Rénovation énergétique : l’Ademe met en garde contre les travaux par geste

L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie conseille aux ménages d’éviter les travaux de rénovation énergétique par geste et de privilégier au contraire une rénovation globale, plus efficace, en deux ou trois étapes au maximum.

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© guruXOOX

Alors que la France s’est donnée pour objectif de rénover d’ici à 2050 l’ensemble du parc immobilier, soit autour de 30 millions de logements, à un niveau « bâtiment basse consommation » (BBC), correspondant à une consommation énergétique inférieure à 80kWh/m² par an, soit aux catégories A ou B du diagnostic de performance énergétique (DPE), cet objectif « semble peu réaliste ». C’est la conclusion d’une étude concernant la rénovation des maisons individuelles publiée lundi 25 janvier par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Réalisée pour la période 2016-2017, l’enquête montre que 75 % des travaux de rénovation entrepris par les ménages français n’ont pas permis de changer de classe de DPE. Seuls 5 % ont permis de sauté deux classes ou plus et 20 % une classe. Ce manque de résultats résulte des pratiques actuelles majoritaires qui « consistent à réaliser des opérations d’entretien ou de maintenance (changement de fenêtre et de chaudière notamment) et des rénovations ponctuelles (1 à 2 poste de travaux en général) en fonction des opportunités offertes par les aides financières (isolation des combles, des planchers bas, des murs…) ». Des travaux qui peuvent, par ailleurs, conduire à créer ou renforcer des désordres sur le bâti, avec impact possible sur le confort, voire la santé des habitants (moisissures dans le logement, etc.).

Réaliser six travaux

Or, pour qu’une rénovation soit efficace, il faut avoir une approche globale et réaliser des regroupements de travaux judicieux. Par exemple, pour qu’une maison construite avant 1982 puisse atteindre le niveau BBC, l’Ademe explique qu’il faut réaliser six travaux : isolation des murs, de la toiture, du plancher bas, remplacement des menuiseries extérieures, systèmes de ventilation et de chauffage/eau chaude sanitaire. Et leur réalisation doit suivre un certain ordre. La priorité doit être donnée aux travaux d’isolation et de ventilation afin d’éviter « un surdimensionnement des systèmes de chauffage grevant la performance des systèmes de production de chauffage ».

Des travaux réalisés au maximum en trois étapes

D’une manière générale, les conditions d’une rénovation performante sont de :

  • réaliser les travaux en une seule étape ou au maximum en deux ou trois grandes étapes, qui doivent être cohérentes afin de traiter des interfaces et interactions entre les postes de travaux ;
  • privilégier les énergies renouvelables pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire (poêle à bois, chaudière à bois, pompes à chaleur, chauffe-eau solaire). Le système de chauffage doit posséder un bon rendement, y compris à basse puissance puisque les besoins sont fortement réduits dans une rénovation performante ;
  • veiller à assurer le confort et la santé des habitants en se prémunissant des conséquences d’une mauvaise ventilation, de ponts thermiques et de condensations qui peuvent entraîner le développement de moisissures et des pathologies diverses ;
  • coordonner les travaux par un maître d’œuvre, un architecte, un groupement d’entreprise.  

Bon à savoir

Pour être conseillés et accompagnés, les ménages peuvent prendre contact gratuitement avec un conseiller FAIRE, le service public qui guide les particuliers dans leurs travaux de rénovation énergétique, par téléphone au 0 808 800 700 (du lundi au vendredi de 9h à 18h) ou en rencontrer un près de chez eux.

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