Les multiples formes des violences économiques au sein du couple

Le président du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, souhaite faire adopter une proposition de loi contre les violences et les inégalités économiques.

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Violences économiques
© EmirMemedovski

L’information met en lumière les violences économiques, un aspect méconnu des violences au sein du couple. Le chef des députés La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, a annoncé la présentation par son groupe politique d’une proposition de loi pour lutter contre les violences et les inégalités économiques, qui doit être déposée la semaine du 8 mars, date de la Journée internationale des droits des femmes.

« Quand votre conjoint détourne vos revenus ou votre carte bancaire, qu’est-ce qu'il vous reste comme autonomie ? », a fait mine de s’interroger l’ancien ministre de l’Intérieur, dans un entretien au Parisien, mis en ligne samedi 13 février.

« Nous voterons donc l’obligation de versement du salaire sur un compte bancaire au nom du salarié ou sur un compte commun, sans possibilité de le verser sur le compte d’un tiers, comme c’est le cas aujourd’hui », a indiqué Christophe Castaner.

Le texte, que portera la députée LREM Marie-Pierre Rixain, prévoira en outre que « des places en crèche seront réservées aux familles monoparentales bénéficiaires de l’allocation de soutien familial ».

Un facteur d’aggravation de la violence conjugale

Jusqu’en 1965, les violences économiques au sein du couple étaient inscrites dans la loi. Une femme mariée devait disposer de l’autorisation de son conjoint pour ouvrir un compte bancaire et exercer une activité professionnelle, rappelle la Global Thinking Foundation dans un guide sur les violences domestiques à vocation européenne, relayé par le Centre Hubertine Auclert, Centre francilien pour l’égalité femmes-hommes (à télécharger ici).

Le droit a changé, le taux d’activité des femmes est désormais proche de celui des hommes. Mais les cas de violences économiques restent nombreux. « Les diverses enquêtes montrent que la violence économique est présente dans la majorité de cas de violence conjugale », explique cette fondation installée en Italie. La violence économique constitue un facteur d’aggravation de la violence conjugale : « elle amplifie l’atteinte volontaire à l’intégrité psychologique de l’autre, créant ainsi une emprise, un conditionnement dont il est difficile de sortir lorsqu’on en est victime », précise la Global Thinking Foundation. 

L’homme retire à la femme son autonomie financière, en utilisant par exemple les moyens suivants :

  • contrôler l’argent et son utilisation par sa conjointe, partenaire ou concubine, y compris quand celle-ci travaille et perçoit des revenus tirés de son activité ;
  • menacer en permanence de refuser l’accès aux ressources économiques du foyer ;
  • imposer une interdiction de travailler.

Les quatre phases de « l’escalade » des violences économiques

La Global Thinking Foundation distingue quatre phases fréquentes dans « l’escalade » dans les situations de violences économiques.

Première phase

La structure évoque à titre de signes de la première phase le fait pour un homme de s’occuper en exclusivité de la gestion du compte bancaire joint ou encore de s’occuper des investissements et des opérations extraordinaires sans jamais demander son avis à l’autre.

Deuxième phase

À ce stade, l’homme peut :

  • reconnaître une rémunération périodique à sa femme, partenaire ou concubine et exercer un contrôle sur sa gestion ;
  • exiger des relevés détaillés de chaque dépense ;
  • nier à l’autre l’accès aux comptes courants et à la gestion du budget familial ;
  • lui cacher le montant des revenus du foyer.

Troisième phase

Les violences économiques peuvent alors recouvrir différentes situations, telles que les suivantes :

  • donner à sa conjointe, partenaire ou concubine exclusivement l’argent pour les courses de la famille, de façon hebdomadaire ou mensuelle, et de manière souvent insuffisante ;
  • ne pas fournir les ressources pour les médicaments ou les soins médicaux ;
  • empêcher l’autre d’utiliser les moyens de paiement, voire les lui soustraire.

Quatrième phase

Dans la dernière phase de « l’escalade », les situations peuvent avoir les plus lourds effets économiques et psychologiques. Il peut s’agir pour l’homme de :

  • dilapider le patrimoine de la famille ou de sa conjointe, partenaire ou concubine ;
  • faire endetter l’autre pour des achats de biens mis au nom de l’homme ;
  • faire signer à sa conjointe, partenaire ou concubine des chèques sans provision ;
  • vider le compte courant en vue de la séparation.

Des conseils pour limiter les répercussions des violences économiques

La Global Thinking Foundation recommande différentes pratiques pour limiter les répercussions des violences économiques, par exemple :

  • posséder un compte courant personnel et, si possible, un salaire mensuel dont disposer librement ;
  • exiger de discuter et de partager les choix économiques concernant le foyer ;
  • connaître le niveau exact des revenus et des dépenses du foyer ;
  • ne jamais se mettre en position de mendier pour satisfaire ses propres besoins, surtout les plus essentiels ;
  • ne jamais signer des documents présentés comme bancaires ou d’assurance sans connaître leur nature et leur utilité.

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