Ce qui change pour vos impôts en 2021

Le projet de loi de finances pour l’année prochaine comporte une série de réformes fiscales. Modification du barème de l’impôt sur le revenu, nouvelle étape dans la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales… Voici toutes les mesures susceptibles de vous concerner.

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Impôts
© fizkes

Le Parlement va adopter dans les prochains jours le projet de loi de finances (PLF) pour 2021, qui doit être la dernière année pleine du quinquennat d’Emmanuel Macron et de la législature. Malgré la crise sanitaire du Covid-19 qui l’a contraint à creuser le déficit et la dette publics, l’exécutif a globalement respecté son engagement de ne pas alourdir les impôts, estime auprès de Dossier Familial l’économiste Philippe Crevel. « C’est toujours complexe de faire un bilan à l’euro près, mais on peut dire que les impôts ne vont pas augmenter, le gouvernement n’ayant pas fait d’annonce fracassante en ce sens », constate le directeur du Cercle de l’épargne. Passage en revue des mesures fiscales qui doivent viser les particuliers l’année prochaine au travers de ce PLF.

Impôt sur le revenu

Nouveau barème

Le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,2 %, soit le niveau estimé de l’évolution des prix à la consommation hors tabac en 2020 par rapport à l’année dernière. Le taux d’imposition de la première tranche imposable est abaissé de 14 à 11 %. Ce barème, qui s’applique aux revenus que vous avez perçus en 2020, est fixé ainsi :

TranchesTaux d’imposition
Jusqu’à 10 084 €0 %
De 10 084 € à 25 710 €11 %
De 25 711 € à 73 516 €30 %
De 73 517 € à 158 122 €41 %
Plus de 158 122 €45 %

Extension de la décote

Les contribuables vont bénéficier en 2021 d’une extension du mécanisme de la décote, « qui permet d’atténuer le coût d’entrée dans l’impôt sur le revenu », rappelle Philippe Crevel. « La décote allège le montant de l’impôt dû et réduit le nombre de personnes imposables », précise le directeur du Cercle de l’épargne. 

Elle va être mise en œuvre dans les hypothèses où l’impôt sur les revenus soumis au barème est inférieur à 1 722 € (pour un contribuable célibataire, divorcé ou veuf) ou à 2 849 € (pour un couple).

Crédit d’impôt sur les bornes électriques

Un crédit d’impôt est ouvert au profit des contribuables (propriétaires, locataires, occupants à titre gratuit) qui font installer des bornes de recharge de véhicules électriques dans l’emplacement de stationnement de leur résidence principale, entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2023. Les dépenses visées seront celles liées à l’acquisition et à la pose du système de charge.

L’avantage fiscal devra représenter 75 % du montant des dépenses engagées, sans pouvoir excéder 300 € par système de charge. Son bénéfice sera réservé, pour un même logement, à un seul système de charge pour une personne seule et à deux systèmes pour un couple soumis à imposition commune.

Cette mesure vise à pallier la fin d’un dispositif similaire découlant du crédit d’impôt pour la transition énergétique (Cite), qui s’éteint le 31 décembre 2020. Des travaux de rénovation des logements finançables par le Cite pourront être pris en charge par MaPrimeRénov’, un système entré en vigueur en 2020 et qui monte en puissance l’année prochaine.

Suppression programmée du dispositif Pinel

Le PLF prolonge de trois ans l’existence de cette réduction d’impôt sur le revenu, destinée à vous inciter à faire des investissements locatifs. La dernière année d’application partielle du dispositif sera 2024.

Nouveau régime fiscal des prestations compensatoires

Les règles fiscales applicables aux personnes devant régler une prestation compensatoire leur deviennent plus favorables. Lorsque la prestation compensatoire est versée pour partie sous forme de capital libéré dans les 12 mois qui suivent le jugement ou la convention de divorce et pour partie sous forme de rente, les versements en capital permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt.

Autre changement : même si le montant de la prestation compensatoire n’est pas fixé ou homologué par un juge, lorsque le conjoint verse volontairement une somme en contribution aux charges du mariage, il peut déduire cette somme de son revenu imposable.

Un impôt sur le revenu de 1 205 € pour 25 000 € de salaires

Pour l’imposition des revenus de l’année 2020, la décote est égale à la différente entre 779 € (pour un contribuable célibataire, divorcé ou veuf) ou 1 289 € (pour un couple soumis à une imposition commune) et 45,25 % du montant de l’impôt qui serait due sans application du mécanisme, explique la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Par exemple, pour un célibataire déclarant 25 000 € de salaires, l’impôt sur le revenu dû avant application éventuelle d’avantages fiscaux est égal à 1 205 €. La même personne devait en 2020 un impôt de 1 741 € sur ses revenus de l’année 2019.

Taxe d’habitation

La taxe d’habitation sur les résidences principales va marquer un repli de 30 % en 2021, puis de 65 % l’année suivante pour les 20 % des ménages les plus aisés.

Pour les 80 % des autres foyers fiscaux, la taxe d’habitation sur les résidences principales a diminué en 2018 puis en 2019 avant d’être supprimée en 2020.

En 2023, cet impôt ne sera plus dû sur les résidences principales.

Malus auto

Le malus auto, soit la taxe à régler au moment de l’immatriculation des véhicules les plus polluants, est durci. Le seuil d’entrée passe ainsi de 138 à 133 grammes de dioxyde de carbone (CO2) émis par kilomètre. Une nouvelle diminution du seuil d’entrée aura lieu en 2022 à hauteur de 5 grammes, et une autre du même niveau l’année suivante.

Pas de hausse de la fiscalité de l’épargne

En dépit d’appels d’économistes et de la gauche à accroître la fiscalité du patrimoine, en particulier par un rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé à compter de 2018 par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), le gouvernement de Jean Castex ne s’est pas engagé sur cette voie. « Le PLF ne prévoit pas de mesure surtaxant l’épargne. Il n’y a pas d’impôt sur l’épargne Covid », commente Philippe Crevel.

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