Les taux d’emprunt immobilier vont-ils s’envoler dans les prochains mois ?

Ce ne devrait pas être le cas. Du moins, c’est le point de vue de Sandrine Allonier, porte-parole du réseau de courtage en crédit Vousfinancer. Mais les candidats à un emprunt présentant un profil fragile risquent de continuer à être écartés de l’accès à un prêt.

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Crédit immobilier
Les taux ne vont pas bondir, estime Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer. © licvin

Le confinement, mis en place du 17 mars au 10 mai pour limiter la propagation du Covid-19, a affecté le marché de la vente de logements, comme d’autres pans de l’économie. Mais si l’immobilier reprend, l’hypothèse d’une envolée des taux d’emprunt dans les prochains mois est faible, considère Sandrine Allonier, porte-parole du réseau de courtage en crédit Vousfinancer, dans un entretien donné mercredi 20 mai à Dossier Familial.

« Les banques souhaiteraient une forte remontée des taux pour améliorer leur rentabilité, mais elles ne peuvent pas le faire », analyse notre interlocutrice. Les taux ont certes progressé durant le confinement, mais de façon raisonnable, à hauteur de 0,5 point maximum, indique Sandrine Allonier.

Un contexte plus difficile pour les banques

Les établissements prévoient un rebond de leurs coûts de refinancement. « Les agences de notation financière ont mis sous perspective négative les notes de certaines banques », rappelle la porte-parole de Vousfinancer.

Dans la récession, les prêteurs anticipent davantage de défauts de paiement des emprunts immobiliers. « Le taux de défaut en France est le plus faible d’Europe, à moins de 1 %, mais les banques craignent que les situations de chômage ou plus globalement de baisse des revenus provoquent une hausse de ce taux », remarque Sandrine Allonier.

Volonté d’attirer les meilleurs candidats

La mise en œuvre par les banques d’une recommandation publiée le 20 décembre 2019 par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), préconisant une durée de crédit limitée à 25 ans et surtout un taux d’endettement de 33 %, a rétréci le nombre d’emprunteurs possibles.

« Les banques se battent pour attirer les très bons profils, qui peuvent bénéficier de taux à 0,85 % sur 15 ans, à 1 % sur 20 ans et à 1,15 % sur 25 ans », explique la porte-parole de Vousfinancer. Elles ne vont pas accroître les taux pour ces candidats à l’emprunt, pour éviter de perdre des clients potentiels. Par comparaison, pour tous les candidats quels qu’ils soient, les taux moyens demandés par les banques partenaires du réseau atteignent 1,25 % sur 15 ans, 1,4 % sur 20 ans et 1,55 % sur 25 ans.

Mais des blocages pour les profils modestes

Les candidats à un prêt dont le profil est fragile, par exemple en raison de revenus considérés comme trop faibles, vont continuer à être pénalisés par la baisse du seuil de l’usure, au-delà duquel les banques n’ont pas le droit de faire crédit. Ce plafond représente le taux moyen exigé au trimestre précédent, augmenté d’un tiers. Entre avril et juin, les banques doivent appliquer un taux maximal de 2,51 % pour les emprunts immobiliers sur 20 ans et plus.

« Les personnes dont les revenus atteignent 40 000 ou 50 000 € par an peuvent être pénalisées. Si le taux de crédit s’élève à 2 %, en ajoutant différents frais, comme ceux liés à l’assurance, au dossier et aux garanties, le taux annuel effectif global peut vite dépasser 2,51 % », précise la porte-parole de Vousfinancer.

Les banques vont-elles cesser d’appliquer la recommandation du HCSF ? « Nous regarderons si ces mesures sont encore pertinentes du fait de la crise, a indiqué au Figaro Julien Denormandie, ministre chargé chargé de la Ville du logement. Il ne faut pas mettre les emprunteurs en risque, mais pas non plus afficher une prudence démesurée. »

L’exclusion de nombreux candidats de l’accès au prêt immobilier et donc à l’achat risque de persister.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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