Appartements meublés : les loyers baissent grâce à la crise sanitaire

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
3mn de lecture
© Jean-Philippe Wallet

Entre les confinements successifs, le télétravail et les restrictions aux frontières, le marché de l’immobilier dans les grandes villes subit lui aussi la crise sanitaire.

Le marché des locations de courte durée très impacté

Les locations meublées pour des courts ou moyens séjours ont été rudement touchées par la crise sanitaire. Avec 500 millions de touristes internationaux en moins en Europe en 2020, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, les locations touristiques dans les grandes métropoles touristiques françaises sont loin d’avoir fait le plein. Et, entre les confinements, les restrictions géographiques et les vacances scolaires aléatoires, les Français non plus n’ont pas beaucoup réservé sur les plateformes Airbnb, Abritel ou Booking… De même, les étudiants dont la vie sociale s’est réduite à des cours en visio, ont souvent préféré économiser le loyer d’un petit studio pour retrouver le confort et l’espace du foyer parental. Enfin, les voyageurs d’affaire, Français ou expatriés, grands amateurs de logements meublés pour leurs déplacements professionnels ou leurs mutations, ont cessé de parcourir le monde et l’Hexagone et sont devenus télétravailleurs...

Des propriétaires investisseurs acculés

En conséquence, les propriétaires qui avaient investi pour faire de la location meublée saisonnière sont donc contraints de changer de stratégie : certains choisissent de vendre car ils ne perçoivent plus de loyers et sont acculés par les échéances de crédits. Dans les secteurs en tension, le marché de l’immobilier accuse même une légère baisse, jusqu’à 2,5 % à Paris depuis septembre 2020.

Un boom des locations meublées

D’autres choisissent de remettre leur bien en location meublée classique et non plus saisonnière (le bail est alors d’une durée d’un an, renouvelable tacitement). Les biens étant déjà meublés, souvent de manière neutre pour plaire au plus grand nombre, la location meublée classique semble en effet l’option la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre… Au risque de saturer le marché avec ce soudain afflux d’offres. D’après les derniers chiffres de SeLoger, cités par Le Particulier, le nombre de biens meublés proposés à la location traditionnelle a ainsi doublé dans de nombreuses villes, et même quadruplé dans certaines régions, comme à Bordeaux qui enregistre une hausse de +402,3 % du nombre de biens meublés mis en location.

8 villes dans lesquelles le volume de mise en location a bondi

Villes

Evolution des meublés mis en location sur un an (mars 2021/mars 2020)

Bordeaux

402,30%

Boulogne-Billancourt

361,40%

Paris

290,40%

Mulhouse

219%

Annecy

207%

Rennes

199,50%

Nice

198,70%

Amiens

196,90%

(Source des données : SeLoger)

Une baisse des loyers dans le meublé comme dans le vide

Cette arrivée massive de biens meublés déséquilibre le marché et, avec plus d’offres que de demandes dans certaines villes, les locataires ont l’embarras du choix… Les propriétaires sont donc contraints de baisser leurs loyers pour trouver preneur et on peut ainsi observer un début de fléchissement du montant des loyers des appartements meublés ou vides : -0,90 % à Paris, -1,40 % à Bordeaux et même -2,90 % à Nantes.

8 villes dans lesquelles les loyers ont nettement chuté sur un an

Villes

Loyer moyen au m² (hors charges)

Evolution sur un an (mars 2021/mars 2020)

Mulhouse

9,90 €

-5,40%

Nantes

14,48 €

-2,90%

Annecy

17,22 €

-2%

Saint-Etienne

8,96 €

-1,60%

Bordeaux

18,84 €

-1,40%

Boulogne-Billancourt

28,86 €

-0,90%

Paris

34,36 €

-0,90%

Villeurbanne

16,11 €

-0,80%

(Source des données : Se Loger)

D’autres solutions pour les propriétaires

Vendre ou repasser en location meublée classique ne sont pas les seules options pour ces propriétaires aux abois. Pour que leur investissement continue à être rentable, ils peuvent aussi mettre leur logement meublé à disposition d’une association pour y loger des familles modestes. Ils bénéficieront ainsi de réductions d’impôts importantes – jusqu’à 85 % des revenus locatifs , avec des loyers sécurisés payés par l’association, même entre deux locataires, et des garanties d’Etat pour les impayés et les dégradations.

A lire aussi