Grenelle de l’éducation : à quoi va-t-il servir ?

Revalorisation des salaires, renforcement du travail en équipe, protection des enseignants… Le Grenelle de l’éducation, qui s’est ouvert jeudi, a pour but de placer les enseignants « au centre de la société ».

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© Drazen Zigic

C’est dans le contexte tragique de la mort de Samuel Paty, cet enseignant d’histoire-géographie assassiné par un assaillant islamiste le 16 octobre près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour avoir montré en classe de 4e des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo, que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a ouvert jeudi 22 octobre le Grenelle de l’Education.

Annoncé en août dernier, il « apparaît d’autant plus nécessaire aujourd’hui pour rassembler l’ensemble de la communauté éducative et toute la société civile autour d’un projet commun pour son école », explique le ministre. Cette vaste concertation avec toutes les parties prenantes du système éducatif – personnels, syndicats, parents d’élèves et société civile – durera trois mois et doit déboucher sur une série de mesures qui feront l’objet d’une loi de programmation pluriannuelle.

Avec ce Grenelle, le ministre entend mettre les enseignants « au centre de la société ». Il reposera « sur des mots-clés, celui de la reconnaissance financière, la coopération, c’est-à-dire le travail en équipe, la modernisation et la protection », détaille-t-il. 

Revalorisation des salaires

L’objectif premier est la revalorisation du salaire des enseignants, qui est inférieur de 7 % en début de carrière à la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Dans le primaire, les enseignants français gagnent près de 28 000 € (brut) par an, contre 29 900 € pour la moyenne des pays de l'OCDE. Au lycée, ils gagnent 29 400 €, contre 32 423 € pour la moyenne des pays de l’OCDE.

Pour y répondre, le ministère dispose d’une enveloppe de 500 millions d’euros pour 2021. Elle permettra de financer notamment une prime d’attractivité de 100 € nets mensuels pour les enseignants et assimilés du public et du privé, y compris les psychologues de l’éducation, les CPE et les contractuels, en début et milieu de carrière. Elle serait versée à partir de mai 2021, avec un principe de dégressivité avec l’avancement dans la carrière. Sa durée de versement doit encore être déterminée.

Une prime d’équipement informatique de 150 € net annuels pour chaque enseignant (178 millions d’euros) est également prévue.

Renforcement du travail en équipe

Mais la reconnaissance des personnels ne passe pas seulement par une augmentation des salaires. Il s’agira aussi de « renforcer l’écoute et la proximité à tous les niveaux de la communauté éducative », indique le ministère. « Nous devons mieux connaître les aspirations et les besoins de nos personnels », reconnaît Jean-Michel Blanquer. Renforcer l’esprit d’équipe est également jugé essentiel afin qu’aucun enseignant ne « se sente seul dans l’exercice de son métier ».

Protection des enseignants

La protection des enseignants sera également l’un des autres enjeux du Grenelle. Un atelier sur « la protection et les valeurs de la République » a été ajouté in extremis pour tenir compte de l’actualité tragique.

En tout, dix ateliers, rassemblant chacun une douzaine de personnes et animés par des personnalités telles que l’écrivain Daniel Pennac, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik ou encore le pédopsychiatre Marcel Rufo, se réuniront en novembre et décembre.  Ils déboucheront sur des propositions qui seront remises mi-janvier à Jean-Michel Blanquer.

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