Plan de relance : qui va payer  ?

Le soutien à l’économie que le gouvernement de Jean Castex a détaillé jeudi, va être financé par l’Union européenne (UE), par les impôts et par la dette publique.

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Relance
© acilo

Qui va prendre en charge le coût du plan de relance, détaillé jeudi 3 septembre par le gouvernement de Jean Castex à l’issue du Conseil des ministres ? Ce soutien à l’économie de 100 Md€, qui doit aider le pays à surmonter la récession causée par la crise sanitaire, coûtera en fait moins cher à l’Etat.

« Il s’agit en totalité de crédits nouveaux, mais seuls 80 milliards s’imputeront directement sur le budget de l’Etat, notamment parce que certaines mesures sont financées par les partenaires de l’Etat comme la Caisse des dépôts ou la Banque publique d’investissement, ou encore parce que certaines aides, notamment à la SNCF, prendront la forme d’apports en capital, qui ne jouent pas sur le déficit », a expliqué le Premier ministre dans l’édition du Figaro publiée jeudi.

Financements de l’UE

Sur les 80 Md€ financés sur le budget de l’Etat, « 40 milliards sont issus de financements obtenus de haute lutte auprès de l’UE », affirme Emmanuel Macron dans le dossier de présentation du plan, diffusé le même jour. La France a droit à sa part du dispositif de relance géant de 750 Md€ sur lequel les dirigeants des 27 Etats de l’Union ont conclu en juillet un accord, conformément à la volonté du président de la République et de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Impôts et dette publique

Au-delà des sommes dues à ce titre, le plan de relance va nécessairement être financé par les impôts ainsi que par la dette publique. Pressé par la gauche d’augmenter les impôts des personnes les plus riches, l’exécutif exclut d’alourdir la fiscalité, par crainte affichée de freiner la reprise. La France, en déficit public chronique, n’a pas dégagé d’excédent budgétaire depuis 1974.

À brève échéance, le soutien à l’économie, déjà matérialisé par de nombreuses mesures décidées par le gouvernement à partir de mars comme l’assouplissement des règles de l’activité partielle (ex-chômage partiel) ou les prêts garantis par l’Etat (PGE), va creuser un peu plus la dette.

Pour l’exécutif, cette hausse est une question secondaire. Priorité est donnée aux moyens de favoriser la croissance du produit intérieur brut (PIB) et d’agir contre le chômage. « Les investissements portés par ce plan doivent systématiquement créer de l’activité économique et donc des recettes », a défendu Jean Castex.

« A contrario, ne rien faire aujourd’hui nous aurait condamnés à la récession. Et l’on connaît les conséquences désastreuses de l’austérité », a souligné le Premier ministre. Le chef du gouvernement a fait une allusion implicite à la stagnation, voire à la récession, au début des années 2010 dans plusieurs pays de l’UE, parmi lesquels la France, en raison de la mise en œuvre de plans de restriction budgétaire. L’austérité décidée après la reprise qui a suivi la récession de 2009 a abouti à de nouvelles difficultés. Jean Castex affiche l’« objectif de retrouver dès 2022 le niveau » de PIB antérieur à la crise sanitaire.

Le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, a indiqué le 27 août espérer « une récession inférieure à 11 % » sur l’année 2020.

Dans le marasme, l’exécutif bénéficie d’une situation favorable : le faible coût des emprunts émis par l’Etat sur les marchés financiers.

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