Immobilier : l’engouement pour les maisons se confirme

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Agence immobilière, vitrine, annonces, passant
© Nicolas Guyonnet/Hans Lucas via Reuters Connect

C’est un secteur qui n’échappe pas à l’inflation. Au troisième trimestre, les prix de l’immobilier ancien ont crû de 7,4 % par rapport à la même période de 2020, après avoir progressé de 6,3 % au deuxième trimestre et de 6 % au premier trimestre sur un an, montrent les Notaires de France et l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans la dernière édition de leur indice commun, publiée mardi 23 novembre.

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Entre juillet et septembre, les prix de l’immobilier ancien en dehors ont grimpé de 2 % par rapport au trimestre précédent, indiquent les « données provisoires corrigées des variations saisonnières » des notaires et de l’Insee, qui tiennent compte des prix dans la France entière à l’exception de Mayotte. L’augmentation avait atteint 1,9 % au deuxième trimestre et 1,2 % au premier trimestre.

« Depuis le quatrième trimestre 2020, la hausse est plus marquée pour les maisons (9 % en un an au troisième trimestre 2021) que pour les appartements (5,2 %), ce qui ne s’était pas produit depuis fin 2016 », précise le document.

Stagnation des prix des appartements à Paris sur un an

Les grands centres urbains perdent un peu de leur attractivité aux yeux des personnes à la recherche d’un bien à acquérir. D’ailleurs, les prix des appartements parisiens ont stagné sur un an. Ils ont augmenté de 0,8 % entre juillet et septembre, après avoir diminué de 0,4 % au deuxième trimestre et de 1,1 % au premier trimestre.

À rebours, en province, les prix des logements anciens, appartements et maisons confondus, ont bondi de 8,8 % entre le troisième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2021. Leur croissance a atteint 2,3 % entre juillet et septembre, après 2,4 % au deuxième trimestre et 1,5 % au premier trimestre.

Les zones rurales suscitent un intérêt croissant auprès des candidats à l’achat. En octobre, les prix de l’immobilier ancien ont le plus fortement progressé dans les communes rurales, à hauteur de 0,8 %, « contre seulement 0,1 % pour les dix plus grandes villes françaises hors Paris », indiquait MeilleursAgents dans une étude publiée le 1er novembre. Selon la marque d’estimation immobilière, les prix ont grimpé le mois dernier de 7,4 % dans les communes rurales durant les dix premiers mois de l’année, ce qui représente « près de 2,5 fois plus que les principales agglomérations de l’Hexagone ».

« Besoin de nature, d’indépendance et de télétravail »

« La pandémie a bousculé la hiérarchie de la hausse des prix, explique à Dossier Familial Barbara Castillo Rico, responsable des études économiques de MeilleursAgents. Les grandes villes étaient la locomotive du marché immobilier, ce n’est plus le cas. »

« Le télétravail s’est démocratisé massivement depuis la pandémie, il est pratiqué en moyenne un à deux jours par semaine. Les Français en quête d’un bien immobilier à acheter revoient leurs choix de localisation et cherchent des espaces verts, des jardins, des terrasses ou des balcons, plus faciles à trouver en zone rurale que dans les grandes villes », observe la responsable des études économiques de MeilleursAgents.

Parmi les zones rurales, MeilleursAgents en distingue trois : les zones péri-urbaines, rattachées à des métropoles mais que l’Insee considère comme rurales, les territoires comprenant de fortes proportions de résidences secondaires, enfin les communes plus isolées, correspondant à l’image traditionnelle de la ruralité. Les prix de l’immobilier ancien montent surtout dans les zones péri-urbaines et dans les zones regroupant des résidences secondaires.

Christopher Wangen, investisseur immobilier, conférencier et formateur, rappelle « le besoin de nature, d’indépendance et de télétravail », souligné par « la pandémie et par les confinements successifs »« Les directions des entreprises voient que le télétravail fonctionne parfaitement et permet de répondre à leur préoccupation de bien-être au travail », note Christopher Wangen dans un entretien à Dossier Familial.

« Parmi les maisons, la priorité est donnée à celles situées en bord de mer, à la montagne et pourvues de jardins, proches d’une gare ou d’un aéroport », observe l’investisseur. « La Bretagne et Côte d’Azur peuvent répondre à plusieurs de ces critères et sont des exemples parfaits de hausse des prix des maisons. »

« Désamour pour les grandes villes »

« La crise sanitaire a révélé de nouveaux comportements immobiliers, notamment des déplacements des grands centres métropolitains vers des communes de plus petite taille et cela jusque dans des départements limitrophes », rappelaient les Notaires de France dans un document paru le 29 octobre.

Mais, tempéraient les Notaires, « il n’y pas d’exode urbain à ce jour. La tendance constatée ne concerne qu’une partie de la population en capacité de s’organiser, tant personnellement que professionnellement. Elle n’intéresse pas la majorité de la population française et, corrélativement, pas non plus celle des accédants à la propriété. »

Selon Barbara Castillo Rico, dans les mois à venir, les prix vont continuer à augmenter dans les zones rurales. Signes du « désamour » pour les grandes villes, « les indicateurs de tension immobilière y restent stables ou baissent, tandis que les délais de vente se rallongent », note la cadre de MeilleursAgents.

Les difficultés de la construction neuve jouent en faveur des maisons anciennes. Les confinements ont ralenti le parcours des permis de construire (demande d’un permis initial, demande de permis modificatifs, recours des tiers) nécessaire pour mener à bien un projet dans le neuf, en plus de la recherche d’un terrain, d’un crédit bancaire et du travail de construction, relève Christopher Wangen. Ce qui pourra pousser les prix des maisons anciennes dans les mois ou années à venir.

En outre, « des petits constructeurs de maisons individuelles connaissent des difficultés en raison de l’augmentation des prix et des délais d'approvisionnement des matières premières comme le béton, l’acier et le bois », remarque l’investisseur. Pour lui, cette flambée est susceptible d’avoir un impact en 2022 et l’année suivante sur les prix des maisons anciennes.

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