariés.
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La durée légale de travail est de 35 heures hebdomadaires.
La durée légale de travail est de 35 heures hebdomadaires.

Le président de la République doit donner jeudi 25 avril une conférence de presse, 10 jours après que l’incendie de Notre-Dame de Paris a imposé l’annulation de la diffusion de son discours. Emmanuel Macron affirmait « la nécessité de travailler davantage », rapportent plusieurs médias. Selon Le Journal du dimanche, le chef de l’Etat proposait ces trois pistes : « Moins de jours fériés, revenir sur la durée de travail hebdomadaire, retarder l’âge de départ à la retraite. » Durant sa conférence de presse, Emmanuel Macron doit annoncer les mesures qu’il souhaite faire adopter. Voici un passage en revue des pistes à l’étude.

Instauration d’une seconde journée de solidarité

L’idée est évoquée par plusieurs responsables de la majorité : l’instauration d’une seconde journée de solidarité pour financer les actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.

Aurore Bergé, députée et porte-parole du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, s’est dit favorable à cette mesure, dans un entretien au Journal du dimanche.

Actuellement, durant l’unique journée de solidarité, les salariés travaillent sans percevoir en principe de rémunération supplémentaire, et l’employeur verse une contribution représentant 0,3 % de la masse salariale, affectée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Réforme des 35 heures

La durée légale hebdomadaire de travail à 35 heures peut-elle relevée ? Rien ne l’interdit. Mais une telle hausse annulerait une partie du gain de pouvoir d’achat correspondant à l’accomplissement d’heures supplémentaires, mieux payées que les autres périodes de travail.

Depuis le 1er janvier, les rémunérations qui en sont tirées ne sont plus soumises à l’impôt sur le revenu. De surcroît, depuis le 1er septembre 2019, les heures supplémentaires sont exonérées de cotisations sociales salariales.

Pendant le quinquennat de François Hollande, Emmanuel Macron s’était élevé contre les 35 heures et avait émis des propositions pour contourner ce seuil, totem de la gauche honni par la droite et le patronat.

Relèvement de l’âge légal de départ à la retraite

Sans affirmer qu’une telle réforme sera adoptée, plusieurs membres du gouvernement ont évoqué une hausse de l’âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans, semant le doute sur les intentions de l’exécutif.

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de ne pas modifier l’âge légal. Il s’était engagé à mettre en place un système universel de retraites, destiné à supprimer les disparités importantes entre les différents régimes.

Il a nommé en septembre 2017 Jean-Paul Delevoye Haut commissaire à la réforme des retraites. Cet ancien ministre sous Jacques Chirac doit nourrir un projet de loi prévoyant ce dispositif. Jean-Paul Delevoye a répété son refus d’un changement de l’âge légal, il a même menacé de démissionner dans l’hypothèse où l’exécutif s’y attelait.

df
Timour Aggiouri
Publié le