Violences contre les femmes et les enfants : que faire pendant le confinement ?

Le confinement à domicile fait craindre une hausse des violences vis-à-vis des femmes et des enfants. Les acteurs de la justice et de l’aide aux victimes restent mobilisés. Que vous soyez victime ou témoin, vous pouvez agir. Voici les numéros et plateformes à contacter.

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6mn de lecture
© Serghei Turcanu

C’était l’une des conséquences redoutées du confinement : la hausse des violences conjugales et des actes de maltraitance infantile. Enfermés 24 heures sur 24, les maris et compagnons violents risquent de plus facilement passer à l’acte. En une semaine, les signalements pour violences conjugales ont augmenté de 32 % en zone de gendarmerie et de 36 % dans la zone de la Préfecture de police de Paris, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur.

« On a énormément de remontées de violences conjugales et aussi les enfants qui au bout de la chaîne s’en prennent plein la figure, quand ça craque », a alerté sur Europe 1 Rodrigo Arenas, co-présient de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves. « Plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales en France. Le confinement accentue le risque d’être victimes d’injures, de coups et de viol », mettait aussi en garde, dès le 21 mars, le collectif NousToutes sur Twitter.

Conscients des dangers, les acteurs de la justice et de l’aide aux victimes restent mobilisés pour les protéger. La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a également annoncé de nouvelles mesures durant le confinement.

Le traitement judiciaire des violences conjugales et intrafamiliales est maintenu

Depuis lundi 16 mars, les tribunaux sont fermés au public mais les services qui assurent le traitement des contentieux essentiels sont maintenus. Parmi ceux-ci, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a mentionné tous ceux donnant lieu à des comparutions ou audiences relatives aux mesures de protection urgentes des victimes de violences intrafamiliales, et à celles conduisant à l’éloignement de la personne mise en cause, par le prononcé d’une éviction du domicile familial ou d’une interdiction d’entrer en contact avec la ou les victimes.

"Masque 19" : le dispositif d'alerte dans les pharmacies

Comme il n’est pas facile pour les victimes de violences d’appeler à l’aide depuis chez elles, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé la mise en place d’un dispositif d’alerte dans les pharmacies.

Il suffit de prononcer le code « Masque 19 » au pharmacien pour que celui-ci appelle les forces de l’ordre. Un dispositif similaire a déjà mis en place en Espagne.

Des points d'accueil éphémères dans certains centres commerciaux

La secrétaire d'Etat, Marlène Schiappa, a également annoncé l’ouverture de points éphémères d’accompagnement, d’écoute et d’orientation à l’entrée de supermarchés et d’hypermarchés dans 10 puis 20 villes en France. Créés « en partenariat avec des associations locales, les services de l'État et Unibail-Rodamco-Westfield, gestionnaire de centres commerciaux », ces points d'accompagnement éphémères seront installés dans des locaux « permettant la confidentialité mais assez vastes pour accueillir les femmes en respectant les mesures barrières », a-t-elle détaillé dans Le Parisien.

Le dispositif sera d’abord testé à Paris et en région parisienne (So Ouest à Levallois-Perret, 4 Temps à la Défense, Carré Sénart à Lieu-Saint en Seine-et-Marne, Forum des Halles à Paris) avant d'être étendu « dans un deuxième temps, à Dijon, Rennes, Lyon… là où il y a un hypermarché ouvert ».

Qui contacter en cas de violences conjugales ?

  • Le 39 19 (Violences Femmes Info) : un numéro d’écoute et d’accompagnement

Cette plateforme d’écoute téléphonique est destinée aux femmes victimes de violences ainsi qu’à leur entourage et aux professionnels concernés. Gratuite et anonyme (l’appel ne figure pas sur les factures de téléphone), elle est ouverte pendant la période du confinement du lundi au samedi de 9h à 19h. Elle garantit une écoute, une information et, en fonction des demandes, une orientation adaptée vers les dispositifs locaux d’accompagnement et de prise en charge. Attention, le 3919 n’est pas un numéro d’appel d’urgence. Dans ce cas, il faut directement appeler la police ou la gendarmerie, en composant le 17 ou le 112.

  • Les Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF)

Les 106 CIDFF continuent à prendre en charge et à conseiller les femmes victimes de violences conjugales. Les rendez-vous psychologiques et juridiques sont annulés physiquement mais les CIDFF restent joignables par mail et/ou par téléphone. Les hébergements d’urgence dont disposent les CIDFF restent fonctionnels. Les modalités de contact mises en place par votre CIDFF pendant cette période de confinement sont disponibles sur ce document en ligne. Vous trouverez également les coordonnées de votre CIDFF sur le site www.infofemmes.com.

Mise en place par le gouvernement, elle reste active 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et permet de dialoguer avec des forces de l’ordre formées aux violences sexistes et sexuelles de manière anonyme et sécurisée. C’est le canal à privilégier avec le 17 en cas de violences.

  • L’application mobile App’elles

Gratuite et disponible sur GooglePlay et l’AppleStore, l’application mobile propose trois services : alerter, joindre les services d’urgences et informer. Elle vous permet de déclencher en toute discrétion un appel vers trois proches de confiance dont les noms auront été préenregistrés ainsi que vers le 112 et le 114. Dès que l’appli-alerte est déclenchée, vous êtes géo-localisée. La conversation et/ou les bruits environnants sont enregistrés, même si vous ne pouvez pas parler.

  • Le 17 pour joindre la police en cas d’urgence
  • Le 114 (numéro d’appel d’urgence pour les sourds et malentendants)

Vous pouvez alerter les secours en envoyant un SMS au 114.

  • Le 112

C’est le numéro d’urgence européen. Accessible gratuitement partout dans l’Union européenne, il concerne toutes les urgences (médicales, incendies, police…).

  • Le 115

Ce numéro gratuit vous oriente vers un centre d’hébergement d’urgence. S’il n’y a plus de places, des hôtels sont mis à disposition pour accueillir les femmes en situation de danger.

Qui contacter en cas de violences sur les enfants ?

 

  • Le 119

Gratuit et anonyme (il ne figure pas sur les factures de téléphone), le numéro d’appel pour l’enfance en danger continue à être joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Si les appels d’enfants restent prioritaires, les témoins, même auditifs, sont vivement invités à composer le 119.

  • Les associations de protection de l’enfance

Elles restent à l’écoute pour fournir des conseils ou des orientations vers les services compétents. Vous pouvez joindre :

    • La Voix de l’enfant au 01 56 96 03 00
    • L’enfant bleu – Enfants maltraités au 01 56 56 62 62
    • Colosse aux pieds d’argile au 07 50 85 47 10
    • Stop maltraitance / Enfance et partage au 0 800 05 1234

En cas de danger grave et immédiat, avec nécessité d’une intervention sur place, il convient de contacter les services de première urgence : la police au 17, les pompiers au 18 ou au 112, le Samu au 15.

Les voisins aussi peuvent agir ! Si vous entendez des cris, taper sur les murs, les sols, prévenez immédiatement les forces de l’ordre.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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