Proches aidants : un congé indemnisé pour les salariés, les indépendants et les agents publics

Le versement d’une allocation journalière figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’année prochaine, présenté mercredi en Conseil des ministres.
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Le congé de proche aidant actuel n’est pas indemnisé.
Le congé de proche aidant actuel n’est pas indemnisé. © Evrymmnt

C’est une victoire pour les associations. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PFLSS) pour 2020, qui doit être présenté mercredi 2 octobre en Conseil des ministres, crée un congé de proche aidant indemnisé au bénéfice des salariés, des travailleurs indépendants et des agents publics.

Le montant atteindra « un niveau équivalent à celui de l’allocation journalière de présence parentale », qui s’élève actuellement à 43,7 ou à 51,92 €, précisent les ministères des Solidarités et de la santé et de l’Action et des comptes publics dans leur dossier de presse consacré au texte.

Les caisses d’allocations familiales (CAF) et les caisses de la Mutualité sociale agricole (MSA) seront chargées de verser les sommes dues à partir de la mise en place du dispositif, « d’ici octobre 2020 ».

Un dispositif en vigueur « méconnu et non indemnisé »

« Même si la durée de l’indemnisation est limitée à 3 mois pendant toute la durée de la carrière, le congé constitue un progrès énorme pour les aidants », salue la présidente de l’Association française des aidants, Florence Leduc.

Le congé de proche aidant en vigueur, créé par la loi du 28 décembre 2015 sur l’adaptation de la société au vieillissement, « est méconnu et non indemnisé », nous explique-t-elle. « Des gens qui y auraient droit renoncent à l’utiliser, remarque Florence Leduc. À la place, ils prennent des jours de RTT ou des congés payés. » Certains aidants, en particulier des femmes, sont contraints de cesser toute activité professionnelle.

« Longévité de plus en plus importante »

« Compte tenu de la longévité de plus en plus importante des personnes souffrant d’une maladie chronique ou d’un grand handicap, continuer à travailler est vital pour les proches, qui ainsi continuent à être rémunérés, se sentent utiles et voient du monde », affirme la présidente de l’Association française des aidants.

Le paiement de l’allocation « ouvrira des droits à la retraite », souligne le gouvernement. « C’est très important, observe Florence Leduc. Dans les situations plus terribles, certaines personnes arrivent à l’âge de la retraite sans presque rien pour vivre. »

df
Timour Aggiouri
Publié le