Logement : le plan du gouvernement pour aider les Français face à l'inflation

Contenu ajouté à votre liste de lecture

Voir mes favoris

Contenu supprimé de votre liste de lecture

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
fizkes

C’est l’une des conséquences de l’inflation galopante : la hausse des prix des loyers. L’indice de référence des loyers (IRL), qui sert de base à leur révision annuelle pour les contrats de location en cours des logements vides et meublés, s’envole.

Calculé chaque trimestre à partir de la moyenne, sur les 12 derniers mois, de l’évolution des prix à la consommation (hors tabac et loyers), il a bondi de 2,48 % au premier trimestre 2022, selon l’Insee. Du jamais vu depuis fin… 2008 ! Et ce n’est qu’une étape, puisque l’IRL pourrait atteindre 5,5 % d’ici la fin de l’année et être encore plus élevé au cours du premier trimestre 2023.

Un « bouclier loyer » pour plafonner la hausse à 3,5 % pendant un an

Pour éviter une flambée des loyers, le gouvernement propose de plafonner la hausse des loyers à 3,5 % maximum, pendant un an. Le dispositif, nommé « bouclier loyer », sera soumis, ce lundi 27 juin à 14h30 à l’avis du Conseil national de l’habitat (CNH), instance regroupant les acteurs du logement, et inscrit dans le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2022, qui sera présenté en Conseil des ministres le 6 juillet prochain et soumis au vote du Parlement dans la foulée. Il devrait s’appliquer pour les deux derniers trimestres de 2022 et les deux premiers trimestres de 2023.

L’exécutif assure avoir choisi « une solution équilibrée », en tenant compte des contraintes des propriétaires et de celles des locataires, selon des sources aux ministères de l’Economie et de la Transition écologique. « On ne pourra pas dépasser les 3,5%, alors que si on regarde aujourd'hui le niveau d'inflation, on pourrait avoir du 4 %, 5 %, 6 %. C'est bien une protection que nous garantissons aux Français », a déclaré ce lundi matin le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur BFMTV qui considère que « ce bouclier loyers est le meilleur compromis pour tous ».

Je loue un logement : le guide pratique

Une « check-list » pour ne rien oublier, des outils pratiques et tous les articles utiles

Je loue un logement : le guide pratique

Mais la mesure ne satisfait pas les associations de défense des locataires, qui réclamaient un gel des loyers durant un an dès le 1er juillet. « Avec un taux à 3,5 %, cela représente, pour un loyer de 600 euros par mois, une augmentation de 21 euros maximum par mois, soit 252 euros par an. Ce qui est loin d’être une somme négligeable », déplore auprès de Merci pour l'info David Rodrigues, juriste en charge du logement à l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). « C’est une baisse de pouvoir d’achat pour les locataires, alors qu’un gel des loyers aurait simplement causé un manque à gagner aux bailleurs », explique-t-il.

De plus, « on ne fait aucun geste pour les locataires de juillet, puisque la fixation à 3,5 % de l’évolution des loyers correspond à la valeur attendue de l’IRL du deuxième trimestre qui sera publiée le 15 juillet prochain. L’effectivité de la mesure est donc reportée au mois d’octobre », poursuit le juriste, qui espère que l’examen du projet de loi au Parlement aboutira à « quelque chose de plus ambitieux ».

Une revalorisation des APL de 3,5 % dès juillet

En parallèle du « bouclier loyer », les aides au logement (APL, ALS et ALF) versées par les Caisses d’allocations familiales et la Mutualité sociale agricole (MSA) devraient être revalorisées par anticipation de 3,5 % dès le 1er juillet, et non le 1er octobre comme le prévoit le calendrier habituel. Ce coup de pouce, qui représente pour l’Etat une dépense supplémentaire de 168 millions d’euros, sera « temporaire, parce que le pic d’inflation est temporaire » et sera ciblé sur « les ménages, les jeunes, les familles qui en ont le plus besoin », a précisé le locataire de Bercy sur BFMTV.

« C’est une très bonne nouvelle mais cela ne compensera pas l’intégralité de la hausse des loyers », réagit David Rodrigues. Pour une aide de 200 euros, cela représente une augmentation de 7 euros. Or, la hausse des loyers peut aller de 20 à 40 euros suivant le lieu d’habitation ».

Pour rappel, les APL n’avaient augmenté que de 0,42 % en octobre 2021, après trois années de gel et de sous-indexation.

Sujets associés

POUR ALLER PLUS LOIN