Nouveau DPE : des erreurs encore trop nombreuses

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Le diagnostic de performance énergétique (DPE) fait partie des diagnostics obligatoires pour vendre ou louer un logement, excepté s’il doit être occupé moins de quatre mois. Ce document donne une estimation de la performance énergétique du bien, en évaluant la quantité d’énergie et de gaz à effet de serre consommée ou dégagée. Le logement est classé sur une échelle de A, pour très économe en énergie, à G, pour passoire thermique.

Créé en 2006, le DPE a fait l’objet d’une importante réforme en juillet 2021. Il a été rendu opposable et son contenu ainsi que sa méthode de calcul ont été modifiés afin de le rendre plus lisible et plus fiable. Hélas, les erreurs seraient encore nombreuses, d’après une enquête du magazine 60 Millions de consommateurs publiée dans le mensuel du mois de juin 2022.

Pour vérifier la fiabilité du nouveau DPE, l’association de consommateurs a fait appel à quatre propriétaires qui ont, chacun, contacté cinq diagnostiqueurs, en indiquant vouloir vendre leur maison. Vingt diagnostics ont été réalisés entre février et mars 2022 et ont, ensuite, été analysés et comparés par un expert.

Premier constat : les notes sont loin d’être identiques. « Pour une même maison, les cinq diagnostiqueurs n’aboutissent pas au même résultat ! Il y a toujours au moins deux lettres différentes, et parfois trois », souligne le magazine. Par exemple, une maison d’avant 1948, dans la région de Bordeaux, est classée B par un professionnel, C par deux autres et D par les deux derniers et, in fine, par l’expert.

Des erreurs trop nombreuses

Les diagnostiqueurs font de nombreuses erreurs et ce, dans tous les domaines : superficie incorrecte, date de construction erronée, portes ou fenêtres oubliées, isolation mal prises en compte, chauffage et production d’eau chaude sanitaire mal évalués, etc.

Or, ces erreurs ont des conséquences pour les propriétaires. En effet, à compter du 25 août prochain, les loyers des logements classés F ou G, autrement dit les « passoires thermiques », ne pourront plus être augmentés. A partir du 1er septembre, ces mêmes logements ne pourront plus être vendus sans la réalisation d’un audit énergétique. Puis, une nouvelle étape sera franchie en janvier 2025, date à laquelle les logements classés G ne pourront plus être loués. Il en sera de même pour ceux classés F, à partir de 2028.

Conserver plans et factures et mieux former les diagnostiqueurs

Devant de tels résultats, le magazine conseille aux propriétaires de conserver les plans du logement et les factures de tous les travaux réalisés afin de pouvoir comparer avec les données qui figurent sur le diagnostic.

Il recommande aussi de renforcer la performance des diagnostiqueurs. « On a vérifié les dates de formation des diagnostiqueurs qui ont réalisé les DPE, et souvent elles étaient antérieures à la réforme », explique à l’AFP Virginie Potiron, juriste à 60 Millions de consommateurs. Le magazine a donc demandé au ministère de la Transition écologique une meilleure formation des professionnels. « Oui, nous avons à mieux normer, à mieux encadrer, d’abord pour qu’il y ait moins de fraudes, a répondu la ministre Amélie de Montchalin interrogée à ce sujet sur France Inter. On a fait un gros travail de normalisation et de contrôle. Et donc, sur ce sujet, il faut effectivement qu’il y ait des pratiques beaucoup plus homogènes ». En attendant, ces erreurs laissent « envisager un important contentieux devant les tribunaux », conclut 60 Millions.

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