Immobilier : les conditions d’octroi de prêt sont durcies

Depuis janvier, il est plus difficile d’obtenir un prêt immobilier. Les banques doivent limiter la durée des prêts à 25 ans et ne plus prêter au-delà de 33 % d’endettement.

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© Pattanaphong Khuankaew

Dopée par des taux historiquement bas, la production de prêts immobiliers a bondi de 9,8 % par rapport à 2018. Dans l’ancien, 1,1 million de transactions ont été conclues, un record, et quelque 125 000 opérations dans le neuf. La durée moyenne d’emprunt s’est encore allongée, s’établissant à 21 ans et 6 mois, et 40 % des prêts ont été signés sur 25 ans, selon une étude de Meilleurtaux.com.

Pour éviter tout risque d’emballement et protéger les emprunteurs du surendettement, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), institution chargée d’exercer la surveillance du système financier, qui rassemble notamment le ministère de l’Economie et la Banque de France, a recommandé, en décembre dernier, aux banques d’être plus exigeantes dans l’octroi des prêts immobiliers.

Depuis janvier, les banques doivent limiter la durée des prêts à 25 ans, accroître leur vigilance sur l’apport des emprunteurs et ne plus prêter au-delà de 33 % d’endettement, c’est-à-dire que le rapport entre le montant du remboursement du crédit et le revenu net de l’emprunteur ne peut pas excéder 33 %.

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Les jeunes, les premiers touchés

Selon la porte-parole de Meilleurtaux.com, Maël Bernier, « ce sont les emprunteurs les plus faibles, c’est-à-dire les jeunes qui vont subir [ces mesures] de plein fouet. Aujourd’hui, ceux qui empruntent sur 25 ans et plus sont principalement les ménages qui accèdent pour la première fois à la propriété, qui ont peu d’épargne et surtout peu d’apport et qui devront donc puiser dans leur épargne personnelle quand il y en a ou de faire appel à la solidarité familiale quand cela est possible. Le nombre d’emprunteurs issu de cette catégorie va donc irrémédiablement baisser ».

Concernant le taux d’endettement de 33 % maximum, « ce sont encore les jeunes qui sont en première ligne », explique Maël Bernier. Le foyer moyen qui s’est vu accorder un prêt dont les mensualités dépassent les 33 % de ses revenus nets est âgé de 33 ans et gagne en moyenne 3 900 € nets par mois. « Ce niveau de revenus illustre bien que les banques n’ont pas fait n’importe quoi. Si le critère a été dépassé pour atteindre 35 voire 37 %, cela n’a été le cas que dans les foyers disposant d’un reste à vivre élevé ».

Profil de ceux qui ont emprunté sur 25 ans avec un endettement supérieur à 33%

Revenus du foyer emprunteur

3884 € nets par mois

Age de l'emprunteur

33,3 ans

Montant du prêt

247 079 €

Profil de ceux qui ont emprunté sur 25 ans avec moins de 5% d'apport

Revenus du foyer emprunteur

3003 € nets par mois

Age de l'emprunteur

32,4 ans

Montant du prêt

179 304 €

Source : Meilleurtaux.com

L’Observatoire des crédits aux ménages estime entre 100 000 et 130 000 le nombre de ménages qui pourraient être privés de crédit immobilier en 2020. Des chiffres contestés par la Banque de France qui a assuré dans un communiqué que « l’accès au crédit immobilier sera maintenu, sans le moindre doute. Le crédit immobilier continuera de croître en France, sur des bases plus saines et plus durables ».  

df
Sarah Corbeel
Publié le

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