Les personnes les plus riches, gagnantes du quinquennat d’Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron, Elysée
© Sarah Meyssonnier – Reuters

À qui ont profité le plus les multiples réformes menées depuis le printemps 2017 ? Le niveau de vie de la population a crû de 1,59 % durant le quinquennat d’Emmanuel Macron, mais cette évolution moyenne cache des disparités, notamment entre les personnes les plus modestes et les plus aisées, premières bénéficiaires des mesures sociales et fiscales prises, selon une étude présentée mardi 16 novembre par l’Institut des politiques publiques (IPP).

« Nos résultats suggèrent des hausses de niveau de vie pour l’ensemble des centièmes [de la population], à l’exception des 5 % des individus les plus modestes », explique sur son site cet organisme, qui a classé la population du pays en cent catégories de taille égale, suivant le niveau de vie. 

L’IPP appelle néanmoins à « la prudence » concernant « l’interprétation » des données « des premiers centièmes », « une population qu’il est assez difficile d’appréhender », a observé Paul Dutronc-Postel, économiste à l’IPP, au cours d’une conférence, dont une vidéo est en ligne sur ce site.

« Il y a certes dans ces centièmes des ménages avec des niveaux de vie très faibles et très modestes de manière pérenne, mais il y a également des populations qui se retrouvent dans ces centièmes de manière plus transitoire », a précisé Paul Dutronc-Postel.

« Par exemple, vous aurez dans ces centièmes des indépendants qui auront un revenu d’activité très faible une année donnée, ou des individus avec un fort patrimoine mais très peu de revenus d’activité », selon l’économiste.

Allègement de la fiscalité pesant sur les revenus du capital, fin de l’ISF

Pour les 0,1 % des ménages les plus aisés, la progression du niveau de vie est plus importante que pour les autres millièmes de la population : l’IPP l’évalue à 4,1 %, en liant cette tendance à différents facteurs.

La création du prélèvement forfaitaire unique (PFU) a permis un gain de niveau de vie de 3,8 %, évalue l’organisme. Ce dispositif, entré en vigueur le 1er janvier 2018, a induit un allègement de la taxation des revenus du capital. 

À la même date, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), totem de la gauche, a été remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), à l’assiette, c’est-à-dire à la base d’imposition, plus restreinte, puisque limitée aux seuls actifs immobiliers. Cette autre réforme fiscale promise par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle de 2017 pour soutenir l’investissement, a occasionné une progression du niveau de vie de 2,1 % pour les 0,1 % des ménages les plus aisés, d’après l’IPP. Mais la hausse des prélèvements sociaux et la fusion des régimes de retraite complémentaire des salariés, Agirc et Arrco, ont pénalisé le niveau de vie de ces ménages, à hauteur de -1,7 %, estime l’Institut des politiques publiques.

Une pièce dans le débat avant les élections présidentielle et législatives de 2022

L’étude de l’Institut des politiques publiques est susceptible de nourrir le débat public à l’approche des élections présidentielle et législatives du printemps 2022. Pour la gauche et le mouvement des « gilets jaunes », le chef de l’Etat a mené une politique favorable aux personnes les plus riches. Plusieurs de ses déclarations publiques sont mises à sa charge. En janvier 2015, ministre de l’Economie sous la présidence de François Hollande, Emmanuel Macron trouvait nécessaire que « des jeunes Français [...] aient envie de devenir milliardaires ». Devenu chef de l’Etat, il se disait adepte en 2017 et en 2018 de la théorie des « premiers de cordée ». Il a dû changer de discours en raison du mouvement des « gilets jaunes » et de la crise sanitaire.

Mais si la majorité a ouvert les vannes budgétaires pour limiter les répercussions économiques et sociales de la pandémie de Covid-19, si elle a pris certaines mesures pour revaloriser le pouvoir d’achat de manière pérenne, elle n’est pas revenue sur l’allègement de la fiscalité des revenus du capital et sur la suppression de l’ISF.

L’Institut des politiques publiques a tenu compte notamment de la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, de la réforme du barème de l’impôt sur le revenu, de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), de la modification de la taxation pesant sur les énergies et le tabac ou de la revalorisation de certaines prestations sociales. Il s’est appuyé des données provenant notamment de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

L’IPP précise dans une brochure être « développé dans le cadre d’un partenariat scientifique entre l’Ecole d’économie de Paris (PSE) et le Groupe des écoles nationales d’économie et statistique (GENES) ».

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