Dépendance : l’échec de l’allocation journalière du proche aidant (Ajpa) versée par les CAF

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L’allocation journalière du proche aidant (Ajpa), susceptible d’être demandée depuis le 1er octobre 2020, constitue un échec. Ce dispositif ne répond pas aux attentes des associations qui défendent les intérêts de ces personnes soutenant un proche malade, en perte d’autonomie ou en situation de handicap, ainsi que l’a rapporté Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi 4 mai.

La prestation, dont peuvent bénéficier suivant certaines conditions, les salariés du secteur privé, les agents de la fonction publique (fonctionnaires et contractuels), les indépendants et les chômeurs indemnisés, représente un montant de 58,59 euros par jour (29,3 euros par demi-journée).

Le nombre d’aidants familiaux, souvent confrontés à l’épuisement et à la solitude, est évalué entre 8 et 11 millions de personnes, indique le site du ministère des Solidarités et de la santé, Solidarites-sante.gouv.fr. Selon Le Canard enchaîné, « moins de 19 000 demandes ont été déposées », tandis que 7 000 allocations ont été versées.

Les personnes à la retraite font partie des premiers déçus du dispositif. La plupart des demandes ont été transmises par des retraités, qui n’ont pas droit à cette allocation, a fait savoir à l’hebdomadaire satirique le ministère chargé de l’Autonomie.

Des règles distinctes de celles du congé de proche aidant

Comme le note le journal, les conditions d’éligibilité à l’allocation sont très restrictives. La personne accompagnée doit subir « une perte d’autonomie avec un taux d’incapacité permanente au moins égal à 80 % » ou percevoir « l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) en raison de situations relevant d’un [groupe iso-ressources] GIR 1, 2 et 3 », soit les trois plus hauts niveaux de perte d’autonomie, explique l’Association française des aidants sur son site. Le ministère chargé de l’Autonomie s’engage cependant à publier « ‘‘avant 2023’’ » un décret pour élargir les critères, notamment en ouvrant le soutien aux proches de personnes souffrant d’un cancer, rapporte Le Canard enchaîné.

L’allocation doit permettre à ses titulaires de financer une période de répit. Un congé de proche aidant peut être pris par les salariés du privé et les agents de la fonction publique.

Mais les deux dispositifs ne répondent pas aux mêmes règles. Si vous êtes salarié, vous devez transmettre votre demande à votre employeur, au moins un mois avant la date de début souhaitée. Votre employeur ne peut vous refuser le bénéfice de ce congé. Ce dernier a une durée maximale de trois mois, des renouvellements étant possibles. Sur l’ensemble de la carrière, la durée cumulée des congés de proche aidant pris ne peut dépasser un an.

La prestation doit être demandée à la caisse d’allocations familiales (CAF) ou à la caisse de la Mutualité sociale agricole (MSA) dont vous dépendez. Elle est payée durant 66 jours maximum sur l’ensemble de la carrière, selon le site CAF.fr.

Les versements des CAF tardent

Les versements de l’allocation tardent, arrivant « parfois au bout de six mois », rapporte Le Canard enchaîné. Le journal cite la réponse d’une caisse d’allocations familiales à une femme en attente de son dû après avoir demandé l’allocation le 20 octobre : il ne s’agit pas d’un « ‘‘revenu d’urgence’’ », a justifié l’organisme.

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