Immobilier : les prix ne vont pas chuter à Paris, malgré une baisse de 1 % en novembre

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Vue de Paris, immeuble
© Brasil2

L’effondrement n’est pas en cours. Certes, selon une étude publiée mercredi 1er décembre par MeilleursAgents, les prix de l’immobilier ancien ont diminué de 1 % en novembre à Paris par rapport au mois précédent, pour atteindre 10 275 € par mètre carré en moyenne, mais cette tendance ne marque pas le début d’un krach.

Un repli de ce niveau en un mois est inédit « depuis 2014 », une « époque où le marché immobilier » se trouvait dans « un cycle baissier », affirme la marque d’estimation. La tendance à la baisse concerne toutes les catégories de logements. Les prix ont baissé de 1 % pour « les petites surfaces », de 0,9 % pour « les grandes ».

« Loin d’être anodin, ce net recul des prix ramène Paris à ses niveaux d’avant la crise sanitaire », explique MeilleursAgents. En janvier 2020, un mètre carré était vendu 10 300 € en moyenne dans la Ville Lumière. Une « euphorie acheteuse » avait permis un bond des prix « à la sortie du premier confinement » et jusqu’à la fin du mois d’août de l’année dernière. Depuis, les prix ont baissé de 3,5 %. Les personnes à la recherche d’un bien à acquérir sont « en quête d’espace, de pouvoir d’achat et de verdure ».

Stabilité des prix, selon les notaires

Dans un dossier paru le 22 novembre, les chambres des notaires du Grand Paris montrent une stabilité des prix dans la capitale au troisième trimestre par rapport à la même période de 2020. « Les prix stagnent et oscillent, depuis un an et demi, entre 10 600 et 10 800 € le mètre carré. D’après nos indicateurs avancés sur les avant-contrats, cette tendance se prolongerait d’ici janvier 2022 », fait savoir la Chambre des notaires du Grand Paris.

Homelyoo a constaté, dans un document mis en ligne vendredi, une progression des prix à Paris de 1,1 % en novembre par rapport à octobre, sous l’effet notamment d’une baisse de l’offre pour le deuxième mois consécutif. Ce réseau spécialisé dans la recherche de biens immobiliers pour des candidats à l’acquisition s’est fondé sur les annonces publiées en ligne, y compris des annonces de biens de luxe ou de prestige.

« Légère correction des prix qui avaient atteint un plafond de verre »

« Mais si on met de côté ce segment, une baisse est bien à l’œuvre dans les quatre ou cinq villes les plus payées de France, dont Paris, et elle va se confirmer dans les prochains mois », analyse Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers (Imsi).

« Il y a une légère correction des prix qui avaient atteint un plafond de verre : elle se fait sur des bases très élevées. La solvabilisation par les taux d’intérêt bas ne peut plus exister. D’ailleurs, les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui doivent devenir des exigences contraignantes à partir du 1er janvier 2022, vont rendre la distribution du crédit plus difficile », observe Henry Buzy-Cazaux.

Les personnes qui habitent dans ces grandes villes cherchant à acquérir un bien devant leur servir de résidence principale « ont détourné le regard vers les villes moyennes et vers les couronnes périphériques », provoquant « une meilleure répartition des grands équilibres territoriaux », note Henry Buzy-Cazaux dans un entretien à Dossier Familial. Mais « les ménages ne vont pas quitter massivement Paris ».

Aucune chute des prix n’est à venir, mais plutôt une poursuite de la tendance à la modération, selon lui. Les craintes liées à la situation sanitaire comme les incertitudes liées aux élections présidentielle et législatives vont faire de 2022 un « millésime de modération », anticipe Henry Buzy-Cazaux, qui prévoit donc une accalmie de la progression des prix comme du nombre de transactions.

Un repli de 2,7 % pour aboutir à un prix en deçà de 10 000 €

À en croire MeilleursAgents, la question de savoir si la tendance à la baisse des prix de l’immobilier parisien est durable ne peut trouver de réponse pour le moment. « Si un retour » au seuil symbolique de « 10 000 € le mètre carré apparaissait difficile à croire il y a encore quelques semaines, l’accélération de ce mouvement pourrait changer la donne. Il suffirait d’un nouveau recul des prix de 2,7 % pour repasser sous ce seuil symbolique », explique la marque d’estimation. Une évolution à cette hauteur « pourrait se produire dans moins de trois mois si la pression baissière se poursuivait sur le même rythme qu’à l’heure actuelle ». Habituellement, « les mois de décembre et janvier » constituent « des périodes plutôt mornes du calendrier immobilier ». MeilleursAgents invite cependant à « attendre le printemps, période souvent déterminante et qui donne le ton de l’année, pour savoir si le phénomène est appelé à perdurer »

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