Immobilier : les conséquences de la guerre en Ukraine sur le marché français

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Appartement, travaux, couple
Le conflit risque de produire des effets sur le marché immobilier. - © alvarez

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, déclenchée le 24 février par le maître du Kremlin, Vladimir Poutine, va pénaliser la croissance économique et renchérir l’inflation en Europe. Mais le conflit risque également de produire des effets sur le marché immobilier français, analysent plusieurs spécialistes auprès de Dossier Familial

« S’il n’y a pas d’issue diplomatique assez rapide, les conséquences de la guerre vont être importantes sur l’économie, souligne Thomas Lefebvre, directeur scientifique de la marque d’estimation immobilière MeilleursAgents. Mais elles sont difficiles à mesurer, car nous n’avons aucune référence : c’est le premier conflit armé entre des pays européens depuis la Seconde Guerre mondiale. »

La crise géopolitique peut-elle, par un apparent paradoxe, renforcer l’attractivité de la pierre dans l’esprit des épargnants ? Le réseau de courtage en crédit immobilier Vousfinancer répond positivement à cette interrogation. La « forte volatilité » des bourses « pourrait avoir pour effet de renforcer le côté valeur refuge de l’immobilier, comme cela a été le cas durant la crise sanitaire » et encourager « les investisseurs les plus prudents à placer leur argent dans l’immobilier », indique Vousfinancer dans un communiqué.

Des projets d’achat immobilier différés

Henry Buzy-Cazaux ne partage pas cet optimisme. Dans l’immobilier ancien, le conflit ukrainien va produire des conséquences sur le nombre de ventes davantage que sur les prix, selon le président de l’Institut du management des services immobiliers (Imsi). « Les images des morts et des blessés mais aussi des immeubles mis à bas sont choquantes. La guerre a fait plonger le moral des Français dans les chaussettes. Le risque géopolitique est vu comme non maîtrisable, contrairement au risque sanitaire, d’autant que Vladimir Poutine brandit la menace nucléaire », constate Henry Buzy-Cazaux, qui a signé une tribune sur le site de Capital.

Perte de confiance

À en croire notre interlocuteur, des personnes à la recherche d’un bien à acheter disent aux agents immobiliers : « ‘‘Avec tout ce qui se passe, on va attendre un peu.’’ » De nombreux ménages ne renoncent pas totalement à leur projet mais le diffèrent, voyant que « l’horizon pour la paix n’est pas dégagé et que l’inflation est galopante ». « Le marché immobilier repose sur la confiance des ménages. La crise peut aboutir à des reports de projets », confirme Thomas Lefebvre.

Le nombre de ventes et de locations risque de ralentir. Henry Buzy-Cazaux s’attend à un ralentissement particulier concernant les biens de prestige et de luxe ainsi que les immeubles de bureaux, des « marchés où les Russes étaient présents », mais qui peuvent de surcroît souffrir des inquiétudes des personnes riches de nationalité française « hypersensibles au risque géopolitique ».

Plusieurs acteurs de l’immobilier s’accordent sur cette conséquence à venir du conflit : l’augmentation des prix des biens neufs. « La crise ukrainienne a un impact sur les prix d’un certain nombre de matières premières, comme le pétrole, le gaz et d’autres produits, tels que par exemple le bois, dont nous sommes importateurs depuis la Russie notamment, et qui servent à la construction et à l’entretien des logements », rappelle Henry Buzy-Cazaux.

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Possibilité de hausse des taux de crédit

Les taux des emprunts souscrits pour financer les acquisitions vont-ils progresser ? La directrice des études et porte-parole de Vousfinancer, Sandrine Allonier, nous répond en employant le conditionnel : « Ça pourrait, en effet. » 

Les niveaux des taux de crédit dépendent notamment des rendements exigés par les investisseurs en contrepartie de l’achat d’obligations souveraines, émises par l’Etat pour financer sa dette. D’après Sandrine Allonier, les rendements sont susceptibles de croître, en raison de l’incertitude : « Les taux avaient augmenté quand Marine Le Pen avait été qualifiée au second tour de l’élection présidentielle, en mai 2017. » 

Bond des dépenses contraintes

Tiré par l’inflation, le bond des dépenses contraintes des ménages va diminuer le montant des mensualités potentielles.

Pour l’heure, la guerre en Ukraine n’a pas engendré un durcissement des conditions d’emprunt. « Si les hausses de taux de crédit sont significatives en mars, elles sont en lien avec l’évolution des conditions de refinancement des banques, des taux d’emprunt d’Etat et de l’inflation », note Vousfinancer dans son communiqué.

D’après Sandrine Allonier, le conflit ne va pas provoquer une restriction de l’accès au crédit, comme en 2008 ou durant une partie de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

En vidéo : 3 min pour comprendre : les répercussion de la guerre en Ukraine sur votre pouvoir d'achat

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