L’immobilier a résisté en novembre, mais les incertitudes restent fortes

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© monkeybusinessimages

Le second confinement, qui a débuté le 30 octobre et doit prendre fin le 14 décembre inclus, n’a pas mis l’immobilier à terre. « Le marché immobilier a résisté, le volume de transactions ne s’est pas effondré », constate auprès de Dossier Familial Thomas Lefebvre, directeur scientifique de la plateforme d’estimation MeilleursAgents, qui a diffusé mardi 1er décembre une étude concernant l’immobilier ancien le mois dernier.

« L’ensemble des acteurs de la chaîne immobilière étaient préparés, et le confinement a été moins strict », rappelle Thomas Lefebvre. Les compromis, les promesses de vente et les actes authentiques ont ainsi pu être signés. « Ce qui n’a pas fonctionné, ce sont les visites. Cette interdiction des visites va avoir des retentissements » sur le volume de transactions l’année prochaine, souligne notre interlocuteur. Au total, « 10 % des promesses de vente ne se sont pas faites par rapport à un mois de novembre normal », ce qui représente moins de 10 000 transactions, évalue le cadre de MeilleursAgents à partir des volumes des précédents mois de novembre.

Lors du confinement mis en œuvre entre le 17 mars et le 10 mai inclus, le nombre de promesses avait dégringolé de près de 75 %, l’équivalent de quelque 180 000 transactions.

En matière de prix, novembre s’est inscrit dans la dynamique des mois précédents. Les montants ont crû de 0,1 % dans les 10 plus grandes villes de France hors Paris et stagné dans la capitale.

« Nous sommes bien entrés dans une nouvelle ère »

« Il n’y a pas eu de krach, mais nous sommes bien entrés dans une nouvelle ère. L’époque de l’augmentation continue des prix presque chaque mois est derrière nous », analyse le cadre de MeilleursAgents.

L’évolution du marché l’année prochaine reste entourée d’incertitudes. « Tout va dépendre de l’ampleur de la crise économique. Les nouvelles économiques ne sont pas très réjouissantes. Le chômage augmente, les plans de licenciements et les restructurations d’entreprises sont nombreux, et cela touche toutes les catégories socio-professionnelles », remarque Thomas Lefebvre. Pour lui, « il serait naïf de penser que cette crise sans précédent n’aura pas d’impact sur le marché immobilier, même si des personnes vont être obligées de trouver un logement ».

Paradoxalement, « les ménages continuent à avoir confiance en l’avenir et en la pierre ». MeilleursAgents indique que « 71 % des vendeurs et des acheteurs déclarent rester positifs et sereins face à l’avenir malgré le contexte sanitaire et économique actuel ». Le portail a interrogé « 1 532 particuliers ayant fait une estimation en ligne sur la plateforme et qui ont déclaré un projet d’achat ou de vente imminent ou dans les 6 mois ».

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a montré cependant, au travers d’une enquête parue le 26 novembre, une forte dégradation de la confiance des ménages dans la situation économique.

Les taux de crédit se maintiennent à un niveau bas

Un signe favorable au marché est le maintien des taux de crédit à un niveau bas, « ce qui alimente le pouvoir d’achat immobilier », note Thomas Lefevbre.

Selon la dernière édition de l’enquête mensuelle de L’Observatoire Crédit Logement/CSA diffusée ce jeudi, au mois de novembre, le taux moyen des nouveaux emprunts immobiliers a reculé « pour le cinquième mois consécutif », à 1,2 %. Cette moyenne, qui n’inclut ni l’assurance ni le coût des sûretés, concerne les prêts à taux fixe du secteur concurrentiel. 

Les acteurs du marché immobilier attendent avec impatience l’avis que doit rendre le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) avant la fin de l’année. Le 20 décembre 2019, l’autorité avait préconisé aux banques de plafonner la durée de crédit maximale à 25 ans et le taux d’endettement à 33 % par rapport aux revenus. Les prêteurs se sont globalement soumis à cette recommandation.

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