Emprunt immobilier : les taux d’intérêt remontent

Les taux d’intérêt des prêts immobiliers ont augmenté en mai, pour atteindre en moyenne 1,27 % dans l’ancien, constate l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

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Crédit immobilier
Les taux de crédit immobilier ont augmenté en mai. © Natee Meepian

Souscrire un emprunt immobilier coûte de plus en plus cher. Les taux d’intérêt exigés par les banques dans ce cadre ont progressé en mai, affirme l’Observatoire Crédit Logement/CSA dans une étude publiée mercredi 3 juin.

Le taux moyen a atteint 1,25 % en moyenne le mois dernier, contre 1,18 % en avril, hors le coût de l’assurance emprunteur et des sûretés réclamées par les banques à titre de garanties. Dans le détail, pour un achat immobilier dans l’ancien, la rémunération moyenne s’est établie à 1,27 % en mai, contre 1,2 % le mois précédent. Pour l’acquisition d’un bien neuf, le taux moyen s’affiche à 1,26 %, contre 1,19 % en avril.

La récession a un sévère impact sur les conditions d’octroi de crédit immobilier. Les prêteurs craignent davantage de perte d’emploi ou de revenus chez les emprunteurs, des situations propres à accroître le risque de défaut de paiement. Les banques se soumettent en outre aux recommandations faites en décembre 2019 par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui préconise une durée de crédit maximale de 25 ans et surtout un taux d’endettement ou d’effort de 33 %.

Apport plus élevé

Nombre de personnes souhaitant acheter un bien immobilier sont donc susceptibles d’être exclues de l’accès à un financement, d’autant que les banques sont plus exigeantes en matière d’apport. Parallèlement à « la chute de la production de crédits » en raison du confinement, « la part des emprunteurs les moins bien dotés en apport personnel [...] a encore reculé ». « Le niveau de l’apport personnel s’accroît depuis le début de l’année », à hauteur de 13,2 % sur les cinq premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2019, « un rythme que l’Observatoire n’avait pas encore eu à connaître ».

Autre signe du durcissement des conditions de crédit : l’allongement de la durée moyenne des prêts. Cette durée « s’est établie à 230 mois », en hausse de deux mois par rapport au début de la crise sanitaire. Elle « était restée à peu près stable durant toute l’année 2019 et le premier trimestre 2020 (de l’ordre de 228 mois, en moyenne), au-delà des fluctuations constatées un mois sur l’autre », rappelle l’étude.

Dans ce contexte, les emprunteurs les plus modestes sont pénalisés par le niveau des taux d’usure, les plafonds maximaux jusqu’auxquels les banques peuvent faire crédit. Depuis le 1er avril et jusqu’au 30 juin, pour un prêt immobilier sur 20 ans et plus, le seuil atteint 2,61 %.

Pas de bond des taux à court terme, incertitudes sur l’évolution des prix

Les banques vont-elles faire bondir leurs taux à court terme? MeilleursAgents en doute. « Avec une politique monétaire accommodante et une concurrence bancaire accrue, les taux d’emprunt ne devraient pas augmenter significativement, anticipe la plateforme d’estimation dans une enquête diffusée lundi. Ils continueront d’offrir des conditions de financement et un pouvoir d’achat exceptionnels aux acquéreurs. »

Depuis la sortie du confinement le 11 mai, le marché immobilier ne s’est pas effondré, explique l’entreprise, qui évalue à 160 000 le nombre de transactions qui n’ont pu avoir lieu durant cette période commencée le 17 mars. Au cours du mois de mai, les prix ont marqué « une certaine stabilité », analyse MeilleursAgents. Les montants ont baissé dans six des onze villes de France les plus peuplées, à hauteur de 0,1 % à Bordeaux, Nantes et Nice, de 0,2 % à Montpellier et de 0,5 % à Rennes. Les prix ont diminué de 0,1 % à Paris. Les montants ont progressé de 0,6 % à Lyon et à Toulouse, de 0,4 % à Lille, « dans des proportions moindres qu’avant » la crise sanitaire, selon les calculs du site.

Cette situation « ne laisse malheureusement en rien augurer de la suite », ajoute l’entreprise. Les prix de mai « résultent pour l’essentiel de négociations actées avant le début du confinement et ayant donné lieu à une signature définitive dans les premiers jours suivant la fin de ce dernier ». MeilleursAgents ne déduit pas des statistiques de mai « une tendance significative pour le long terme ». Les données de juin seront plus révélatrices.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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