Mal logement : quelles solutions pour les personnes seules ?

La Fondation Abbé Pierre dévoile aujourd’hui son rapport annuel sur le mal-logement en France et attire l’attention sur les difficultés que rencontrent les personnes seules.

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© Adobe Stock/The Big Land 45

4 millions de personnes habitent dans un logement de très mauvaise qualité, surpeuplé, ou n’ont pas de domicile fixe selon la Fondation Abbé Pierre qui, depuis 25 ans, profite de la trêve hivernale pour alerter sur les conditions de logement en France. De plus en plus de personnes ont des difficultés à trouver un toit pour vivre. S’appuyant sur les données du collectif Les Morts de la Rue, la Fondation compte 683 décès de personnes vivant dans la rue en 2018, soit une augmentation de 15 % par rapport à l’année 2017.

En 2019, au minimum 250 000 personnes vivaient sans domicile fixe. En 2012, elles étaient 143 000, d’après l’enquête « sans domicile » de l’Insee.

Les personnes seules rencontrent plus de difficultés

Roseline, bénévole à l’association Droit au Logement de Grenoble, qui travaille au contact de personnes mal-logées, partage le constat de la Fondation Abbé Pierre selon lequel les personnes seules rencontrent plus de difficultés : « Le mal-logement chez les personnes seules est une réalité. C'est un problème très répandu. »

En France, un ménage est constitué d’une seule personne dans 35 % des cas, selon le rapport de la Fondation. Le marché immobilier n’est pas adapté à ce mode de vie. Les petits logements sont plus rares : 18,6 % du parc est constitué de T1 ou T2.

Ils sont également très chers. Bailleurs et propriétaires considèrent qu’il faut gagner trois fois plus que ce que le logement coûte, un « taux d’effort » acceptable. A Toulouse, Bordeaux, Lille, Aubervilliers ou Paris, il est impossible pour une personne seule gagnant 1,3 fois le SMIC de louer un T1 à, sans dépasser le taux d’effort de 33 %.

En vidéo : Manuel Domergue, directeur d'études à la Fondation Abbé Pierre : "Les personnes seules sont plus touchées par la crise du logement. "

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Un casse-tête pour les personnes vivant seules

Le marché immobilier impose pour les petits ménages un taux d’effort très lourd : « 13 % des personnes vivant seules et 19 % des familles monoparentales subissent un effort financier excessif pour se loger » selon le rapport.

Presque trois quarts des demandeurs de logements sociaux essuient un refus, ce qui n’empêche pas une demande en hausse car ils correspondent mieux aux besoins des petits ménages à faible revenu. En 2018, il y a eu 2,1 millions de demande de logement HLM, soit 7 % de plus qu’en 2016.

Se loger est un casse-tête pour les personnes vivant seules ou les familles monoparentales à petit budget. D’autant plus qu’elles disposent moins de soutiens et d’informations si elles sont isolées. Selon la Fondation Abbé Pierre : « L’isolement retarde le repérage et l’engagement dans les démarches, le recours aux prestations ou aux services d’aides ».

Un phénomène que Roseline observe tous les jours lorsqu’elle aide les personnes à la recherche d’un logement ou luttant pour conserver le leur à cause de charges trop élevées ou de d’endettement trop important : « Celles et ceux qui peuvent se battre pour faire leurs démarches réussissent beaucoup mieux à faire évoluer leur situation. »

En vidéo : "Un critère determinant pour s'en sortir est d'avoir de l'aide"

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« J’ai eu la chance de ne pas connaître la rue, je n’avais pas connaissance des aides disponibles », explique Fatouma, 66 ans, retraitée. Elle habitait dans le onzième arrondissement de Paris jusqu’au décès de son mari, en 2016. C’était lui qui gérait pour elle ses démarches administratives. Seule, il lui était impossible de continuer à payer ses factures.

En vidéo : Fatouma, retraitée logée par Les Petits Frères des Pauvres : "J'ai perdu mon mari c'est vrai, mais là je ne suis plus seule"

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« Je suis très isolée, mais je sais que je peux compter sur l’équipe »

Quelques jours avant de se faire expulser, elle décide, sur les conseils de son assistante sociale, de s’adresser à l’association les Petits Frères des Pauvres qui accompagne les personnes âgées en difficulté dans leurs démarches de logement. Elle s’installe provisoirement dans un hôtel social puis on lui propose un petit appartement dans le 20e arrondissement de Paris. Comme elle, 1200 personnes sont hébergées dans les logements de l’association, qui aide environ 1800 personnes par an.

Aujourd’hui à la permanence des Petits Frères des Pauvres, Fatouma a le sourire : « J’arrive avec un problème, il est résolu. Avec l’âge, je suis très isolée, mais je sais que je peux compter sur l’équipe et les bénévoles ». La retraitée se fait guider dans toutes ses démarches : demande de logement social, APL, déclaration d’impôt, Les aides municipales et régionales, le Dalo.

Comment se faire aider ?

Les personnes seules ne doivent pas hésiter à s’adresser à une assistante sociale et à solliciter les nombreuses associations qui peuvent leur venir en aide. Elles vous aident à régler vos factures, conserver ou changer de logement s'il est insalubre ou indécent.

En vidéo : Il existe des aides et il faut les solliciter, rappelle Manuel Dormergue.

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df
Antoine Beau
Publié le

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