Le « résultat décevant » des mesures de l’Etat pour aider les étudiants à faire face à la crise

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Des dispositifs ont été mis en place au bénéfice des étudiants. - Miljan Živković

Les étudiants ont souffert de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. Mais l’Etat n’a pas apporté une réponse à la hauteur de la montée de la précarité et de la souffrance psychique, estime la Cour des comptes dans son rapport public annuel paru mercredi 15 février (à télécharger ici). « Le résultat est, dans l’ensemble, décevant ; il n’est pas à la mesure des enjeux », analyse l’institution. 

La crise sanitaire a induit une diminution des revenus des étudiants. La « fermeture des établissements d’enseignement supérieur » a provoqué « l’interruption de nombreux services, y compris ceux assurés par les restaurants universitaires ». « Loin de se limiter au premier confinement, ces problèmes ont perduré lors de l’année universitaire 2020-2021. Les étudiants ont également connu des difficultés à suivre leurs études en raison de la fermeture des établissements pendant une large partie de l’année et de la généralisation de l’enseignement à distance », rappelle la Cour des comptes.

Les multiples « dispositifs de soutien » mis en place par l’Etat ont tardé à monter en puissance, « et ils ont atteint les étudiants de manière inégale », remarquent les magistrats financiers. Le rapport ne tient pas compte des soutiens « déployés par les collectivités territoriales ou par les associations, qui ont été nombreuses à distribuer des aides localement ».

Pour la Cour des comptes, « les dispositifs sont restés trop longtemps circonscrits, tant en ce qui concerne le public ciblé que la nature des vulnérabilités considérées et les montants financiers mobilisés ».

Le repas à 1 €, « une mesure généralisée tardivement »

Alors que de plus en plus d’étudiants ne pouvaient financer suffisamment leur alimentation, « le tarif des repas servis dans les restaurants universitaires a été réduit de 3,30 € (tarif 2019/2020) à 1 € à partir du 31 août 2020, au profit des seuls étudiants boursiers ». Le repas à 1 € a été proposé à tous les étudiants entre la fin du mois de janvier et juin 2021, avant d’être à nouveau restreint. La mesure « semble, en temps de crise, avoir atteint sa cible », mais a été « généralisée tardivement ».

Aide de 200 € à la perte d’emploi ou de stage gratifié

L’aide forfaitaire de 200 €, instaurée après une annonce faite le 13 avril 2020 par le président de la République, Emmanuel Macron, le 13 avril 2020, au « bénéfice des étudiants ayant perdu leur emploi ou leur stage gratifié, du fait de la fermeture de l’établissement où ils exerçaient » ou de la diminution de l’activité de ce dernier, constitue un échec. Ce dispositif « n’a pas trouvé son public » : « seuls 23 429 » étudiants ont perçu cette aide.

Un dispositif Santé psy étudiant « sous-dimensionné en regard des besoins »

Pour favoriser la prise en charge de la souffrance psychique, « le dispositif Santé psy étudiant a été mis en place rapidement par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur à la suite des annonces faites, à la fin du mois de janvier 2021, par le président de la République », rappelle la Cour des comptes.

« Son déploiement sur le terrain a cependant été freiné par la lourdeur de sa gestion administrative et financière pour les universités, ainsi que par l’absence de conventionnement des psychologues par l’assurance maladie », estime l’institution, qui affirme que 53 universités y ont eu recours.

« Au 14 novembre 2021, sur l’ensemble du territoire (outre-mer inclus), seuls 11 872 étudiants avaient été accompagnés par 1 774 psychologues libéraux », pour 41 382 séances, soit 3,5 en moyenne par personne.

Mais « ce dispositif, prometteur, apparaît insuffisamment développé en regard des états dépressifs » répandus « parmi les jeunes, et les étudiants en particuliers, et qui auraient été amplifiés par la crise ».

Les recommandations de la Cour des comptes

« La crise invite pour l’avenir à mieux cerner et quantifier les besoins de la vie étudiante dans la perspective d’une plus grande réussite et d’une meilleure insertion professionnelle, à ouvrir un chantier de réflexion sur l’organisation des politiques de soutien à la vie étudiante, à rendre plus réactives les modalités d’octroi » des bourses sur critères sociaux, recommande la Cour des comptes.

Pour la quasi-totalité des demandeurs, les droits à ces bourses sont calculés à partir des revenus de l’avant-dernière année des parents de l’étudiant. Ainsi, s’agissant « de la demande de bourse 2022-2023, les revenus pris en compte sont ceux de l’avis fiscal 2021 sur les revenus 2020 », selon le site officiel Etudiant.gouv.fr. Un système à changer, d’après l’institution.

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