Taxe d’habitation : la réforme a permis un gain de pouvoir d’achat de près de 40 Md€ depuis 2017

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© Artem Sam - iStock

C’était une réforme phare du programme d’Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle de 2017. La suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales pour la plupart des foyers a occasionné un gain total de 39,3 Md€, fait savoir mardi 20 septembre la Direction générale des finances publiques (DFGiP), confirmant une information du Parisien.

« Au niveau national, le gain total cumulé des baisses d’impôt des ménages sur l’ensemble du quinquennat (mai 2017-mai 2022) s’élève à 39,3 Md€ pour la suppression de la taxe d’habitation », au bénéfice de 24,6 millions de ménages, « et à 13,1 Md€ pour la baisse de l’impôt sur le revenu », au profit de 18,2 millions de foyers, précise cette administration de Bercy à Dossier Familial.

La taxe d’habitation due sur les résidences principales a disparu progressivement. Pour 80 % des foyers fiscaux, l’impôt a été supprimé en 2020, après avoir été allégé de 30 % en 2018 et de 65 % en 2019. Pour les 20 % des foyers les plus aisés, la baisse atteint 30 % en 2021 et 65 % l’année prochaine. En 2023, sauf modification des règles susceptible d’intervenir après les élections présidentielle et législatives, la taxe d’habitation sera supprimée totalement sur les résidences principales, tout en restant due sur les résidences secondaires.

La diminution du barème de l’impôt sur le revenu, mise en œuvre à partir de 2020, avait été souhaitée par l’exécutif parmi les mesures conçues pour apaiser la colère du mouvement des « gilets jaunes ».

Baisses d’impôt pour les foyers les plus riches

La DGFiP, administration de Bercy qui se fait le porte-voix du bilan fiscal d’Emmanuel Macron, évalue donc au total à 52,4 Md€ le montant d’imposition économisés par les foyers en raison des réformes engagées durant le quinquennat. Un tel montant ne tient pas compte des conséquences collectives de ces allègements, comme l’augmentation de la dette publique et le rétrécissement des marges de manœuvre financières.

Il exclut des aspects très critiqués de la politique fiscale du quinquennat : les sommes économisées par les ménages les plus aisés à raison de la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), et de la création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU), qui a induit une diminution de la taxation des revenus du capital. Egalement promises par Emmanuel Macron en 2017, ces deux réformes, entrées en vigueur le 1er janvier 2018, sont dénoncées par la gauche et par le mouvement des « gilets jaunes ».

Le refus persistant d’alourdir l’imposition des riches

À l’heure de la crise sanitaire, qui a nécessité un déversement d’argent public et révélé au grand jour les répercussions du manque de moyens de l’hôpital, des voix à gauche réclament un alourdissement de la fiscalité frappant les personnes les plus riches. L’exécutif et la majorité refusent de changer de cap, estimant que leur politique a permis d’attirer les investissements et donc de soutenir l’activité économique avant la pandémie.

Si la dette publique est montée à un niveau sommet record depuis la Seconde Guerre mondiale, à près de 120 % du produit intérieur brut (PIB), le maintien autour de 0 % des taux d’intérêt des obligations émises par l’Etat pour se financer permet d’éviter d’envisager une hausse massive des impôts.

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