Les enjeux du Grenelle des violences conjugales

Différentes réformes doivent être annoncées au cours de cet événement, premier du genre en France, qui commence mardi.
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En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.
En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. © fizkes

La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, ouvre mardi 3 septembre à Matignon le Grenelle des violences conjugales, une date choisie pour donner de la visibilité au numéro d’aide 3919*.

L’exécutif compte mettre en avant son action lors de l’événement, premier du genre en France. Mardi en début d’après-midi, le Premier ministre, Edouard Philippe, doit annoncer des « premières mesures d’urgence visant à renforcer la protection des victimes », a indiqué à l’Agence France-Presse son entourage, précisant que « des mesures supplémentaires concertées de manière collective arriveront plus tard ».

La prévention des violences

Le Grenelle réunit plusieurs dizaines de personnes, notamment des responsables associatifs, des policiers, des gendarmes, des magistrats et des avocats.

Marlène Schiappa a dit dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui en France avoir aussi invité « des proches de victimes » décédées.

Selon l’Agence France-Presse, plusieurs membres du gouvernement dont Marlène Schiappa, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet et le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, doivent mener des réunions portant sur la prévention des violences, la « mise à l’abri et l’accompagnement » des victimes ou la « sanction » des auteurs.

Les doléances des associations

Les associations réclament l’ouverture de places d’hébergement supplémentaires (au moins 2 000) pour les femmes ayant fui le domicile conjugal, une meilleure prévention contre les violences sexistes à l’école ou encore la création d’instances judiciaires spécialisées, explique l’Agence France-Presse.

Autre doléance : une amélioration de la formation des policiers et gendarmes recueillant les plaintes des victimes.

Les associations souhaitent par ailleurs le lancement d’un plan consacré à la lutte contre les violences conjugales, à hauteur de 500 millions à 1 milliard €.

Marlène Schiappa a annoncé la mise en place d’un « fonds spécial » de 1 million € contre les féminicides, destiné à financer des associations, qui jugent ce montant insuffisant.

Les contributions des citoyens

Les citoyens peuvent transmettre leurs contributions à l’adresse électronique : grenelle@pm.gouv.fr.

Le Grenelle parisien s’accompagne d’une centaine d’autres rencontres en France. Il prendra fin le 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Marlène Schiappa a déjà admis que le Grenelle « n’est pas une baguette magique ».

En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint (qu’il y ait eu ou non une communauté de vie), selon le ministère de l’Intérieur. Les associations recensent 101 féminicides dans un cadre conjugal depuis le 1er janvier dernier, après la mort lundi d’une nonagénaire.

* Cette ligne est destinée à répondre aux appels de femmes victimes de violences ainsi qu’à leur entourage et aux professionnels concernés. Elle est ouverte 7 jours sur 7 (du lundi au vendredi de 9 heures à 22 heures, les samedis, dimanches et jours fériés de 9 heures à 18 heures).

df
Timour Aggiouri
Publié le