Retour à l’école à partir du 11 mai : ce que recommande le conseil scientifique

Face au risque de rebond de l’épidémie de Covid-19, le groupe mené par Jean-François Delfraissy préconise de nombreuses mesures, impliquant une lourde réorganisation des établissements, fermés sauf exceptions depuis le 13 mars.

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Dans une école à Nice, le 22 avril.
Dans une école à Nice, le 22 avril. © Eric Gaillard - Reuters

Edouard Philippe va-t-il faire appliquer les strictes recommandations du conseil scientifique sur le retour à l’école à partir du 11 mai ? Dans un discours très attendu suivi d’un débat et d’un vote, le Premier ministre doit détailler, mardi 28 avril à l’Assemblée nationale, les modalités de la sortie du confinement, imposé pour limiter la propagation du coronavirus.

Favorable à un retour à l’école en septembre, le groupe, chargé d’éclairer l’exécutif dans la crise sanitaire, souligne, dans un avis publié vendredi, avoir « pris acte de la décision politique de réouverture prudente et progressive des établissements », annoncée le 13 avril par Emmanuel Macron. La plupart des établissements scolaires avaient fermé un mois plus tôt, ceux encore ouverts accueillant les enfants de certains professionnels à la fonction indispensable dans la crise sanitaire, notamment de soignants.

Comme le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, l’a indiqué, le retour à l’école sera volontaire : les familles qui le veulent pourront maintenir leur enfant à leur domicile, mais en poursuivant la pratique de l’enseignement à distance. « Un principe de volontariat » auquel le conseil scientifique est « favorable ».

Face au risque de rebond de l’épidémie, le groupe présidé par Jean-François Delfraissy fait des préconisations visant à protéger la santé des 12 875 650 élèves et des personnels des établissements scolaires, dont 870 900 enseignants, et de tous les habitants du pays.

Information des enfants, formation des enseignants

Des informations concernant la distanciation sociale, les gestes barrières et l’hygiène manuelle doivent être apportées aux élèves le jour de la rentrée, par exemple par l’intermédiaire de « jeux » ou de « vidéos », envisage le conseil scientifique.

Les personnels doivent suivre une formation, relative « aux mesures barrières, aux règles de distanciation sociale et au port du masque pour eux-mêmes et pour les enfants ».

Organisation des entrées et des sorties

Pour éviter la présence massive de personnes, le conseil scientifique évoque des changements en matière des entrées et des sorties des écoles. « Les horaires d’arrivée et de sortie des classes pourront par exemple être échelonnés pour que les élèves d’un même niveau ne croisent pas les élèves d’un autre niveau », explique le groupe.

Toujours pour éviter les regroupements massifs, le conseil scientifique souhaite que « les enfants mangent dans la salle de classe à leur table », si une telle mesure est « possible ». Une adaptation des récréations est nécessaire. L’offre de transports scolaires doit être multipliée.

Lavage des mains

Pour le conseil, chaque élève et membre du personnel doit pouvoir se laver les mains, ce qui requiert la mise à disposition d’eau, de savon liquide et de papier à usage unique. 

Ces gestes d’hygiène sont exigés « au minimum à l’arrivée à l’école avant le début de la classe et à la fin des cours, avant et à la fin de chaque repas et chaque fois que les mains auront pu être souillées par les liquides biologiques », ainsi après un passage aux toilettes ou un éternuement.

Des solutions hydroalcooliques peuvent être fournies au élèves, mais uniquement à partir de la classe de 6e.

Distanciation sociale

La distanciation sociale, d’au moins 1 mètre, doit être respectée au sein des établissements pour « éviter les contacts directs, une contamination respiratoire et par gouttelettes », explique le conseil scientifique.

Le groupe est néanmoins « conscient de la difficulté que cela représente, notamment pour les classes de maternelle ».

Selon le conseil scientifique, dans l’hypothèse où l’espace manque pour faire appliquer la distanciation sociale, les établissements doivent prévoir un « rythme auquel ils peuvent accueillir les enfants dans de bonnes conditions sanitaires (un jour sur deux, une semaine sur deux, le matin versus l’après-midi, etc.) ».

Port du masque

À partir du collège, les personnels et les élèves sont tenus de porter un masque artisanal ou grand public, estime le conseil scientifique.

« Lorsqu’ils ne peuvent pas porter de masque, notamment pendant les repas, les élèves et le personnel des établissements scolaires devront s’organiser pour respecter la règle de distanciation sociale », ajoute le groupe.

Nettoyage des salles

Le conseil scientifique prône la réalisation « plusieurs fois par jour » d’un « bionettoyage » des établissements. Les agents d’entretien doivent insister « sur les zones fréquemment touchées (poignées de porte, interrupteurs, par exemple) ».

« Le bionettoyage de la classe sera renforcé si un élève est testé positivement pour le Covid-19 », précise le conseil scientifique. Les salles de classe doivent être aérées, « en particulier lors des temps de pause ».

Eviction des enfants présentant un symptôme

Un enfant présente un symptôme du Covid-19 ? Il doit être évincé de façon « immédiate » de l’établissement, considère le groupe.

Ses parents doit faire pratiquer « un test de dépistage » avant le retour de l’enfant à l’école.

« En cas de doute sur les symptômes d’un enfant, une prise de température pourra être réalisée par un enseignant ou l’infirmière scolaire », indique le conseil, sans demander une « prise systématique de la température des élèves ».

Dépistage dans l’établissement en présence d’un cas avéré

Si un cas d’infection est identifié chez un enfant, un dépistage est mené auprès soit des autres élèves de sa classe, soit « de toutes les classes du même niveau en fonction de l’organisation retenue par l’établissement ». Un « psychologue » est présent.

D’autres mesures sont à mettre en œuvre, selon le conseil scientifique : la classe ou toutes les classes du même niveau ferment, les élèves infectés sont évincés de l’établissement pendant 14 jours.

Une réflexion pour les lycées professionnels et des élèves en situation de handicap

Le groupe invite à mener « une réflexion spécifique » en vue « d’organiser l’enseignement technique (travaux pratiques en atelier) pour qu’il permette le maintien de la distanciation sociale et évite le partage des postes de travail ».

Une autre réflexion doit porter sur l’accueil des élèves handicapés. Pour le conseil, il faut « adapter l’information et l’apprentissage des règles barrières » à l’attention de ces enfants.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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