Immobilier : un net déplacement du marché observé vers la province

3 min de lecture

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© Gan Chaonan - iStock

Le Conseil supérieur du notariat vient de publier sa dernière note de conjoncture immobilière dans laquelle il dresse un bilan de l’année 2020. Il apparaît qu’avec 1 046 000 transactions sur un an à fin février 2021, la baisse des volumes est restée limitée à 4 %, ce qui est très peu si on tient compte de l’absence quasi-totale de mouvements au premier confinement. Mais à Paris, sur un an en novembre 2020, le volume des transactions a chuté de 18 % !

L’Île-de-France enregistre une forte baisse des ventes

« Le nombre de ventes de logements anciens a chuté de 12 % en Île-de-France, qui n’apparaît plus comme la locomotive du marché, là où la province a tiré le marché », indiquent les notaires. Les prix ont continué à y augmenter, de +6,4 % en un an, mais ils semblent atteindre un plateau dans la grande et petite couronne. Dans Paris intra-muros, ils ont même légèrement infléchi : les appartements anciens passent ainsi de 10 850 €/m2 en novembre 2020, à 10 600 € en avril 2021.

En régions, une hausse des prix quasi généralisée

La crise semble avoir profité à la province, avec des prix médians en hausse dans presque tous les départements, pour toutes les grandes villes et grandes agglomérations. Et cette hausse est surtout particulièrement marquée pour les maisons individuelles : par exemple +17,3 % à Brest, +13,3 % à Limoges, +13,7 % à Saint-Etienne… Parallèlement, comme en Île-de-France, les prix des appartements ralentissent à +3,2 % fin mai 2021, contre +6,3 % au 4e trimestre 2020 : Bordeaux attend même -5 % pour les prix des appartements… Ce n’est pas le cas de certaines villes moyennes qui attirent de nouveaux habitants tentés par un cadre de vie plus qualitatif. C’est le cas d’Angers, dont le prix des appartements est en hausse de plus de 20 %, Caen (+11 %) ou encore Amiens (11,4 %).

Envie d’espace, télétravail : des changements accélérés par la crise

Les notaires s’interrogent sur les effets réels ou supposés de la crise sanitaire. Il est vrai qu’à la fin du premier confinement, tout le monde a eu envie de verdure, de plus d’espaces extérieurs, mais aussi d’une pièce en plus pour pouvoir télétravailler – télétravail qui a permis de s’éloigner des bassins d’emploi que représentent les grandes agglomérations. Cela aurait donc justifié une grande partie des mouvements des Franciliens vers les départements limitrophes. Mais la situation parisienne ne semble pas un cas isolé, peut-on lire dans la note de conjecture du Conseil supérieur du notariat, en raison des hausses des prix quasi continues qu’ont connues certaines métropoles : « Dans un contexte globalement haussier, la réorientation géographique, conséquence d’un processus décisionnel accéléré par les effets de la crise sanitaire, pourrait contribuer à une réorientation des prix dans les grandes villes devenues de moins en moins abordables après des années de hausses successives. Par ailleurs, d’aucuns redécouvriraient la qualité de vie de certaines villes moyennes et de leurs centres-villes ».

Un marché du neuf à la peine

Les notaires s’inquiètent surtout des mauvais indicateurs du marché du neuf, ce qui pourrait impacter les prix dans l’ancien, notamment dans les zones tendues : seuls 377 600 logements ont été autorisés à la construction, soit 16,3 % de moins qu’au cours des douze mois précédents. Sur cette même période, les mises en chantier ont chuté de 11,3 %, soit 44 000 logements de moins. Enfin, les ventes de logements neufs s’effondrent avec près d’un quart de réservations en moins entre le 4e trimestre 2020 et le 4e trimestre 2019.

A lire aussi